🇩🇪 Fiscalité · Allemagne

La fiscalité Allemagne pour un expatrié français

L'Allemagne applique un impôt sur le revenu progressif (Einkommensteuer) de 0 % à 45 %, avec un système de classes d'impôt (Steuerklassen) pour les salariés et des cotisations sociales élevées. La convention fiscale franco-allemande de 1959, plusieurs fois révisée, évite la double imposition. L'appartenance à l'UE garantit la coordination de la sécurité sociale et la totalisation des droits retraite. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

Einkommensteuer, Steuerklassen et cotisations sociales

L'impôt sur le revenu allemand (Einkommensteuer) est progressif et continu, calculé par une formule plutôt que par tranches strictes. L'abattement de base (Grundfreibetrag) est de 12 096 euros en 2025 : en dessous, aucun impôt n'est dû. Le taux marginal démarre à 14 % juste au-dessus de ce seuil, monte progressivement jusqu'à 42 % à partir d'environ 69 879 euros, puis atteint 45 % au-delà de 277 825 euros (la Reichensteuer, surtaxe sur les très hauts revenus).

Pour les salariés, le système des classes d'impôt (Steuerklassen, de I à VI) détermine le prélèvement à la source mensuel selon la situation familiale. Les couples mariés peuvent optimiser via la combinaison III/V ou IV/IV, ce qui influe fortement sur le net mensuel. C'est une particularité allemande qui surprend les Français, habitués au prélèvement à la source individualisé. Une régularisation annuelle (déclaration d'impôt) ajuste le solde.

Les cotisations sociales sont élevées et constituent souvent un prélèvement plus lourd que l'impôt lui-même pour les revenus moyens. La part salariale atteint environ 20 % du brut : assurance retraite (Rentenversicherung) 9,3 %, assurance maladie (Krankenversicherung) environ 7,3 %, assurance chômage (Arbeitslosenversicherung) 1,3 %, assurance dépendance (Pflegeversicherung) 1,7 % à 2,3 % selon que l'on a des enfants. Ces cotisations sont plafonnées (Beitragsbemessungsgrenze).

Le Solidaritätszuschlag (surtaxe de solidarité) a été supprimé pour 90 % des contribuables depuis 2021, ne touchant plus que les hauts revenus (impôt supérieur à environ 17 500 euros pour un célibataire). La convention franco-allemande de 1959, plusieurs fois révisée, évite la double imposition, avec un régime particulier pour les travailleurs frontaliers qui restent imposés dans leur État de résidence sous conditions de zone frontalière. C'est un point clé pour les nombreux Français travaillant côté allemand près de la frontière.

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Allemagne existe. Convention fiscale France-Allemagne du 21 juillet 1959, modifiée par avenants (1969, 1989, 2001 et 2015) (BOFIP : BOI-INT-CVB-DEU). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE et comporte un régime particulier pour les travailleurs frontaliers. Elle organise les règles de résidence et l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts et revenus immobiliers.

Risque de double imposition

Risque faible grâce à la convention de 1959 et au statut de membre de l'UE. Méthode d'élimination de la double imposition principalement par exemption avec taux effectif pour les salaires, par crédit d'impôt pour d'autres revenus. Régime spécifique pour les travailleurs frontaliers (imposition dans l'État de résidence sous conditions de zone frontalière).

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Plus-values mobilières et revenus du capital soumis à un prélèvement forfaitaire (Abgeltungsteuer) de 25 %, plus le Solidaritätszuschlag et éventuellement l'impôt d'église. Abattement annuel (Sparer-Pauschbetrag) de 1 000 € par personne. Immobilier : Plus-values immobilières exonérées si le bien est détenu plus de 10 ans, ou s'il s'agit de la résidence principale occupée. Sinon, imposition au barème de l'Einkommensteuer. Pas d'impôt sur la fortune en Allemagne au sens de l'IFI français (l'impôt sur la fortune allemand a été suspendu en 1997). Une taxe foncière (Grundsteuer) s'applique sur l'immobilier, réformée en 2025. Droits de succession et de donation (Erbschaftsteuer) progressifs de 7 % à 50 % selon le lien de parenté et le montant, avec des abattements importants en ligne directe (500 000 € entre époux, 400 000 € par enfant). La convention franco-allemande sur les successions encadre les situations transfrontalières.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Allemagne étant dans l'UE, le sursis de paiement est automatique et sans constitution de garanties, ce qui est un avantage par rapport aux destinations hors UE/EEE. L'Allemagne applique de son côté une Wegzugsteuer (exit tax allemande) pour ses propres résidents qui partent.

À titre indicatif. Le système de classes d'impôt (Steuerklassen) et la combinaison impôt plus cotisations sociales rendent le calcul du net complexe. Le régime frontalier franco-allemand a ses propres règles. Toute décision doit être validée par un conseiller fiscal (Steuerberater) maîtrisant les deux systèmes. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-DEU, Bundesministerium der Finanzen, Deutsche Rentenversicherung. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.