🇦🇷 Fiscalité · Argentine

La fiscalité Argentine pour un expatrié français

L'Argentine connaît un bouleversement économique majeur depuis l'élection de Javier Milei fin 2023 : levée progressive du contrôle des changes (cepo cambiario), inflation ramenée d'un pic supérieur à 200 % annuels à des niveaux mensuels de l'ordre de 1 à 3 %, dérégulation et ouverture économique. La convention fiscale France-Argentine de 1979, modifiée en 2001 et complétée par l'instrument multilatéral de 2017, structure les règles d'imposition pour les Français installés sur place. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

Convention 1979 et bouleversement Milei : le cadre fiscal en 2026

La convention fiscale franco-argentine signée le 4 avril 1979 reste l'instrument de référence, modifiée par l'avenant du 15 août 2001 puis par la Convention multilatérale BEPS du 7 juin 2017. Elle suit le modèle OCDE et règle les conflits de résidence par les critères en cascade (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, accord amiable). Texte officiel consultable au BOFIP sous BOI-INT-CVB-ARG-20200226. La méthode d'élimination de la double imposition côté français est le crédit d'impôt, l'impôt argentin payé sur les revenus de source argentine donnant droit à un crédit imputable sur l'impôt français correspondant.

L'arrivée de Javier Milei à la présidence en décembre 2023 a déclenché une transformation rapide du cadre économique et fiscal. L'inflation, qui dépassait 200 % en rythme annuel en 2023, a été ramenée à des niveaux mensuels de 1 à 3 % au cours de 2025. Le cepo cambiario, le contrôle strict des changes en vigueur depuis 2019, a été progressivement levé pour les opérations standards. L'impôt sur les biens personnels a été allégé, plusieurs taxes spécifiques ont été supprimées et la dérégulation économique a touché de nombreux secteurs.

Pour les nouveaux arrivants, l'avantage le plus utilisé est l'exonération des revenus de source étrangère pendant la première année de résidence fiscale. Concrètement, un Français qui transfère sa résidence en Argentine n'est pas imposé en Argentine sur ses dividendes français, ses loyers français ou les revenus d'une activité hors Argentine pendant les douze premiers mois. Au-delà, le régime de l'imposition mondiale s'applique avec le mécanisme de crédit d'impôt prévu par la convention.

Point central de vigilance : la résidence fiscale argentine ne s'acquiert pas automatiquement avec le titre de séjour. Elle suppose une présence effective de plus de 183 jours par an et la rupture des liens de résidence fiscale française au sens des critères de l'article 4 B du CGI. Tant que ces critères français restent remplis (foyer, séjour principal, activité, centre des intérêts économiques), l'administration française considère le contribuable comme résident, applique la convention pour départager, et impose le cas échéant les revenus mondiaux.

Barème argentin, plus-values et patrimoine : la fiscalité au quotidien

L'impôt sur le revenu argentin (Impuesto a las Ganancias) est progressif sur neuf tranches, avec un taux marginal maximum de 35 %. Les seuils sont régulièrement actualisés pour suivre l'inflation. Un abattement personnel et des abattements familiaux réduisent l'assiette imposable. Pour un revenu salarial moyen, le taux effectif reste relativement modéré, mais le calcul exact dépend de la composition du foyer et des éventuels revenus accessoires.

Les plus-values mobilières des résidents fiscaux sont imposées à 15 % sur les actions et titres argentins, avec un régime spécifique pour les actions cotées sur la place de Buenos Aires (BYMA) qui peut conduire à l'exonération sous conditions de durée de détention. Les plus-values immobilières relèvent de deux régimes selon la date d'acquisition du bien : l'ITI à 1,5 % du prix de cession pour les biens acquis avant 2018, et le régime de la ganancia à 15 % sur la plus-value nette pour les acquisitions postérieures.

L'impôt sur les biens personnels (Bienes Personales) frappe le patrimoine mondial des résidents fiscaux argentins. Sous l'administration Milei, les taux ont été abaissés et plusieurs seuils relevés : la fourchette en 2024-2025 va de 0,5 % à 1,5 %, avec des abattements pour les patrimoines modestes. Pour un Français installé en Argentine, le patrimoine français (immobilier, comptes, titres) entre en principe dans l'assiette, avec un mécanisme de crédit d'impôt selon la convention.

L'absence de droits de succession fédéraux est un avantage patrimonial structurel. Quelques provinces, dont celle de Buenos Aires, appliquent un impôt provincial sur les transmissions à titre gratuit, mais à taux modéré. Pour les grandes transmissions familiales, l'écart avec le système français (jusqu'à 60 % pour les héritiers non en ligne directe) reste significatif. Sur les sorties de France pour l'Argentine, l'exit tax française reste à anticiper : la principauté étant hors UE et hors EEE, le sursis automatique ne s'applique pas et il faut constituer des garanties.

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Argentine existe. Convention France-Argentine signée à Buenos Aires le 4 avril 1979, modifiée par l'avenant du 15 août 2001 puis par la Convention multilatérale BEPS du 7 juin 2017 (BOFIP : BOI-INT-CVB-ARG). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE et organise les règles de résidence, l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts, redevances et plus-values.

Risque de double imposition

Risque réduit par la convention bilatérale de 1979 et son avenant de 2001. Méthode retenue : crédit d'impôt côté français, l'impôt argentin payé sur les revenus de source argentine donne droit à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français correspondant. Les revenus de source française restent imposables en France selon les règles de la convention.

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Plus-values mobilières imposées à 15 % pour les actions et titres argentins pour les résidents fiscaux. Régime spécifique pour les actions cotées à la Bolsa de Comercio de Buenos Aires (BYMA), avec exonération possible sous conditions de durée de détention. Immobilier : Plus-values immobilières imposées par l'Impuesto a la Transferencia de Inmuebles (ITI) à 1,5 % du prix de cession pour les biens acquis avant 2018, et par le régime de la ganancia (15 %) sur la plus-value nette pour les biens acquis après 2018. Régime distinct pour la résidence principale, exonérée sous conditions de réinvestissement. Impuesto sobre los Bienes Personales : impôt sur le patrimoine mondial des résidents fiscaux argentins, à taux progressif de 0,5 % à 1,5 % en 2024-2025. Le régime a été allégé sous Milei avec une baisse des taux marginaux et une révision des seuils. Pour les résidents argentins, le patrimoine en France est en principe inclus (avec mécanisme de crédit d'impôt selon la convention). Pas de droits de succession fédéraux en Argentine. Quelques provinces (Buenos Aires province notamment) appliquent un impôt provincial sur les transmissions à titre gratuit à taux modeste. Pour la majorité des héritages familiaux internes à l'Argentine, la fiscalité reste très favorable comparée au système français.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Argentine étant hors UE et hors EEE, le sursis automatique ne joue pas : il faut le demander expressément et constituer des garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur de l'impôt dû. Sans garanties, l'exit tax est exigible immédiatement au départ.

À titre indicatif. L'Argentine traverse une phase de transformation économique rapide sous Milei : taux, abattements, seuils et règles changent fréquemment. Toute décision fiscale doit être validée par un fiscaliste maîtrisant le droit argentin (AFIP) et le droit français. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-ARG-20200226, AFIP, Ministerio de Economía, CLEISS. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.