🇦🇷 Retraite · Argentine
Prendre sa retraite en Argentine en tant que Français
Cette page réunit ce qui décide d'un projet de retraite en Argentine : le versement de votre pension française, la fiscalité applicable, la coordination des droits et la couverture santé. Pour le cadre général commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la retraite à l'étranger.
Retraite en Argentine : le piège de l'absence de convention
L'absence de convention de sécurité sociale entre la France et l'Argentine est l'un des points les plus structurants du dossier retraite. Contrairement aux pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen, qui appliquent le règlement 883/2004, ou aux États ayant signé une convention bilatérale (Brésil, Mexique limité, Corée du Sud, etc.), l'Argentine n'a pas d'accord de coordination des droits avec la France. Le CLEISS confirme cette absence.
Cela signifie qu'une année d'activité salariée ou indépendante en Argentine, même avec cotisation au SIPA argentin, ne valide aucun trimestre pour la retraite française. Pour un Français qui passe par exemple 15 ans en Argentine sans action particulière, ce sont 60 trimestres potentiellement perdus, soit l'équivalent d'une décote significative au moment de liquider la pension française au taux plein.
La parade s'appelle la Caisse des Français de l'Étranger. La CFE permet de cotiser volontairement à la Sécurité sociale française depuis l'étranger, et de valider des trimestres pour la retraite via une option dédiée. Le coût est de plusieurs centaines d'euros par mois selon le profil, mais c'est la seule solution pour préserver les droits retraite français pendant un séjour argentin long. La décision se prend dès le départ et toute année non cotisée est perdue.
Pour les retraités déjà à la retraite qui s'installent en Argentine, le sujet est plus simple. La pension française se perçoit sans difficulté par virement vers un compte argentin ou conservé en France, à condition de renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses françaises. La convention fiscale de 1979 organise ensuite la répartition de l'imposition entre la France et l'Argentine, généralement avec l'imposition principale en Argentine pour les pensions privées des résidents fiscaux argentins. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent en principe imposables en France selon la convention.
Convention de totalisation
Une convention existe : La convention de sécurité sociale franco-argentine, signée à Buenos Aires le 22 septembre 2008, est en vigueur depuis le 1er novembre 2012 (décret n° 2012-1177 du 22 octobre 2012). Elle permet la totalisation des périodes d'assurance : les trimestres cotisés au SIPA argentin, géré par l'ANSES, sont pris en compte pour ouvrir le droit à la retraite française, et réciproquement. Chaque pays verse ensuite sa propre pension au prorata des périodes accomplies sur son territoire. Attention, totalisation ne veut pas dire que les montants s'additionnent au même niveau qu'en France : une carrière argentine génère une pension argentine, calculée selon les règles locales, souvent modeste. Conserver ses justificatifs de cotisation des deux côtés reste indispensable au moment de la liquidation.
Système de retraite local
SIPA (Sistema Integrado Previsional Argentino), géré par l'ANSES (Administración Nacional de la Seguridad Social) : régime par répartition financé par les cotisations des salariés (11 %) et des employeurs (16 %). Conditions d'ouverture des droits : 60 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes, avec 30 ans de cotisations minimum. PAMI (obra social des retraités) couvre la santé. Les droits accumulés sont en principe versés à l'étranger sur compte argentin ou en USD selon les règles en vigueur.
Impact fiscal sur la pension
Aucune convention de sécurité sociale France-Argentine en vigueur (confirmé CLEISS). Les périodes cotisées au régime argentin (SIPA, Sistema Integrado Previsional Argentino) ne sont pas totalisables avec les trimestres CNAV français. La cotisation volontaire à la Caisse des Français de l'Étranger reste la seule façon de préserver les droits retraite français. Les pensions privées françaises versées à un résident fiscal argentin sont imposables en Argentine selon la convention ; les pensions publiques restent en principe imposables en France.
Attention à la nature de votre pension : les pensions privées sont en principe imposables dans l'État de résidence, les pensions publiques dans l'État qui les verse. Un ancien fonctionnaire reste donc le plus souvent imposé en France. Voir la règle en détail.
Titre de séjour du retraité
Résidence Pensionado (retraités)
- Pension mensuelle minimale équivalente à 5 SMVM (environ 1 700 à 2 000 USD/mois en 2025-2026)
- Attestation officielle de la caisse de retraite reconnaissant le versement
- Casier judiciaire apostillé du pays d'origine
- Documents traduits et légalisés en espagnol
Couverture santé du retraité
La Caisse des Français de l'Étranger est pertinente ici, pour une cotisation indicative de 250 à 600 € par mois. Elle rembourse sur la base des tarifs français, ce qui suppose une complémentaire là où les soins coûtent plus cher qu'en France. Comprendre le mécanisme.
- Maintien du rattachement à la Sécurité sociale française
- Validation possible de trimestres retraite via l'option dédiée, indispensable faute de convention
- Couverture complémentaire pour les soins en France lors des retours
- Sécurité face aux changements réglementaires argentins (Decreto 366/2025 a réduit l'accès public)
Préserver ses droits français
- Cotiser à la CFE pour la branche retraite, indispensable en l'absence de convention bilatérale
- Conserver le PEA, PER et assurance-vie en France, qui se gèrent à distance pendant l'expatriation
- Demander un relevé de carrière sur lassuranceretraite.fr avant le départ et corriger toute erreur
- Pour les retraités déjà à la retraite, la pension française se perçoit sans difficulté par virement vers un compte argentin ou français
- Renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses françaises pour éviter la suspension
Chômage et fin de carrière
Il n'existe pas d'équivalent direct du Pôle Emploi français en Argentine. Les salariés cotisent à un système d'allocations chômage gérée par l'ANSES, à condition de cotisation préalable. Les droits Pôle Emploi français ne sont pas transférables vers l'Argentine via le formulaire U2, la coordination existant uniquement avec les pays UE et certains États conventionnés.
Questions fréquentes
Existe-t-il une convention de sécurité sociale France-Argentine ?
Non. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale n'est en vigueur entre la France et l'Argentine. Les périodes cotisées en Argentine ne sont pas totalisables avec les trimestres CNAV français. La Caisse des Français de l'Étranger est indispensable pour préserver les droits retraite français.
Quel visa pour s'installer durablement en Argentine en tant que Français ?
La résidence Rentista pour les profils à revenus passifs (loyers, dividendes, rentes) et la résidence Pensionado pour les retraités sont les deux voies principales. Seuil de revenus : 5 SMVM (~1 700 à 2 000 USD/mois en 2025-2026). Le visa Digital Nomad existe mais ne mène pas à la résidence permanente (Decreto 366/2025).
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