🇦🇹 Fiscalité · Autriche
La fiscalité Autriche pour un expatrié français
La fiscalité autrichienne est gérée par le BMF (Bundesministerium für Finanzen) et appliquée par les Finanzämter régionaux. L'impôt sur le revenu (Einkommensteuer) est progressif sur 7 tranches de 0 % à 55 %, parmi les plus élevés d'Europe. Mais l'Autriche compense par une simplification patrimoniale notable : pas d'impôt sur la fortune depuis 1994, pas de droits de succession depuis 2008 (sauf cas particuliers). Pour les chercheurs étrangers, un régime impatriés (Forscherprämie / Zuzugsbegünstigung) peut s'appliquer. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Einkommensteuer 0-55 %, pas d'ISF et pas de droits de succession depuis 2008 : la singularité fiscale autrichienne
La fiscalité autrichienne est paradoxale : très lourde sur les revenus du travail, très légère sur le patrimoine. L'Einkommensteuer (impôt sur le revenu) est progressif sur sept tranches de 0 % à 55 %, ce qui en fait l'un des barèmes les plus élevés d'Europe occidentale, comparable à la France et à la Suède. Le taux marginal de 55 % s'applique aux revenus supérieurs à 1 000 000 € par an. Les seuils sont ajustés annuellement pour l'inflation depuis la réforme anti-bracket creep de 2023, ce qui constitue un progrès récent.
Le contre-poids est l'extrême simplification patrimoniale. L'Autriche a aboli l'impôt sur la fortune (Vermögensteuer) en 1994, et les droits de succession et de donation (Erbschaftsteuer et Schenkungsteuer) en 2008. Concrètement, un patrimoine de plusieurs millions d'euros peut être transmis aux enfants sans aucun impôt sur le seul fait de la transmission (subsiste uniquement la Grunderwerbsteuer pour les immeubles, à des taux préférentiels en ligne directe). C'est un avantage patrimonial structurel rare en Europe, à comparer à la France où les droits de succession peuvent atteindre 45 % en ligne directe au-delà des abattements (100 000 € par parent par enfant).
Pour les chercheurs étrangers, le régime Forscherprämie (Zuzugsbegünstigung für Wissenschaftler) prévoit un allègement d'IR jusqu'à 30 % pendant 5 ans, à condition de répondre aux critères de qualification scientifique et de transfert effectif du domicile en Autriche. C'est l'un des dispositifs européens d'attraction de talents scientifiques les plus généreux, calé sur la stratégie autrichienne de hub recherche (IST Austria, universités viennoises, organisations internationales).
Convention 1993, sursis exit tax automatique et coordination UE
La convention fiscale France-Autriche signée à Vienne le 26 mars 1993 et en vigueur depuis le 1er septembre 1994 (BOFIP : BOI-INT-CVB-AUT) évite la double imposition selon le modèle OCDE. Elle a été modernisée par les avenants ultérieurs et par l'application de la convention multilatérale BEPS (MLI) signée en 2017, qui renforce les clauses anti-abus.
Pour les dirigeants français détenteurs de participations significatives (seuils exit tax : 800 000 € de participations ou 50 % d'une société), l'Autriche présente un avantage structurel majeur : étant membre de l'UE, le sursis automatique de paiement s'applique sans constitution de garanties (nantissement, caution bancaire). C'est l'un des arguments décisifs en faveur de l'Autriche par rapport aux destinations hors UE/EEE comme le Royaume-Uni post-Brexit, Dubaï, Singapour ou la Suisse.
Côté sécurité sociale, le règlement européen 883/2004 prévoit la totalisation automatique des périodes cotisées à la PVA autrichienne (Pensionsversicherungsanstalt) et à la CNAV française. Aucune année cotisée n'est perdue, pas besoin de cotiser à la CFE. Chaque caisse verse ensuite sa part proratisée selon la durée nationale de cotisation. Pour les expatriés à carrière mixte France-Autriche, c'est le cadre standard européen.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Autriche existe. Convention fiscale France-Autriche signée à Vienne le 26 mars 1993, en vigueur depuis le 1er septembre 1994 (BOFIP : BOI-INT-CVB-AUT). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE, méthode du crédit d'impôt côté français pour les revenus de source autrichienne. Convention encadrée par les avenants ultérieurs et la convention multilatérale BEPS (MLI) signée en 2017.
Risque de double imposition
Risque encadré par la convention de 1993 et l'application des règlements UE. Méthode du crédit d'impôt côté français pour les revenus de source autrichienne. Les pensions publiques restent en règle générale imposables en France, les pensions privées sont imposables dans l'État de résidence (Autriche pour les retraités installés sur place).
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Plus-values mobilières et revenus du capital (dividendes, intérêts) taxés à un taux flat de 27,5 % (KESt, Kapitalertragsteuer), prélevé à la source pour les titres détenus dans une banque autrichienne. Pas d'abattement pour durée de détention. Régime simple et lisible. Immobilier : Plus-values immobilières (ImmoESt, Immobilienertragsteuer) taxées à 30 % en règle générale, prélevées à la source par le notaire au moment de la cession. Exonérations sous conditions pour la résidence principale détenue depuis au moins 2 ans (Hauptwohnsitzbefreiung) et pour les biens détenus depuis longtemps. PAS D'IMPÔT SUR LA FORTUNE en Autriche depuis 1994 (Vermögensteuer abolie). C'est un avantage patrimonial structurel notable pour les expatriés disposant d'un patrimoine significatif. À comparer favorablement avec l'IFI français (1,3 M€ de seuil) et avec l'Espagne ou la Norvège où une wealth tax existe. PAS DE DROITS DE SUCCESSION en Autriche depuis 2008 (Erbschaftsteuer et Schenkungsteuer abolies). C'est un atout patrimonial majeur, particulièrement comparé à la France où les droits de succession peuvent atteindre 45 % en ligne directe au-delà des abattements (100 000 € par parent par enfant). Subsistent : la Stiftungseingangssteuer pour les fondations privées (2,5 % sur les apports), et la Grunderwerbsteuer (taxe sur les acquisitions immobilières, 3,5 % standard, taux préférentiels pour transferts familiaux).
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au moment du transfert du domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Autriche étant membre de l'UE, le sursis de paiement est AUTOMATIQUE et sans constitution de garanties, ce qui est un avantage majeur par rapport aux destinations hors UE/EEE. C'est l'un des arguments structurels en faveur de l'Autriche pour les dirigeants français détenteurs de participations significatives.
À titre indicatif. La fiscalité autrichienne évolue par les lois annuelles. Le barème IR a été indexé sur l'inflation depuis la réforme anti-bracket creep de 2023. Toute décision doit être validée par un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-AUT, BMF (Bundesministerium für Finanzen), CLEISS, règlement UE 883/2004. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
Passez à votre situation