🇨🇴 Fiscalité · Colombie
La fiscalité Colombie pour un expatrié français
La Colombie a longtemps été en marge des conventions fiscales internationales, ce qui exposait les expatriés à un risque de double imposition. C'est terminé : la convention fiscale franco-colombienne, signée à Bogotá en 2015, est entrée en vigueur le 1er janvier 2022, avec des effets fiscaux à partir du 1er janvier 2023. C'est désormais le cadre de référence pour tout projet d'expatriation. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Convention 2022 : la nouveauté qui change la donne
L'entrée en vigueur de la convention fiscale franco-colombienne le 1er janvier 2022 a marqué la fin d'une longue zone grise. Pendant des décennies, la Colombie n'avait pas de convention bilatérale avec la France, ce qui exposait les expatriés à un risque réel de double imposition et compliquait toute structuration patrimoniale. La convention signée à Bogotá le 25 juin 2015 et publiée par le décret 2022-47 du 21 janvier 2022 a comblé ce vide. Elle s'applique aux revenus à compter du 1er janvier 2023.
Le texte suit le modèle OCDE et règle les conflits de résidence par les critères en cascade classiques. Pour un Français qui transfère sa résidence en Colombie, le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel puis la nationalité sont examinés successivement. La convention couvre l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune, et inclut un protocole intégré qui précise plusieurs définitions techniques. Elle est consultable au BOFIP sous la référence BOI-INT-CVB-COL-20240925.
Côté méthode, la France élimine la double imposition par crédit d'impôt. L'impôt colombien payé sur les revenus de source colombienne (salaires d'une activité exercée en Colombie, loyers d'un bien situé en Colombie, plus-values immobilières colombiennes) donne droit à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français correspondant. Les revenus de source française restent imposables en France, avec mécanisme symétrique côté colombien.
Point pratique : la convention ne fait pas disparaître automatiquement la résidence fiscale française. Tant que les critères de l'article 4 B du CGI sont remplis en France (foyer, séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques), l'administration française considère le contribuable comme résident et applique la convention pour départager. Le simple visa colombien ne suffit pas à éteindre la résidence française. Le seuil colombien de résidence fiscale, de son côté, est de plus de 183 jours sur 365 jours roulants.
Barème UVT, patrimoine et succession : la fiscalité colombienne en 2026
Le système fiscal colombien repose sur l'UVT, l'Unité de Valeur Fiscale, qui sert d'unité de mesure ajustée chaque année. En 2024, 1 UVT vaut 47 065 pesos colombiens, soit environ 10,5 euros au taux courant. Le barème de l'impôt sur le revenu (renta) comprend sept tranches : 0 % jusqu'à 1 090 UVT (environ 11 500 € de revenus annuels), 19 %, 28 %, 33 %, 35 %, 37 % puis 39 % au-delà de 31 000 UVT (environ 325 000 €). Le seuil d'entrée dans le barème est relativement élevé en termes de pouvoir d'achat local, ce qui explique que près de 95 % des Colombiens soient exonérés.
La réforme fiscale de 2022 (loi 2277) a réintroduit l'impôt sur le patrimoine, l'impuesto al patrimonio. Il s'applique aux résidents fiscaux dont le patrimoine net mondial dépasse 72 000 UVT, soit environ 760 000 euros. Le taux est progressif de 0,5 % à 1,5 %. Cette réintroduction est un élément à prendre en compte pour les patrimoines significatifs, et constitue une différence notable avec d'autres destinations latino-américaines qui n'ont pas d'équivalent.
Les plus-values mobilières et immobilières des résidents fiscaux sont imposées à 15 % au titre de la ganancia ocasional, le gain occasionnel. La résidence principale bénéficie d'exonérations partielles sous conditions de réinvestissement et de plafond. Les droits de succession et de donation entrent également dans la catégorie de la ganancia ocasional, avec un taux unifié de 15 % après les abattements prévus par le Code fiscal colombien. C'est nettement moins lourd que les droits de succession français pour les héritiers non en ligne directe.
L'exit tax française reste une étape à anticiper. La Colombie étant hors Union européenne et hors Espace économique européen, le sursis automatique de paiement ne s'applique pas. Pour les détenteurs de plus de 800 000 euros de participations ou de plus de 50 % d'une société, l'impôt français est exigible immédiatement au transfert ou nécessite des garanties à hauteur du montant dû. Cette préparation se fait un à trois ans avant le départ avec un conseil.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Colombie existe. Convention France-Colombie signée le 25 juin 2015 à Bogotá, publiée par le décret n° 2022-47 du 21 janvier 2022 (JORF), en vigueur depuis le 1er janvier 2022 avec effets fiscaux à compter du 1er janvier 2023. Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE, comprend un protocole intégré, et organise les règles de résidence, l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts, redevances et plus-values.
Risque de double imposition
Risque significativement réduit depuis l'entrée en vigueur de la convention en 2022. Méthode retenue : crédit d'impôt côté français, l'impôt colombien payé sur les revenus de source colombienne donne droit à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français. Les revenus de source française (loyers, plus-values immobilières françaises) restent imposables en France selon les règles de la convention.
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Plus-values sur valeurs mobilières imposées à 15 % pour les résidents fiscaux. Régime spécifique pour les actions cotées à la Bolsa de Valores de Colombia. Immobilier : Plus-values immobilières imposées à 15 % pour les résidents. Exonération partielle ou totale possible pour la résidence principale, sous conditions de réinvestissement et de plafond fixé en UVT. Impôt sur le patrimoine (impuesto al patrimonio) réintroduit en 2023, à taux progressif (0,5 % à 1,5 %) pour les patrimoines nets supérieurs à 72 000 UVT (~760 000 €). Concerne les résidents fiscaux colombiens sur leur patrimoine mondial. Droits de succession en Colombie via la 'ganancia ocasional' (gain occasionnel) : taux unifié de 15 % pour les héritiers à compter de la réforme fiscale 2022, après abattements variables selon le lien de parenté. Bien moins lourd que les droits français pour les héritiers indirects.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. La Colombie étant hors UE/EEE, le sursis automatique ne joue pas : il faut le demander expressément et constituer des garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur de l'impôt dû. Sans garanties, l'exit tax est exigible immédiatement au départ.
À titre indicatif. La convention fiscale est récente et la doctrine administrative continue de se construire au cas par cas. Toute décision d'expatriation à motivation fiscale doit être validée par un fiscaliste maîtrisant le droit colombien (DIAN) et le droit français. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-COL-20240925, décret 2022-47 publié au JORF, Direction générale du Trésor, Estatuto Tributario colombien. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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