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🇨🇮 Fiscalité · Côte d'Ivoire

La fiscalité en Côte d'Ivoire pour un expatrié français

La fiscalité ivoirienne s'appuie sur le Code Général des Impôts géré par la Direction Générale des Impôts (DGI). L'imposition des salaires combine plusieurs prélèvements : ITS (impôt progressif sur les traitements et salaires), IGR (1,5% proportionnel) et Contribution Nationale (1,5%). La convention fiscale France-Côte d'Ivoire évite la double imposition. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

ITS, IGR, CN : décrypter le mille-feuille fiscal ivoirien

L'imposition des salaires en Côte d'Ivoire est l'une des plus complexes en apparence d'Afrique francophone, car elle empile plusieurs prélèvements distincts. L'ITS (Impôt sur les Traitements et Salaires) constitue le cœur du système : c'est un impôt progressif par tranches, prélevé à la source sur le revenu net imposable, défini aux articles 115 à 140 du Code Général des Impôts ivoirien. Le barème intègre un quotient familial qui module la pression fiscale selon la situation de famille.

À l'ITS s'ajoutent deux prélèvements proportionnels au salaire brut : l'IGR (Impôt Général sur le Revenu) à 1,5 %, et la Contribution Nationale à 1,5 %. Ces deux prélèvements sont indépendants de la situation familiale et s'appliquent sur la totalité du salaire brut annuel, sans abattement. Pour un salaire moyen d'expatrié, ils représentent une charge marginale autour de 3 % qui s'ajoute au taux marginal d'ITS.

Au total, un cadre expatrié français rémunéré aux niveaux pratiqués par les grands groupes peut atteindre un taux marginal réel autour de 30-35 % une fois les trois couches additionnées. C'est moins lourd qu'en France à revenu équivalent, surtout en intégrant l'absence d'impôt sur la fortune et la fiscalité allégée du patrimoine, mais nettement supérieur aux paradis fiscaux du Golfe. La DGI ivoirienne (Direction Générale des Impôts) gère l'ensemble du système et publie chaque année une annexe fiscale qui ajuste les seuils.

Convention fiscale 1966 et coordination retraite

La convention fiscale France-Côte d'Ivoire signée le 6 avril 1966, modifiée par plusieurs avenants, reste le socle de la coordination fiscale entre les deux pays (BOFIP : BOI-INT-CVB-CIV). Elle évite la double imposition selon un modèle inspiré de l'OCDE et règle les conflits de résidence par les critères classiques (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). La méthode retenue côté français est celle du crédit d'impôt : l'impôt ivoirien payé donne droit à un crédit imputable sur l'impôt français correspondant.

Spécificité importante pour les retraités français installés en Côte d'Ivoire : la convention de sécurité sociale du 16 décembre 1985 (CLEISS) prévoit la totalisation des périodes cotisées en France (CNAV) et en Côte d'Ivoire (CNPS, Caisse Nationale de Prévoyance Sociale). C'est l'un des avantages distinctifs de la Côte d'Ivoire par rapport à la plupart des destinations africaines : les années cotisées à la CNPS ouvrent et augmentent les droits à pension dans les deux pays, sans que la CFE ne soit indispensable au sens strict.

Point de vigilance sur l'exit tax française : la Côte d'Ivoire étant hors UE et hors EEE, aucun sursis automatique sans garantie n'est possible si les seuils de détention sont atteints (800 000 € de participations ou 50 % d'une société). Pour un dirigeant ou un cadre détenteur de stock-options ou de parts significatives, anticiper avec un fiscaliste avant le départ est indispensable.

Impôt sur le revenu en Côte d'Ivoire

Imposition des salaires en plusieurs couches : ITS (Impôt sur les Traitements et Salaires) progressif par tranches sur le revenu net imposable (articles 115 à 140 du CGI ivoirien), IGR proportionnel à 1,5% du salaire brut annuel, Contribution Nationale à 1,5% du brut. Le système intègre un quotient familial selon le nombre de parts (mariage, enfants). Le barème ci-dessous est une simplification du barème ITS, exprimée en EUR sur la base d'un taux fixe XOF/EUR.

Barème de l'impôt sur le revenu en Côte d'Ivoire
Revenu annuel jusqu'àTaux
460 €0 %
1 525 €10 %
3 050 €15 %
6 100 €20 %
12 200 €25 %
Au-delà32 %

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Côte d'Ivoire existe. Convention fiscale France-Côte d'Ivoire signée le 6 avril 1966, modifiée par avenants (BOFIP : BOI-INT-CVB-CIV). Elle évite la double imposition selon le modèle inspiré de l'OCDE et règle la répartition des droits d'imposition entre les deux États. Méthode du crédit d'impôt côté français.

Lire le texte officiel de la convention

Risque de double imposition

Risque encadré par la convention de 1966. Côté français, méthode du crédit d'impôt : l'impôt ivoirien payé sur les revenus de source ivoirienne donne droit à un crédit imputable sur l'impôt français correspondant. Les pensions de source publique restent en général imposables en France, les pensions privées sont imposables dans l'État de résidence (sous réserve des stipulations conventionnelles précises).

Plus-values et patrimoine

Plus-values mobilières
Plus-values mobilières des particuliers en règle générale imposées dans le cadre de l'IR, avec retenue à la source pour les dividendes et intérêts (taux fixes selon la nature du revenu, par exemple 15% sur les dividendes des sociétés cotées BRVM).
Plus-values immobilières
Plus-values immobilières soumises à la taxe de plus-value sur les cessions immobilières au titre du CGI ivoirien. Imposition à un taux proportionnel sur la plus-value nette, avec abattements selon la durée de détention.
Impôt sur la fortune
Pas d'impôt sur la fortune en Côte d'Ivoire. La fiscalité du patrimoine repose sur les droits d'enregistrement à l'occasion des mutations et sur la fiscalité foncière (contribution foncière des propriétés bâties et non bâties).
Droits de succession
Droits de succession et de donation prévus par le CGI ivoirien, à taux progressifs selon le lien de parenté. Abattements substantiels en ligne directe (conjoint, enfants).

Exit tax au départ de France

L'exit tax française s'applique au moment du transfert du domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. La Côte d'Ivoire étant hors UE et hors EEE, aucun sursis de paiement automatique sans garantie n'est possible : l'impôt est exigible immédiatement ou nécessite la constitution de garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur du montant dû.

Imposition de la pension de retraite

Il existe une convention de sécurité sociale bilatérale France-Côte d'Ivoire signée le 16 décembre 1985 (CLEISS), prévoyant la totalisation des périodes d'assurance accomplies dans les deux pays pour l'ouverture des droits à pension. Les cotisations versées à la CNPS ivoirienne (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale) sont totalisables avec les trimestres CNAV français. La CFE reste néanmoins recommandée pour la simplicité de la gestion santé.

Tout sur la retraite en Côte d'Ivoire

Questions fréquentes

Y a-t-il une convention fiscale entre la France et la Côte d'Ivoire ?

Oui. La convention fiscale franco-ivoirienne signée le 6 avril 1966, modifiée par avenants, est en vigueur (BOFIP : BOI-INT-CVB-CIV). Méthode du crédit d'impôt côté français pour éviter la double imposition.

Comment fonctionne l'impôt sur le revenu en Côte d'Ivoire ?

L'imposition des salaires combine trois prélèvements : ITS (Impôt sur les Traitements et Salaires) progressif par tranches selon les articles 115-140 du CGI ivoirien, IGR (Impôt Général sur le Revenu) proportionnel à 1,5 %, et Contribution Nationale à 1,5 %. Le quotient familial s'applique selon la situation.

Faut-il cotiser à la CFE pour la retraite en Côte d'Ivoire ?

La convention de sécurité sociale du 16 décembre 1985 permet la totalisation des périodes CNPS et CNAV : la CFE n'est pas strictement nécessaire pour la retraite. Elle reste néanmoins recommandée pour la couverture santé et surtout l'évacuation sanitaire vers la France en cas de pathologie complexe.

À titre indicatif. La fiscalité ivoirienne évolue régulièrement par les lois de finances annuelles (annexe fiscale). Les tranches d'ITS et certains seuils peuvent être ajustés. Toute décision doit être validée par un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-CIV, Direction Générale des Impôts de Côte d'Ivoire (dgi.gouv.ci), CLEISS, loi de finances ivoirienne en vigueur. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.