🇱🇺 Fiscalité · Luxembourg
La fiscalité Luxembourg pour un expatrié français
La fiscalité luxembourgeoise est progressive mais reste compensée par des salaires parmi les plus élevés d'Europe. La nouvelle convention fiscale France-Luxembourg de 2018 (en vigueur depuis 2020) régit l'imposition, avec une particularité majeure : la règle des 34 jours de télétravail au-delà desquels les frontaliers basculent dans l'imposition française. Un régime impatriés généreux existe pour les cadres qualifiés. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Convention 2018, règle des 34 jours et régime impatriés
La convention fiscale France-Luxembourg, signée le 20 mars 2018 et en vigueur depuis le 1er janvier 2020, a remplacé celle de 1958. Elle a introduit, pour la France, la méthode du crédit d'impôt en remplacement de la méthode du taux effectif, changement dont les effets concrets sont visibles depuis janvier 2025 sur les revenus 2024. Cela signifie que les revenus luxembourgeois d'un frontalier français entrent désormais dans le calcul du taux d'imposition français, alors qu'avec l'ancienne méthode ils étaient simplement exonérés sans peser sur le taux.
La spécificité la plus importante pour les frontaliers est la règle des 34 jours de télétravail. La convention de 2018, complétée par un avenant entré en vigueur en 2022, autorise un frontalier à télétravailler depuis sa résidence française jusqu'à 34 jours par an sans que cela ne déclenche d'imposition en France sur sa rémunération. Au-delà de 34 jours, la règle est tout ou rien : tous les jours de télétravail, y compris les 34 premiers, deviennent imposables en France. Cette règle conditionne en pratique l'organisation du télétravail pour des dizaines de milliers de frontaliers français.
Pour les cadres impatriés résidents au Luxembourg, un régime fiscal spécifique existe : une exonération partielle (jusqu'à 50 % du salaire selon les conditions, pendant 8 ans) pour les salariés qualifiés impatriés. Conditions principales : salaire annuel minimum (autour de 75 000 euros), ne pas avoir été résident fiscal luxembourgeois au cours des 5 années précédant l'arrivée, fonctions spécifiques. C'est l'un des dispositifs européens d'attraction de talents les plus généreux, comparable au régime Beckham espagnol pour son ampleur.
Le barème de l'impôt sur le revenu, ajusté en 2025 par la loi Tripartite du 19 décembre 2024, comporte 23 tranches progressives de 0 % à 42 %. La quasi-totalité des revenus moyens et supérieurs se trouve dans des tranches autour de 30-39 %, auxquelles s'ajoute la contribution au Fonds pour l'emploi (7-9 % de l'IR). Les salaires luxembourgeois étant parmi les plus élevés d'Europe (médiane autour de 60 000 euros, fortes rémunérations en finance), même avec une fiscalité progressive, le net reste très compétitif comparé à la France.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Luxembourg existe. Convention fiscale France-Luxembourg signée le 20 mars 2018, en vigueur depuis le 1er janvier 2020 (BOFIP : BOI-INT-CVB-LUX). Elle remplace la convention de 1958 et introduit la méthode du crédit d'impôt en lieu et place du taux effectif (effets visibles depuis janvier 2025 sur les revenus 2024). Régime spécifique pour les travailleurs frontaliers avec tolérance de 34 jours de télétravail par an.
Risque de double imposition
Risque encadré par la convention de 2018. Méthode retenue (changement majeur depuis janvier 2025) : crédit d'impôt côté français (en remplacement du taux effectif). Cela signifie que les revenus luxembourgeois entrent désormais dans le calcul du taux d'imposition français, ce qui peut affecter les frontaliers ayant aussi des revenus français.
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Plus-values mobilières privées exonérées si les titres sont détenus depuis plus de 6 mois et si la participation ne dépasse pas 10 % du capital (en deçà, imposition au barème ; au-delà, imposition au demi-taux global avec abattement). Dividendes et intérêts soumis à des retenues à la source. Immobilier : Plus-values immobilières : taxation au demi-taux global (la moitié du taux marginal) avec abattement pour durée de détention. Exonération pour la résidence principale sous conditions. Pas d'impôt sur la fortune pour les personnes physiques au Luxembourg depuis 2006 (il subsiste pour les personnes morales). Les taxes foncières existent mais sont modestes. Droits de succession progressifs, avec exonération entre conjoints et entre parents et enfants (jusqu'à un certain seuil). Taux plus élevés pour les héritiers éloignés.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. Le Luxembourg étant dans l'UE, le sursis de paiement est automatique et sans constitution de garanties, ce qui est un avantage par rapport aux destinations hors UE/EEE.
À titre indicatif. La fiscalité frontalière franco-luxembourgeoise est complexe, en évolution récente (nouvelle convention 2018 entrée en vigueur 2020, changement de méthode 2025, règle des 34 jours). Toute décision doit être validée par un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-LUX, Administration des contributions directes luxembourgeoise (ACD), loi Tripartite du 19 décembre 2024. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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