🇲🇬 Fiscalité · Madagascar
La fiscalité Madagascar pour un expatrié français
La fiscalité malgache repose sur l'IRSA (Impôt sur les Revenus Salariaux et Assimilés) progressif, géré par la Direction Générale des Impôts. Le barème reste léger pour la majorité des revenus, avec une réforme 2026 (loi de finances) qui ajoute une tranche à 25 % pour les hauts revenus. La convention fiscale France-Madagascar et la convention de sécurité sociale bilatérale sont en vigueur depuis 1983. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
IRSA progressif, réforme 2026 et fiscalité douce pour les expatriés
L'IRSA (Impôt sur les Revenus Salariaux et Assimilés) est l'impôt central pour les salariés à Madagascar. Géré par la Direction Générale des Impôts du Ministère de l'Économie et des Finances, il est prélevé à la source par l'employeur sur la base d'un barème progressif. Le gouvernement a confirmé en novembre 2024 que le barème 2025 resterait inchangé, mais la loi de finances 2026 introduit un changement majeur : une nouvelle tranche à 25 % applicable aux revenus mensuels supérieurs à 4 000 000 MGA, soit environ 833 € au taux indicatif de 4 800 MGA pour 1 EUR.
Pour les retraités français installés à Antananarivo ou Antsirabe avec des pensions modestes à moyennes, la fiscalité IRSA reste très douce, souvent inférieure à 10 % effectifs. Une réduction de 2 000 Ar par personne à charge s'applique sur l'IRSA dû, et un minimum forfaitaire de 3 000 Ar garantit qu'un montant nominal sera toujours acquitté. Pour les cadres expatriés rémunérés aux niveaux des grands groupes français présents sur place, la nouvelle tranche à 25 % concerne uniquement la fraction des revenus supérieure au seuil.
À l'IRSA s'ajoutent les cotisations sociales prélevées par la CNAPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale) pour la retraite et les prestations familiales, et l'OSTIE (Organisation Sanitaire Tananarivienne Inter-Entreprises) pour la santé professionnelle dans la région d'Antananarivo. Les taux salarié sont modestes (autour de 1 % CNAPS), l'essentiel des charges étant supporté par l'employeur (environ 13 % CNAPS + OSTIE).
Convention 1983 et coordination retraite CNAPS/CNAV
Madagascar est l'une des destinations les plus matures pour les Français du point de vue de la coordination fiscale et sociale. La convention fiscale signée à Antananarivo le 22 juillet 1983 et en vigueur depuis le 1er janvier 1985 (BOFIP : BOI-INT-CVB-MDG) évite la double imposition selon le modèle OCDE, par la méthode du crédit d'impôt côté français. Elle règle les conflits de résidence par les critères classiques (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité).
La convention de sécurité sociale parallèle, signée le 8 mai 1967 (l'une des plus anciennes du Quai d'Orsay pour l'Afrique), est en vigueur (CLEISS). Elle prévoit la totalisation des périodes cotisées à la CNAPS malgache et à la CNAV française. Les années cotisées à la CNAPS s'ajoutent aux trimestres CNAV pour l'ouverture des droits à pension, et chaque caisse verse ensuite sa part proratisée. C'est un avantage structurel par rapport à la plupart des destinations africaines.
Pour les retraités français qui s'installent à Madagascar (cas le plus fréquent dans la communauté française résidente), la pension française est versée sans difficulté par virement international, le risque étant alors la conversion EUR vers MGA (l'ariary n'étant pas une monnaie convertible librement). Conserver l'épargne en euros sur un compte français et ne convertir que les dépenses courantes locales reste la stratégie recommandée. La fiscalité de la pension dépend de la convention de 1983 : pensions publiques en règle générale imposables en France, pensions privées imposables dans l'État de résidence (Madagascar).
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Madagascar existe. Convention fiscale France-Madagascar signée à Antananarivo le 22 juillet 1983, en vigueur depuis le 1er janvier 1985 (BOFIP : BOI-INT-CVB-MDG). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE, méthode du crédit d'impôt côté français. Convention de sécurité sociale parallèle signée le 8 mai 1967, en vigueur (CLEISS) avec totalisation CNAPS/CNAV.
Risque de double imposition
Risque encadré par la convention de 1983. Méthode du crédit d'impôt côté français : l'impôt malgache payé sur les revenus de source malgache donne droit à un crédit imputable sur l'impôt français correspondant. Les pensions publiques restent en règle générale imposables en France, les pensions privées sont imposables dans l'État de résidence (sous réserve des stipulations précises).
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Plus-values mobilières des particuliers traitées au cas par cas selon le Code Général des Impôts malgache. Les dividendes versés à des résidents fiscaux subissent une retenue à la source à un taux modéré. Immobilier : Plus-values immobilières soumises à un impôt distinct (Impôt sur les Plus-Values Immobilières), avec abattements selon la durée de détention. Pas d'impôt sur la fortune à Madagascar. La fiscalité du patrimoine repose sur les droits d'enregistrement (mutations) et sur l'IFPB (Impôt Foncier sur la Propriété Bâtie), perçu par les communes à taux modéré. Droits de succession et de donation prévus par le Code Général des Impôts malgache, à taux progressifs selon le lien de parenté, avec abattements en ligne directe (conjoint, enfants).
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. Madagascar étant hors UE et hors EEE, aucun sursis automatique sans garantie n'est possible : l'impôt est exigible immédiatement ou nécessite la constitution de garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur du montant dû. Pour les retraités sans patrimoine professionnel significatif, le sujet est rarement déclenchant.
À titre indicatif. La fiscalité malgache évolue par les lois de finances annuelles. La loi de finances 2026 (loi 2024-025) introduit la nouvelle tranche IRSA à 25 %. Toute décision doit être validée par un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-MDG, Ministère de l'Économie et des Finances (mef.gov.mg), CLEISS, Code Général des Impôts malgache. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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