🇲🇹 Fiscalité · Malte
La fiscalité Malte pour un expatrié français
Malte applique un système fiscal particulier hérité du droit britannique : la distinction entre domicile et résidence. Un résident non-domicilié n'est imposé que sur ses revenus de source maltaise et sur ses revenus étrangers rapatriés à Malte (remittance basis). C'est ce mécanisme, combiné à l'appartenance à l'UE et à l'usage de l'anglais, qui fait de Malte une destination fiscale recherchée par les Français mobiles. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Le régime non-domicilié maltais : comment il fonctionne vraiment
La clé de la fiscalité maltaise pour un expatrié français est la distinction, héritée du droit britannique, entre la résidence et le domicile. Le domicile est une notion juridique profonde, généralement celui du pays d'origine, qui ne change pas par le simple fait de déménager. Un Français qui s'installe à Malte devient résident fiscal maltais mais conserve en principe son domicile français : il est donc résident non-domicilié.
Pour un résident non-domicilié, Malte applique la remittance basis : seuls les revenus de source maltaise et les revenus étrangers effectivement rapatriés à Malte sont imposés. Les revenus étrangers laissés à l'extérieur de Malte ne sont pas imposés localement. Particularité encore plus favorable : les plus-values de source étrangère ne sont pas imposées à Malte même lorsqu'elles sont rapatriées, ce qui est rare et constitue un atout majeur du régime.
Depuis 2018, un garde-fou existe : les résidents non-domiciliés dont les revenus étrangers dépassent 35 000 euros par an et qui en rapatrient moins doivent acquitter un impôt minimum annuel de 5 000 euros. Ce plancher reste modéré comparé aux montants en jeu pour les patrimoines significatifs. Le régime maltais s'est par ailleurs renforcé en attractivité relative depuis avril 2025, quand le Royaume-Uni a aboli son propre régime non-dom historique.
Concrètement, le régime convient particulièrement aux profils dont une part importante des revenus est de source étrangère : dividendes de sociétés non maltaises, plus-values de portefeuille, revenus locatifs hors Malte, revenus d'activité internationale. Il convient moins aux profils dont les revenus sont majoritairement de source maltaise, imposés alors au barème classique jusqu'à 35 %. L'articulation avec la résidence fiscale française reste le point technique central, à valider impérativement avec un conseil.
TRP, GRP et statut non-dom de droit commun : quel cadre choisir
Trois cadres fiscaux coexistent à Malte pour un nouvel arrivant. Le premier est le statut non-domicilié de droit commun, accessible automatiquement dès lors qu'on devient résident sans être domicilié à Malte. Il applique la remittance basis et l'impôt minimum de 5 000 euros au-delà des seuils. C'est le cadre le plus simple et il ne demande aucun investissement immobilier particulier.
Le deuxième est The Residence Programme (TRP), réservé aux ressortissants de l'UE, de l'EEE et de la Suisse. Il accorde un taux forfaitaire de 15 % sur les revenus étrangers rapatriés à Malte, en contrepartie de la détention ou de la location d'un bien immobilier au-dessus de seuils minimaux (environ 275 000 euros à l'achat ou 9 600 euros par an de loyer, avec des seuils réduits pour Gozo et le sud de Malte) et d'un impôt minimum annuel. C'est le cadre privilégié des retraités et cadres français à patrimoine.
Le troisième est le Global Residence Programme (GRP), structurellement identique au TRP mais réservé aux non-Européens. Un Français n'a donc pas à s'y intéresser. De même, le Malta Permanent Residence Programme (MPRP), programme de résidence par investissement lourd, est conçu pour des non-UE qui cherchent un droit de séjour européen : il est sans objet pour un Français qui bénéficie déjà de la libre circulation.
Le bon choix dépend du volume et de la nature des revenus. Pour un Français disposant de revenus étrangers modérés, le statut non-dom de droit commun suffit souvent. Pour un patrimoine plus important avec des rapatriements réguliers vers Malte, le TRP et son taux de 15 % peut s'avérer plus prévisible. Cette comparaison se fait au cas par cas avec un fiscaliste maltais et un fiscaliste français, en intégrant l'exit tax et la sortie de résidence française.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Malte existe. Convention fiscale France-Malte signée le 25 juillet 1977, modifiée par avenants ultérieurs et complétée par la Convention multilatérale BEPS. Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE et organise les règles de résidence, l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts et revenus immobiliers.
Risque de double imposition
Risque faible grâce à la convention de 1977 et au statut de membre de l'UE. Méthode d'élimination de la double imposition par crédit d'impôt. Le système remittance basis maltais et la résidence fiscale française doivent toutefois être articulés avec soin : tant que les critères de l'article 4 B du CGI restent remplis en France, l'administration française peut maintenir l'imposition mondiale.
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Pour les résidents non-domiciliés, les plus-values mobilières de source étrangère ne sont pas imposées à Malte, même si elles sont rapatriées (exonération totale, particularité maltaise). Les plus-values de source maltaise sont imposées au barème. Immobilier : Plus-values immobilières sur un bien situé à Malte : taxe finale de 8 % du prix de cession dans le régime de droit commun (taux réduits dans certains cas). Les plus-values immobilières de source étrangère suivent le régime remittance basis pour les non-domiciliés. Aucun impôt sur la fortune à Malte. Pas d'équivalent de l'IFI français. Pas de droits de succession à Malte. Un droit de timbre (stamp duty) de 5 % s'applique toutefois sur la transmission de biens immobiliers situés à Malte, et de 2 % sur certaines parts de sociétés immobilières.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. Malte étant dans l'UE, le sursis de paiement est automatique et sans constitution de garanties, ce qui est un avantage par rapport aux destinations hors UE/EEE.
À titre indicatif. Le système non-dom maltais est puissant mais technique, et la distinction domicile/résidence repose sur des notions de droit anglo-saxon mal connues en France. Toute décision d'expatriation fiscale doit être validée par un fiscaliste maîtrisant le droit maltais (Commissioner for Revenue) et le droit français. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-MLT, Malta Tax and Customs Administration, PwC Malta. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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