🇲🇦 Fiscalité · Maroc
La fiscalité au Maroc pour un expatrié français
La convention fiscale France-Maroc (1970) protège les expatriés de la double imposition. Le Maroc impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux, mais la convention attribue généralement le droit d'imposition principal au pays de source pour les revenus d'activité. Pour les retraités, le régime des pensions étrangères est l'un des plus avantageux du monde : abattement de 70 % (40 % au-delà de 168 000 MAD), puis réduction de 80 % de l'impôt si la pension est transférée en dirhams non convertibles. Avec le barème de cette fiche, une pension de 2 000 €/mois supporte environ 260 € d'impôt marocain par an, soit un peu plus de 1 %. Le taux marginal standard est 37%, inférieur au taux français de 45%. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Pensions de retraite : un régime très favorable en 2026
Le Maroc applique aux pensions de retraite un abattement marqué : la base imposable s'obtient après un abattement de 70 % sur la fraction de pension inférieure ou égale à 168 000 dirhams, et de 40 % au-delà. Cet abattement réduit déjà fortement l'impôt effectif d'un retraité.
Un levier supplémentaire existe : le transfert de la pension, à titre définitif, sur un compte en dirhams non convertibles ouvre droit à une réduction additionnelle. Pour un retraité du privé qui transfère l'intégralité de sa pension dans ce cadre, l'impôt marocain effectif peut descendre à un niveau très bas, parfois sous 2 %, sans CSG ni CRDS françaises sur la pension dès lors que la résidence fiscale est bien au Maroc.
Depuis le 1er janvier 2026, les pensions de base des régimes marocains (CMR, RCAR, CNSS) sont par ailleurs exonérées d'impôt sur le revenu. Cette exonération ne concerne pas les pensions françaises, qui restent soumises au régime décrit ci-dessus.
La résidence fiscale s'apprécie d'abord par le foyer permanent d'habitation puis par le lieu de séjour habituel, en pratique le nombre de jours sur le territoire. La convention fiscale franco-marocaine encadre la répartition et les pensions publiques françaises suivent un traitement spécifique. Ces avantages réels doivent être validés au cas par cas.
Impôt sur le revenu au Maroc
Barème progressif 2026 sur 6 tranches, de 0% à 37%. Seuil d'exonération relevé à 40 000 MAD/an (≈3 670 €) par la LF 2025. Déduction forfaitaire professionnelle de 20% (min 15 000 MAD, max 30 000 MAD/an) avant application du barème. Régime des pensions de source étrangère : abattement de 70 % jusqu'à 168 000 MAD et 40 % au-delà, puis réduction de 80 % de l'impôt si transfert en dirhams non convertibles, soit un peu plus de 1 % d'impôt pour une pension de 2 000 €/mois. Régime auto-entrepreneur : IR forfaitaire 1% ou 2% du CA selon activité.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 3 670 € | 0 % |
| 5 505 € | 10 % |
| 7 340 € | 20 % |
| 9 175 € | 30 % |
| 16 515 € | 34 % |
| Au-delà | 37 % |
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Maroc existe. Convention fiscale France-Maroc signée le 29 mai 1970 à Paris, entrée en vigueur le 1er décembre 1971 (BOFIP : BOI-INT-CVB-MAR). Elle suit le modèle OCDE et prévoit principalement un mécanisme de crédit d'impôt pour éliminer la double imposition. Les revenus d'activité sont imposables dans le pays d'exercice ; les pensions des fonctionnaires français restent exclusivement imposables en France. Avantage clé pour les retraités du privé : les pensions étrangères bénéficient d'un abattement de 70 % puis 40 %, et d'une réduction de 80 % de l'impôt en cas de transfert en dirhams non convertibles.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Risque modéré et gérable grâce à la convention France-Maroc (1970), bien établie et opérationnelle. Le principal risque intervient si la résidence fiscale française n'est pas formellement rompue (foyer habituel, séjour principal > 183 jours, activité principale, centre des intérêts économiques en France). La méthode du crédit d'impôt de la convention peut générer un différentiel résiduel si le taux marocain dépasse le taux français équivalent, mais ce cas est rare dans la pratique pour des revenus de source marocaine modeste.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Plus-values sur valeurs mobilières marocaines : 15% (retenue libératoire à la source). Exonération si titres cotés à la Bourse de Casablanca détenus plus de 365 jours. Plus-values de source étrangère : imposées comme revenus ordinaires selon le barème IR, avec crédit d'impôt convention France-Maroc.
- Plus-values immobilières
- TPI (Taxe sur les Profits Immobiliers) : 20% sur le profit net (prix de vente − prix d'acquisition réévalué − frais). Exonération si résidence principale occupée pendant 6 ans consécutifs ou si profit net < 140 000 MAD (~12 840 €). Minimum de perception : 3% du prix de vente brut.
- Impôt sur la fortune
- Aucun impôt sur la fortune au Maroc (ni patrimoine global, ni propriété foncière annuelle sauf taxe d'habitation locale modeste).
- Droits de succession
- Aucun droit de succession ni de donation au Maroc pour les héritages directs. Attention : pour les citoyens de confession musulmane, les règles successorales islamiques s'appliquent (répartition inégale hommes/femmes). Les étrangers non-musulmans sont soumis au droit de leur nationalité ou à leur testament. Vérifier avec un notaire marocain pour les biens immobiliers au Maroc.
Exit tax au départ de France
Le Maroc n'est pas membre de l'UE/EEE. Le départ de France vers le Maroc déclenche l'exit tax française (art. 167 bis CGI) sur les plus-values latentes si le seuil de détention est atteint (valeur totale du portefeuille ≥ 800 000 € ou participation ≥ 50% dans une société). Aucun sursis automatique sans garantie n'est accordé pour les départs hors UE/EEE, une garantie bancaire ou le paiement immédiat est requis selon le montant des plus-values latentes.
Imposition de la pension de retraite
Avantage exceptionnel. La convention France-Maroc prévoit que les pensions de source étrangère sont imposées au pays de résidence (Maroc). La pension bénéficie d'un abattement de 70 % jusqu'à 168 000 MAD et de 40 % au-delà, puis l'impôt calculé est réduit de 80 % si la pension est transférée en dirhams non convertibles. Exemple avec le barème de cette fiche : pension de 2 000 €/mois → base imposable d'environ 9 800 € par an → environ 1 300 € d'impôt avant réduction, 260 € après, soit environ 22 € par mois. Les fonctionnaires (pension publique française) restent exclusivement imposés en France.
Tout sur la retraite au MarocQuestions fréquentes
Ma pension française est-elle imposée au Maroc si j'y prends ma retraite ?
Oui, mais avec un avantage exceptionnel. La convention France-Maroc prévoit que les pensions de source étrangère (dont la pension française) sont imposées dans le pays de résidence, soit le Maroc. La pension bénéficie d'un abattement de 70 % jusqu'à 168 000 MAD et de 40 % au-delà. Si vous la transférez en dirhams non convertibles (virement en devises puis conversion locale), l'impôt calculé est en plus réduit de 80 %. Concrètement, une pension de 2 000 €/mois supporte environ 260 € d'impôt marocain par an. Les pensions des fonctionnaires français restent exclusivement imposables en France.
La retraite française est-elle affectée par une expatriation au Maroc ?
Partiellement, selon votre situation. Si vous travaillez formellement au Maroc et cotisez à la CNSS, vos périodes cotisées sont totalisables avec vos trimestres CNAV français via la convention de 2011. En revanche, si vous êtes retraité ou travailleur indépendant sans cotisation CNSS effective, la CFE option retraite est nécessaire pour préserver vos trimestres CNAV. Les pensions CNAV sont versées à l'étranger sans restriction.
Y a-t-il un risque de double imposition entre la France et le Maroc ?
Globalement non, grâce à la convention fiscale de 1970. Le principal risque est si votre résidence fiscale française n'est pas formellement rompue avant le départ, la France peut alors continuer à vous imposer sur vos revenus mondiaux. Si la résidence est bien établie au Maroc, la convention évite la double imposition via un mécanisme de crédit d'impôt. Un avocat fiscaliste franco-marocain est recommandé pour sécuriser la rupture de résidence.
À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif. La fiscalité marocaine et la convention France-Maroc comportent de nombreuses nuances (régimes spéciaux, territorialité, source des revenus). Consultez un expert-comptable agréé ou un avocat fiscaliste franco-marocain. Sources officielles : DGI Maroc (tax.gov.ma) et BOFIP (bofip.impots.gouv.fr). Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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