Aller au contenu

🇳🇴 Fiscalité · Norvège

La fiscalité en Norvège pour un expatrié français

Le système fiscal norvégien repose sur deux composantes cumulatives : un impôt flat de 22 % sur tous les revenus (inntektsskatt), auquel s'ajoute une surtaxe progressive (trinnskatt) de 1,7 à 17,8 % sur les tranches élevées. Le taux marginal combiné plafonne à environ 39,8 %. Les salaires norvégiens sont parmi les plus hauts d'Europe, ce qui compense largement cette pression fiscale réelle. La convention France-Norvège de 1981 protège les expatriés français de la double imposition. Point distinctif : la Norvège est l'un des rares pays OCDE à maintenir un impôt sur la fortune (formuesskatt), avec un taux combiné d'environ 1,0 à 1,1 % sur le patrimoine net. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

Fiscalité norvégienne et richesse pétrolière

La Norvège, membre de l'Espace économique européen, applique une fiscalité progressive élevée, parmi les plus fortes de l'OCDE, accompagnée de déductions spécifiques, notamment sur les frais de déménagement et de logement pour certains expatriés. Le pays se distingue aussi par un impôt sur la fortune nette, à intégrer dans l'analyse patrimoniale.

La convention fiscale franco-norvégienne évite la double imposition. Les salaires élevés compensent en partie la pression fiscale, mais le raisonnement doit se faire en net après impôt et coût de la vie.

Comme partout, se croire automatiquement non-résident français dès l'arrivée est une erreur tant que les critères français de résidence sont remplis. Une situation se valide avec un conseil.

Impôt sur le revenu en Norvège

Deux étages se cumulent. Un impôt proportionnel de 22 % frappe le revenu général (alminnelig inntekt), et l'impôt par tranches (trinnskatt) s'y ajoute sur le revenu personnel brut, de 1,7 % au-delà de 226 100 NOK à 17,8 % au-delà de 1 467 200 NOK en 2026. Le taux marginal supérieur cumulé ressort donc à 39,8 %. Contrairement à la Suisse, la Norvège ne prélève pas d'impôt communal séparé : la part revenant aux communes et aux comtés est déjà comprise dans les 22 %. La cotisation sociale personnelle (trygdeavgift), 7,6 % du salaire brut en 2026 pour les salariés et 11 % pour les indépendants, n'est pas incluse dans le barème, elle porte le prélèvement marginal réel à environ 47,4 %. Les seuils sont convertis depuis la couronne au taux de 10,8035 NOK pour 1 €. L'abattement personnel (personfradrag) et la déduction minimale (minstefradrag) réduisent le revenu général imposable, le barème ne les reflète pas.

Barème de l'impôt sur le revenu en Norvège
Revenu annuel jusqu'àTaux
20 900 €22 %
29 500 €23.7 %
67 100 €26 %
90 700 €35.7 %
135 800 €38.8 %
Au-delà39.8 %

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Norvège existe. Convention France-Norvège signée le 19 décembre 1980, entrée en vigueur le 10 septembre 1981, modifiée par avenants en 1984 et 1995. Elle répartit le droit d'imposition selon la résidence et la source des revenus. Les revenus de source française (loyers, dividendes d'entreprises françaises) restent soumis à une retenue à la source française, avec un crédit d'impôt correspondant côté norvégien.

Lire le texte officiel de la convention

Risque de double imposition

Risque bien encadré par la convention de 1981. Le principal point de vigilance concerne les revenus de source française (loyers, dividendes, pensions privées) perçus par un résident fiscal norvégien : ils sont imposables en France à la source, avec un crédit d'impôt en Norvège. La formuesskatt (impôt sur la fortune) constitue en revanche un risque non couvert par la convention pour les contribuables patrimoniaux : un expatrié avec un patrimoine immobilier ou financier significatif peut supporter une imposition supplémentaire sans équivalent en France.

Plus-values et patrimoine

Plus-values mobilières
Plus-values sur actions et dividendes : 37,84 % (méthode du 'skjermingsfradrag', abattement pour rendement sans risque déduit avant imposition). Ce taux est intentionnellement supérieur au taux normal pour décourager la transformation de revenus du travail en dividendes via des holdings personnels.
Plus-values immobilières
Plus-values immobilières : exonérées si le bien a été la résidence principale du contribuable pendant au moins 12 des 24 derniers mois. Sinon, imposées comme revenu ordinaire à 22 %. Les biens situés en France restent soumis à la fiscalité française ; la convention prévoit un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.
Impôt sur la fortune
Impôt sur la fortune (formuesskatt) : taux combiné état + commune d'environ 1,0 à 1,1 % sur l'actif net dépassant 1 760 000 NOK (~149 000 €) pour un célibataire. Ce seuil peut être atteint rapidement en incluant la valeur cadastrale d'un bien immobilier. Les actifs étrangers des résidents fiscaux norvégiens sont inclus dans la base de calcul. À anticiper impérativement pour les expatriés patrimoniaux.
Droits de succession
Aucun droit de succession ni d'enregistrement en Norvège depuis l'abolition de l'arveavgift en 2014. Les héritages et donations sont reçus sans imposition directe. Cependant, les actifs transférés conservent le prix de revient d'origine du donateur, les plus-values latentes seront imposées lors d'une cession future.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique aux résidents français qui transfèrent leur domicile fiscal en dehors de l'UE/EEE avec des participations dépassant 800 000 € ou 50 % d'une société. La Norvège étant membre de l'EEE, le transfert vers la Norvège bénéficie d'un sursis de paiement automatique sans garantie, un avantage majeur par rapport aux départs hors-EEE (Dubaï, Canada, etc.). Le sursis prend fin si vous quittez l'EEE ultérieurement.

Imposition de la pension de retraite

La Norvège est membre de l'EEE et adhère au règlement européen 883/2004 de coordination des systèmes de sécurité sociale. Vos années de cotisation en Norvège (Alderspensjon) sont totalisées avec vos trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits dans les deux pays. La pension est ensuite proratisée selon les seules années cotisées dans chaque pays. C'est l'un des pays hors-UE offrant la meilleure protection retraite pour les expatriés français grâce à ce régime de coordination.

Tout sur la retraite en Norvège

Questions fréquentes

Combien d'impôts vais-je payer en Norvège sur mon salaire ?

Le système combine un impôt flat de 22 % sur tous les revenus, plus une surtaxe progressive (trinnskatt) de 1,7 à 17,8 % sur les tranches élevées. Le taux marginal combiné plafonne à ~39,8 %. À titre d'exemple, sur un salaire de 80 000 NOK/mois (~6 780 €), le taux effectif combiné est d'environ 32-34 % brut. Ajoutez 8,2 % de cotisations sociales personnelles (trygdeavgift). Les salaires norvégiens sont proportionnellement élevés, un ingénieur junior gagne 600 000-750 000 NOK/an (~51 000-64 000 €).

La Norvège est-elle une bonne destination pour les digital nomads français ?

Pour les séjours courts (< 90 jours) : oui, c'est idéal, libre circulation, excellent internet (158 Mbps en moyenne), sécurité absolue et qualité de vie hors pair. Pour les séjours longs (> 183 jours) : attention à la résidence fiscale, vos revenus mondiaux seront imposables en Norvège à 22-40 %, et la formuesskatt s'appliquera sur votre patrimoine. La Norvège n'a pas de visa digital nomad avec régime fiscal préférentiel comme la Thaïlande ou le Portugal n'en proposaient.

Y a-t-il des écoles françaises homologuées en Norvège ?

Oui. Le Lycée français René-Cassin d'Oslo, ouvert en 1961 et conventionné avec l'AEFE, scolarise environ 650 élèves de la petite section à la terminale sur deux sites, Skovveien et Vulkan. C'est le seul établissement homologué du pays : hors d'Oslo, les familles se tournent vers les écoles internationales anglophones, vers le système norvégien, ou vers le CNED pour garder le programme français. Les demandes de bourse scolaire se déposent auprès du consulat pour les enfants inscrits au registre et scolarisés dans un établissement homologué.

Qu'est-ce que la formuesskatt et comment m'impacte-t-elle ?

C'est l'impôt sur la fortune norvégien : environ 1,0 à 1,1 % sur le patrimoine net dépassant ~149 000 € (1 760 000 NOK en 2025). Il s'applique à vos actifs mondiaux si vous êtes résident fiscal norvégien : appartement français (à valeur cadastrale réduite), épargne, PEA, assurance-vie, etc. Un patrimoine net de 400 000 € génère environ 2 500-3 000 €/an de formuesskatt. À anticiper avant le départ avec un conseiller franco-norvégien, surtout si vous ne vendez pas votre résidence française.

À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif au 14 mai 2026. La fiscalité norvégienne, notamment le trinnskatt et la formuesskatt, évolue chaque année dans le budget national. Consultez le site officiel Skatteetaten (skatteetaten.no) pour les taux en vigueur et un conseiller fiscal franco-norvégien pour votre situation personnelle. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.