🇺🇾 Fiscalité · Uruguay
La fiscalité en Uruguay pour un expatrié français
La fiscalité uruguayenne est gérée par la DGI (Dirección General Impositiva). L'IRPF (Impuesto a la Renta de las Personas Físicas) est progressif pour les salaires (catégorie II), tandis que les revenus du capital sont taxés à des taux fixes (catégorie I). La spécificité majeure pour les expatriés est le régime territorial étendu à 11 ans pour les nouveaux résidents fiscaux : exonération totale des revenus étrangers, ce qui fait de l'Uruguay l'un des montages fiscaux les plus avantageux d'Amérique latine. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Régime territorial 11 ans : l'un des montages retraite les plus avantageux d'Amérique latine
Le régime fiscal territorial étendu à 11 ans est l'avantage le plus puissant de l'Uruguay pour les expatriés français, particulièrement pour les retraités et les rentiers. Instauré par le Décret-loi 14.948 et renforcé par la réforme de 2020, ce régime exonère totalement les revenus de source étrangère (pensions, dividendes, intérêts, loyers à l'étranger) pendant 11 années consécutives à compter de l'année d'établissement de la résidence fiscale en Uruguay.
Pour un retraité français disposant d'une pension CNAV, d'une assurance-vie, d'un PEA ou de revenus locatifs en France, cela signifie zéro impôt uruguayen sur ces revenus pendant 11 ans. Côté français, en revanche, aucune convention ne règle la répartition des droits d'imposition, puisqu'il n'en existe pas avec l'Uruguay. Tout dépend donc de votre domicile fiscal au sens de l'article 4 B du CGI : si la France considère que vous y êtes toujours domicilié, ces revenus restent imposables en France, et l'exonération uruguayenne ne vous protège de rien.
Au-delà des 11 ans, deux options sont prévues par la loi : continuer le régime territorial sans exonération (les revenus étrangers deviennent imposables), ou opter pour une taxation flat à 12 % sur les revenus mobiliers étrangers. La seconde option reste très favorable comparée à la fiscalité française. L'Uruguay s'inscrit ainsi dans la même logique que le régime NHR portugais (supprimé en 2024) ou le régime impatriés italien, mais avec une stabilité institutionnelle exceptionnelle qui sécurise le dispositif sur la durée.
Convention 2009, IRPF progressif et IP sur le patrimoine
Il n'existe aucune convention fiscale entre la France et l'Uruguay, et c'est la principale difficulté du dossier. Sans texte bilatéral, il n'y a ni crédit d'impôt conventionnel, ni règle de départage en cas de conflit de résidence : les critères de départage du modèle OCDE, foyer permanent puis centre des intérêts vitaux, ne s'appliquent tout simplement pas. Seule la convention de sécurité sociale franco-uruguayenne existe, elle figure dans la liste des accords en vigueur du CLEISS et permet la totalisation des périodes BPS et CNAV, mais elle ne concerne que la protection sociale, pas l'impôt.
Pour les salariés résidents fiscaux uruguayens (cas typique des cadres expatriés et entrepreneurs locaux), l'IRPF catégorie II est progressif sur sept tranches de 0 % à 36 %, exprimées en BPC. Pour un cadre rémunéré aux niveaux uruguayens (médiane autour de 1 800-2 500 € net par mois), le taux effectif tourne autour de 15-20 %. Pour les revenus du capital (catégorie I), le taux fixe de 12 % s'applique généralement.
L'impôt sur le patrimoine (Impuesto al Patrimonio, IP) est un point d'attention pour les expatriés fortunés : il s'applique au-delà d'un seuil annuel d'environ 175 000 USD pour un célibataire (doublé pour un couple), à des taux progressifs modérés. Une structuration patrimoniale adaptée (logement principal exclu sous conditions, certaines enveloppes financières) permet d'optimiser ce coût. Atout patrimonial significatif : il n'y a pas de droits de succession en Uruguay au sens classique, ce qui contraste fortement avec la fiscalité successorale française.
Impôt sur le revenu en Uruguay
IRPF (Impuesto a la Renta de las Personas Físicas) catégorie II (revenus du travail) progressif sur 7 tranches de 0 % à 36 %, exprimées en BPC (Base de Prestation et Contributions). Catégorie I (revenus du capital) taxée à des taux fixes (généralement 7 % ou 12 %). Pour les non-résidents, l'IRNR (Impuesto a la Renta de los No Residentes) s'applique à 12 % sur les revenus uruguayens. L'IASS (Impuesto de Asistencia a la Seguridad Social) s'applique aux pensions versées par les caisses uruguayennes. Le barème ci-dessous est une simplification du barème IRPF salariés, exprimé en EUR.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 6 700 € | 0 % |
| 9 600 € | 10 % |
| 14 400 € | 15 % |
| 28 700 € | 24 % |
| 47 800 € | 25 % |
| 71 800 € | 27 % |
| 110 600 € | 31 % |
| Au-delà | 36 % |
Convention fiscale bilatérale
Pas de convention bilatérale France-Uruguay. Il n'existe pas de convention fiscale entre la France et l'Uruguay. Le sujet revient régulièrement devant le Sénat, où plusieurs questions écrites de sénateurs des Français de l'étranger ont été posées entre 2022 et 2025. Un premier tour de négociation s'est tenu à Montevideo en 2023, les élections générales uruguayennes de 2024 ont interrompu les échanges, et la partie uruguayenne a depuis été invitée à Paris sans qu'un accord ait abouti. En revanche, une convention de sécurité sociale franco-uruguayenne existe bien et figure dans la liste des accords en vigueur du CLEISS, ce sont deux sujets distincts qu'il ne faut pas confondre.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Le risque de double imposition est réel et non encadré, c'est le principal point de vigilance du dossier uruguayen. En l'absence de convention, aucun mécanisme conventionnel de crédit d'impôt ou d'exonération ne s'applique, et aucune règle de départage ne tranche un conflit de résidence fiscale entre les deux pays. Un même revenu peut donc être imposé en Uruguay puis réintégré en France si l'administration française considère que vous y avez conservé votre domicile fiscal au sens de l'article 4 B du CGI. Le régime territorial uruguayen pour les nouveaux résidents ne protège pas de ce risque côté français. Rompre proprement sa résidence fiscale française et faire valider sa situation par un fiscaliste avant le départ est ici plus important que dans un pays conventionné.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Plus-values mobilières des résidents généralement taxées à 12 % flat (IRPF catégorie I, revenus du capital). Pendant les 11 ans du régime territorial pour nouveaux résidents, les plus-values de source étrangère sont exonérées.
- Plus-values immobilières
- Plus-values immobilières taxées au taux fixe de 12 %, avec des règles particulières pour la résidence principale et les durées de détention longues.
- Impôt sur la fortune
- Impuesto al Patrimonio (IP) : impôt sur le patrimoine net dépassant un seuil annuel (environ 175 000 USD pour un célibataire, doublé pour un couple). Taux progressifs modérés. Les nouveaux résidents peuvent structurer leur patrimoine pour rester en deçà du seuil dans les premières années.
- Droits de succession
- Pas de droits de succession en Uruguay au sens classique. Une taxe sur les transmissions immobilières existe (ITP, Impuesto a las Trasmisiones Patrimoniales) à des taux modérés. C'est un atout patrimonial significatif vis-à-vis de la France où les droits de succession peuvent atteindre 45 % en ligne directe au-delà des abattements.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Uruguay étant hors UE et hors EEE, aucun sursis automatique sans garantie n'est possible : l'impôt est exigible immédiatement ou nécessite la constitution de garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur du montant dû. Pour les expatriés détenteurs de participations significatives, anticiper avec un fiscaliste avant le départ est essentiel.
Imposition de la pension de retraite
Convention de sécurité sociale France-Uruguay signée le 6 décembre 2010, en vigueur depuis le 1er février 2014 (CLEISS). Totalisation des périodes cotisées en France (CNAV) et en Uruguay (BPS, Banco de Previsión Social) pour l'ouverture des droits à pension. C'est l'un des avantages structurels significatifs de l'Uruguay pour les expatriés à carrière mixte. La CFE reste recommandée pour la flexibilité de la couverture santé.
Tout sur la retraite en UruguayQuestions fréquentes
Y a-t-il une convention fiscale entre la France et l'Uruguay ?
Non. Aucune convention de non double imposition ne lie la France et l'Uruguay, et l'Uruguay ne figure pas dans la liste des conventions en vigueur publiée par la direction générale des finances publiques. Le sujet est revenu à plusieurs reprises devant le Sénat entre 2022 et 2025, à l'initiative de sénateurs représentant les Français de l'étranger. Un premier tour de négociation s'est tenu à Montevideo en 2023, les élections uruguayennes de 2024 ont interrompu le processus, et aucun accord n'a abouti depuis. Concrètement, rien ne vous protège d'une double imposition si l'administration française estime que vous avez conservé votre domicile fiscal en France. À ne pas confondre avec la convention de sécurité sociale franco-uruguayenne, qui existe bien et figure dans la liste des accords en vigueur du CLEISS.
Faut-il cotiser à la CFE pour la retraite en Uruguay ?
Pas indispensable grâce à la convention de 2010 qui permet la totalisation BPS/CNAV. La CFE reste néanmoins recommandée pour la couverture santé (en complément d'une mutualista locale) et pour les retours en France.
À titre indicatif. La fiscalité uruguayenne évolue par les lois annuelles. Le régime territorial de 11 ans a été instauré en 2020 et confirmé par les gouvernements successifs. En l'absence de convention fiscale avec la France, une décision d'expatriation vers l'Uruguay doit impérativement être validée par un fiscaliste maîtrisant les deux systèmes, le risque de double imposition n'étant encadré par aucun texte bilatéral. Sources retenues : DGI Uruguay (dgi.gub.uy), liste des conventions fiscales de la DGFiP, CLEISS, Décret-loi 14.948. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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