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🇺🇾 Retraite · Uruguay

Prendre sa retraite en Uruguay en tant que Français

Cette page réunit ce qui décide d'un projet de retraite en Uruguay : le versement de votre pension française, la fiscalité applicable, la coordination des droits et la couverture santé. Pour le cadre général commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la retraite à l'étranger.

Retraite en Uruguay : régime territorial 11 ans + convention 2010 = combinaison rare

L'Uruguay est l'une des destinations retraite les plus attractives d'Amérique latine pour les Français, grâce à une combinaison rare de trois facteurs structurels. Premièrement, le régime fiscal territorial étendu à 11 ans pour les nouveaux résidents fiscaux : pensions, dividendes, intérêts et loyers de source étrangère exonérés pendant cette période (Décret-loi 14.948, renforcé en 2020). Pour un retraité français installé en Uruguay, sa pension CNAV n'est imposée qu'en France, jamais en Uruguay pendant 11 ans.

Deuxièmement, la convention de sécurité sociale signée le 6 décembre 2010 et en vigueur depuis le 1er février 2014 (CLEISS) prévoit la totalisation des périodes cotisées à la CNAV française et au BPS uruguayen (Banco de Previsión Social). Pour les Français ayant eu une carrière partiellement uruguayenne, c'est l'avantage classique de coordination des droits à pension : aucune année cotisée n'est perdue.

Troisièmement, il faut mettre en face de ces avantages l'absence de convention fiscale avec la France, qui laisse le risque de double imposition entièrement à votre charge au-delà comme pendant le régime territorial. Le cadre uruguayen reste attractif sur le papier, il n'y a pas de droits de succession au sens classique et l'impôt sur le patrimoine ne touche que les patrimoines élevés, au-delà de 175 000 USD pour un célibataire, mais cet avantage ne se matérialise que si votre résidence fiscale française est effectivement rompue.

Côté santé, l'affiliation à une mutualista locale (Hospital Británico, Médica Uruguaya, CASMU) à 80-150 € par mois et par adulte donne accès à un système de santé de qualité européenne. Combinée à la CFE pour les retours en France, c'est un montage protecteur efficace. Avec une pension française de 2 000-2 500 €, un retraité vit confortablement à Montevideo (Pocitos, Punta Carretas) ou Punta del Este hors saison, avec un cadre de vie sûr, stable et culturellement proche de l'Europe.

Convention de totalisation

Une convention existe : Convention de sécurité sociale France-Uruguay signée le 6 décembre 2010, en vigueur depuis le 1er février 2014 (CLEISS). Totalisation des périodes d'assurance accomplies en France (CNAV) et en Uruguay (BPS, Banco de Previsión Social) pour l'ouverture des droits à pension.

Système de retraite local

Régime uruguayen géré par le BPS (Banco de Previsión Social) : système mixte par répartition (premier pilier) et capitalisation (AFAP, second pilier) pour les salariés. Âge légal de départ : 60 ans avec 30 ans de cotisations, ou 65 ans avec moins. Les pensions BPS sont modestes en valeur absolue mais les périodes sont totalisables avec la CNAV française au titre de la convention de 2010.

Impact fiscal sur la pension

Convention de sécurité sociale France-Uruguay signée le 6 décembre 2010, en vigueur depuis le 1er février 2014 (CLEISS). Totalisation des périodes cotisées en France (CNAV) et en Uruguay (BPS, Banco de Previsión Social) pour l'ouverture des droits à pension. C'est l'un des avantages structurels significatifs de l'Uruguay pour les expatriés à carrière mixte. La CFE reste recommandée pour la flexibilité de la couverture santé.

Attention à la nature de votre pension : les pensions privées sont en principe imposables dans l'État de résidence, les pensions publiques dans l'État qui les verse. Un ancien fonctionnaire reste donc le plus souvent imposé en France. Voir la règle en détail.

Titre de séjour du retraité

Résidence permanente retraité ou rentier

  • Justificatif de pension ou ressources stables suffisantes (revenus passifs documentés)
  • Casier judiciaire apostillé et acte de naissance
  • Visite médicale (carnet de santé)
  • Demande auprès de la Dirección Nacional de Migración

Couverture santé du retraité

La Caisse des Français de l'Étranger est pertinente ici, pour une cotisation indicative de 80 à 250 € par mois. Elle rembourse sur la base des tarifs français, ce qui suppose une complémentaire là où les soins coûtent plus cher qu'en France. Comprendre le mécanisme.

  • Maintien des droits à la sécurité sociale française pour vous et votre famille
  • Remboursement des soins en France lors des retours
  • Validation des trimestres pour la retraite française (complément à la convention de 2010)
  • Couverture en cas d'évacuation sanitaire vers la France
  • Souvent combinée à une mutualista locale pour une couverture optimale

Préserver ses droits français

  • Profiter du régime territorial 11 ans : pensions de source française exonérées en Uruguay pendant 11 ans à compter de la résidence fiscale uruguayenne
  • La convention de 2010 permet la totalisation BPS/CNAV : pas besoin de cotiser à la CFE pour la retraite, elle reste utile pour la santé et les retours en France
  • Conserver tous les bulletins de paie uruguayens et l'attestation d'affiliation au BPS
  • Maintenir le gros de l'épargne sur les enveloppes françaises (assurance-vie, PEA, PER) : très efficace combinée au régime territorial uruguayen
  • Renvoyer chaque année le certificat de vie pour les retraités percevant une pension française

Chômage et fin de carrière

Régime d'assurance chômage uruguayen géré par le BPS pour les salariés cotisants. Pour les expatriés, les droits chômage français sont en règle générale non-portables hors UE/EEE et conventions spécifiques. Les expatriés sous contrat uruguayen acquièrent les droits locaux.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le régime territorial 11 ans en Uruguay ?

Le Décret-loi 14.948, renforcé en 2020, prévoit que les nouveaux résidents fiscaux uruguayens bénéficient pendant 11 années consécutives d'une exonération totale sur leurs revenus de source étrangère (pensions, dividendes, intérêts, loyers à l'étranger). C'est l'un des dispositifs d'attraction de capitaux les plus généreux au monde. Au-delà, taxation possible à 12 % flat sur les revenus mobiliers étrangers.

Combien de Français résident en Uruguay ?

2 377 Français étaient inscrits au registre consulaire fin 2025, principalement à Montevideo (Pocitos, Punta Carretas, Carrasco). C'est une communauté modeste mais qualitative, axée sur la retraite/rentes et les secteurs tech et fintech.

Quel est le climat de Montevideo ?

Tempéré humide, quatre saisons marquées, l'un des climats les plus agréables d'Amérique du Sud. Été (décembre à mars) chaud et ensoleillé (25-30 °C), hiver (juin-septembre) doux et humide (10-15 °C, jamais de neige). Pas d'extrêmes climatiques, idéal pour les retraités sensibles aux tropicales extrêmes.

Faut-il cotiser à la CFE pour la retraite en Uruguay ?

Pas indispensable grâce à la convention de 2010 qui permet la totalisation BPS/CNAV. La CFE reste néanmoins recommandée pour la couverture santé (en complément d'une mutualista locale) et pour les retours en France.

Punta del Este est-elle une bonne destination retraite ?

Oui pour les retraités en quête de cadre balnéaire haut de gamme, mais Punta del Este est très saisonnière (hyperactive en janvier-février, calme le reste de l'année) et plus chère que Montevideo. Pour une expatriation à l'année, Montevideo (Pocitos, Carrasco) offre un meilleur équilibre coût/qualité de vie.