Fiscalité
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Aliyah Israël : Oleh Hadash et 10 ans d'exonération expliqués

Adam Delozanne

Fondateur d'Expatrié.fr

Aliyah Israël : Oleh Hadash et 10 ans d'exonération expliqués

Environ 4 000 à 6 000 Français font leur Aliyah chaque année, et beaucoup ignorent l'ampleur réelle de l'avantage fiscal qui les attend en arrivant. Le statut d'Oleh Hadash, automatiquement accordé à tout nouveau immigrant, ouvre 10 ans d'exonération totale d'impôt israélien sur les revenus de source étrangère. Sur une décennie, l'économie peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros pour un patrimoine financier conséquent. Voici comment fonctionne ce dispositif et ce qu'il faut anticiper côté français pour en tirer le maximum.

L'Aliyah : cadre légal et conditions

L'Aliyah (montée en hébreu) est l'immigration en Israël encadrée par la Loi du retour de 1950, l'une des lois fondamentales de l'État israélien. Elle ouvre la citoyenneté israélienne immédiate à toute personne d'ascendance juive, jusqu'à un grand-parent juif inclus, ou qui s'est convertie via une conversion reconnue.

La procédure passe par l'Agence Juive (Sokhnut HaYehudit), avec des antennes en France à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Nice. Le dossier comprend la démonstration de l'ascendance juive (actes religieux, certificats rabbiniques), un entretien et une validation par les autorités israéliennes. Le délai moyen est de 3 à 12 mois selon la complexité.

L'Aliyah est gratuite

L'État d'Israël et l'Agence Juive prennent en charge le billet d'avion, le Sal Klitah (panier d'absorption pendant les premiers mois), les cours d'hébreu intensifs (Ulpan) et certains avantages douaniers pour l'importation de mobilier et véhicule.

La Section 14 du code des impôts israélien

Le statut Oleh Hadash est accordé automatiquement à tout nouveau immigrant à compter de la date d'Aliyah. Il déclenche l'application de la Section 14 du code des impôts israélien (Pkudat HaMas), réformée en 2008 pour aligner Israël sur les meilleurs régimes mondiaux d'attraction des capitaux.

Pendant 10 années consécutives à compter de l'année d'Aliyah, l'Oleh Hadash est totalement exonéré d'impôt israélien sur l'ensemble de ses revenus de source étrangère. Particularité majeure : il n'a même pas l'obligation de déclarer ces revenus étrangers à l'administration fiscale israélienne pendant cette période, ce qui simplifie considérablement la conformité.

Quels revenus sont exonérés pendant 10 ans

La liste des revenus couverts par l'exonération Section 14 est volontairement large, ce qui rend le dispositif particulièrement puissant pour les patrimoines diversifiés. Sont concernés :

  • Pensions de retraite versées par les caisses françaises (CNAV, Agirc-Arrco, MSA, régimes spéciaux)
  • Dividendes de sociétés françaises ou étrangères détenues directement ou via des holdings
  • Intérêts d'obligations, livrets, comptes à terme français ou européens
  • Loyers immobiliers de biens situés en France ou ailleurs hors Israël
  • Plus-values mobilières sur actions, parts d'entreprises, ETF, OPCVM hors Israël
  • Royalties, droits d'auteur et revenus de propriété intellectuelle d'origine étrangère

Les revenus de source israélienne (salaire local, dividendes d'une société israélienne, plus-values sur actions cotées à Tel Aviv, loyers de biens situés en Israël) restent imposés au régime classique : Mas Hachnasah progressif 10-50 %, Mas Revah Hon à 25 % flat pour les plus-values.

Patrimoine et succession

Israël n'a plus de droits de succession depuis 1981. Combiné à l'exonération 10 ans Oleh Hadash, un retraité français qui fait l'Aliyah peut transmettre son patrimoine à ses enfants sans aucun droit successoral israélien, et avec une fiscalité française largement contournée pendant la décennie d'exonération.

Coordination avec la fiscalité française

Le cadre bilatéral repose sur deux instruments. La convention fiscale franco-israélienne du 31 juillet 1995 (BOFIP : BOI-INT-CVB-ISR) règle la répartition des droits d'imposition entre les deux États, avec la méthode du crédit d'impôt côté français. La convention de sécurité sociale du 17 décembre 1965, l'une des plus anciennes de la France, organise la totalisation des périodes Bituach Leumi et CNAV pour la retraite.

Pour un retraité français qui transfère effectivement son domicile en Israël et bénéficie d'Oleh Hadash, sa pension française est versée par virement international classique. Côté français, la pension est en principe imposable dans l'État de résidence (Israël) pour les pensions privées, et reste imposable en France pour les pensions publiques (fonctionnaires, militaires). En Israël, elle est exonérée pendant 10 ans grâce à Oleh Hadash.

Pour les revenus français autres (loyers, dividendes), la convention prévoit généralement le crédit d'impôt côté français et l'exonération chez le résident israélien sous Oleh Hadash. Sur les dividendes français versés à un résident israélien, la retenue à la source française subsiste (12,8 % en règle générale) mais devient créditable contre l'impôt français résiduel.

Points de vigilance avant l'Aliyah

Trois points méritent une attention particulière avant le départ. Le premier est l'exit tax française (article 167 bis du CGI). Si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société française, le départ déclenche l'imposition sur les plus-values latentes. Israël étant hors UE et hors EEE, le sursis de paiement n'est pas automatique : il faut le demander expressément et constituer des garanties.

Deuxième point : la qualification effective de la résidence fiscale israélienne. L'administration française reste vigilante sur les déménagements de complaisance. Vous devez documenter rigoureusement votre rupture de résidence française (vente ou mise en location du logement principal, transfert du foyer, des intérêts économiques, des comptes principaux).

Troisième point : la planification de la sortie d'Oleh Hadash en année 10. Beaucoup d'Olim arrivés au début des années 2010 ont découvert tardivement que le passage au régime de droit commun israélien après les 10 ans pouvait être brutal pour des patrimoines générateurs de revenus passifs élevés. Anticiper la structuration patrimoniale dès l'année 7 ou 8 est devenu une pratique standard.

Contexte sécuritaire à intégrer

Le contexte géopolitique régional post-octobre 2023 a modifié le ressenti sécuritaire de l'expatriation. Iron Dome reste efficace (>90 % d'interception), abris (Mamad) équipent tous les logements, application Red Color Alert obligatoire. Inscription au registre Ariane impérative.

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À propos de l'auteur

Adam Delozanne

Passionné de voyages et de découvertes, Adam partage sur Expatrié.fr les ressources concrètes qui font vraiment la différence pour préparer une expatriation.

Questions fréquentes

Toute personne d'ascendance juive peut-elle faire l'Aliyah ?

Oui, la Loi du retour de 1950 ouvre le droit à toute personne ayant au moins un grand-parent juif ou qui s'est convertie via une conversion reconnue par les autorités israéliennes (orthodoxe, conservatrice ou réformée selon les cas).

L'exonération 10 ans concerne-t-elle aussi les pensions françaises ?

Oui. Les pensions de source étrangère, y compris les pensions de retraite CNAV françaises et complémentaires, sont totalement exonérées d'impôt israélien pendant 10 ans à compter de l'année de l'Aliyah.

Faut-il rompre tous les liens avec la France pour bénéficier d'Oleh Hadash ?

Pour devenir résident fiscal israélien, il faut transférer effectivement votre centre de vie en Israël (foyer principal, présence physique, intérêts économiques). Conserver un compte ou un bien locatif en France ne pose pas problème, mais conserver un emploi français à temps plein, oui.

Que se passe-t-il après les 10 ans d'exonération ?

Vous basculez dans le régime fiscal israélien classique : barème progressif Mas Hachnasah jusqu'à 50 %, imposition mondiale comme un résident lambda. La planification patrimoniale doit anticiper cette bascule en année 9-10.