Beckham Espagne vs impatriés Italie vs Grèce 7 % : qui gagne
Adam Delozanne
Fondateur d'Expatrié.fr

Avec la disparition du NHR portugais fin 2023, le marché européen des régimes fiscaux préférentiels pour nouveaux résidents s'est restructuré autour de trois principaux : le Beckham espagnol pour les cadres salariés, le nouveau régime impatriati italien (réformé en 2024) pour les hauts revenus du travail, et l'article 5A grec à 7 % flat pour les retraités. Aucun n'est universellement meilleur. Le choix dépend du profil, du type de revenus et de l'horizon. Voici un comparatif chiffré pour trancher.
Régime Beckham espagnol : 24 % flat 6 ans
Le régime Beckham (article 93 de la LIRPF, du nom du footballeur qui l'a popularisé en 2003) permet aux nouveaux résidents fiscaux espagnols d'opter pour une imposition à 24 % flat sur les revenus du travail jusqu'à 600 000 €/an, et 47 % au-delà. Durée : l'année de l'installation et les 5 suivantes, soit 6 ans au total.
Conditions d'éligibilité : ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 années précédentes, transfert effectif du domicile en Espagne avec activité salariée espagnole ou direction de société espagnole. Le régime a été élargi en 2023 aux digital nomads, entrepreneurs et profils hautement qualifiés.
L'avantage net : sur un salaire de 200 000 €/an, l'impôt espagnol classique tournerait autour de 80 000 €. Sous Beckham, il tombe à 48 000 € (24 % de 200 000). Économie annuelle de 32 000 €, soit ~190 000 € sur 6 ans. C'est l'un des régimes les plus simples à activer en Europe.
Beckham et patrimoine étranger
Sous le régime Beckham, le bénéficiaire est traité comme un non-résident fiscal sur ses revenus étrangers : seuls les revenus de source espagnole sont imposés en Espagne. Très avantageux pour les détenteurs de dividendes ou loyers à l'étranger.
Impatriati italien 2024 : 50 % exonération 5 ans
Le régime italien des lavoratori impatriati a été refondu par le décret législatif 209/2023, applicable aux résidents installés à compter du 1er janvier 2024. Exonération de 50 % du revenu du travail produit en Italie (60 % en cas d'enfant mineur), pendant 5 ans, plafonnée à 600 000 €/an. Prolongeable à 8 ans sous conditions (achat immobilier en Italie, présence d'enfants mineurs).
Conditions : ne pas avoir été résident fiscal italien les 3 années précédentes (5 ans pour les retours chez le même employeur), engagement à rester résident italien au moins 4 ans, qualification professionnelle (diplôme master ou équivalent).
L'avantage net : sur un salaire de 200 000 €/an, la base imposable IRPEF tombe à 100 000 €. Avec le barème italien (23 à 43 % + surtaxes régionales et communales ~3 %), l'impôt total tourne autour de 28 000 € contre 78 000 € sans le régime. Économie annuelle de 50 000 €, soit 250 000 € sur 5 ans (ou 400 000 € si prolongation à 8 ans).
Article 5A grec : 7 % flat retraités 15 ans
Instauré en 2020, l'article 5A du code des impôts grec offre aux retraités étrangers s'installant en Grèce un taux flat de 7 % sur l'ensemble de leurs revenus étrangers (pension, dividendes, intérêts, plus-values, loyers à l'étranger), pendant 15 ans à compter de l'installation.
Conditions d'éligibilité : être bénéficiaire d'une pension étrangère, ne pas avoir été résident fiscal grec 5 des 6 années précédentes, transférer effectivement sa résidence dans une commune éligible (commune de moins de 30 000 habitants au sud de la Grèce, péninsule incluse). Liste publiée par décret ministériel.
L'avantage net : pour un retraité avec 60 000 €/an de revenus étrangers (pension + dividendes + intérêts), l'impôt grec sous 5A est de 4 200 €/an. Le même retraité en France paierait environ 12 000 à 16 000 €/an. Économie annuelle de 8 000 à 12 000 €, soit 120 000 à 180 000 € sur 15 ans.
Article 5C grec pour actifs
Parallèlement, l'article 5C ouvert aux actifs relocalisés prévoit 50 % d'exonération sur les revenus du travail produits en Grèce pendant 7 ans, sous conditions similaires (5 ans non résident, engagement 2 ans, activité salariée ou indépendante).
Comparatif chiffré par profil
Voici comment les trois régimes se comparent pour quatre profils types :
- Cadre salarié 120 000 €/an : Beckham Espagne (~28 800 € d'impôt) bat Italie (~14 000 €) et Grèce 5C (~28 000 €). Italie gagne grâce à la base imposable à 50 %.
- Dirigeant salarié 400 000 €/an : Beckham (~96 000 €) bat Italie (~80 000 € grâce au plafond 600 k) et Grèce 5C (~95 000 €). Italie reste légèrement meilleure jusqu'au plafond.
- Retraité 50 000 €/an de pension étrangère : Grèce 5A (~3 500 €/an) écrase Espagne (~12 000 €) et Italie (~13 000 €) qui n'ont pas de régime équivalent.
- Rentier 200 000 €/an de dividendes : Beckham (traité comme non-résident, 0 € en Espagne sur dividendes étrangers) bat Italie (~60 000 € IRPEF) et Grèce 5A (~14 000 € à 7 % flat).
Verdict par situation type
Pour un cadre dirigeant salarié à hauts revenus : Beckham Espagne est généralement le plus puissant grâce au plafond 600 000 € et au traitement non-résident des revenus étrangers. Italie en alternative si famille avec enfants (60 % d'exonération).
Pour un retraité français : Grèce article 5A est sans concurrence directe. Le taux 7 % flat sur 15 ans, sur l'ensemble des revenus étrangers, est imbattable en Europe. La contrainte de résidence dans une commune de moins de 30 000 habitants est légère par rapport à l'économie obtenue.
Pour un entrepreneur tech ou rentier : Beckham espagnol prime grâce au traitement non-résident des dividendes étrangers. Si les revenus sont essentiellement de source européenne, le calcul reste à faire avec un fiscaliste pour confirmer.
Pour un cadre à carrière internationale en succession : possibilité d'enchaîner Italie (5 ans à 50 %) puis Espagne (6 ans Beckham) puis Grèce 5A à la retraite, ce qui maximise les avantages cumulés sur 25 ans à coût administratif limité.
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Adam Delozanne
Passionné de voyages et de découvertes, Adam partage sur Expatrié.fr les ressources concrètes qui font vraiment la différence pour préparer une expatriation.
Questions fréquentes
Le régime Beckham espagnol s'applique-t-il aux pensions ?
Non. Le régime Beckham (article 93 LIRPF) couvre uniquement les revenus du travail produits en Espagne ou à l'étranger, à 24 % flat jusqu'à 600 000 € puis 47 % au-delà. Les pensions étrangères ne sont pas concernées et suivent le régime classique avec convention.
L'article 5A grec à 7 % flat couvre-t-il tous les revenus étrangers ?
Oui, c'est sa force : 7 % flat sur l'ensemble des revenus étrangers du retraité (pension, dividendes, intérêts, plus-values, loyers à l'étranger), pendant 15 ans, sous réserve de résider dans une commune de moins de 30 000 habitants au sud de la Grèce.
L'impatriati italien à 50 % concerne aussi les revenus passifs ?
Non. Le nouveau régime impatriati 2024 couvre uniquement les revenus du travail (salaires, indépendants, mandataires sociaux) jusqu'à 600 000 €/an pendant 5 ans. Les revenus passifs (dividendes, loyers) suivent le régime classique.
Peut-on cumuler plusieurs régimes ?
Non, ils sont mutuellement exclusifs car chacun exige d'être résident fiscal d'un seul pays. Mais un cadre peut commencer sa carrière sous impatriati italien, puis basculer vers Beckham espagnol plus tard, puis terminer sous article 5A grec à la retraite, en plusieurs étapes successives.