Fiscalité
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Régime impatriés italien 50 % : comparatif France 2025

Adam Delozanne

Fondateur d'Expatrié.fr

Régime impatriés italien 50 % : comparatif France 2025

Après quinze ans de générosité, l'Italie a complètement réécrit son régime des lavoratori impatriati au 1er janvier 2024. L'ancien régime à 70 % d'exonération (90 % au Sud) a été remplacé par un nouveau régime à 50 % sur 5 ans, plafonné à 600 000 € de revenus, et soumis à des conditions de qualification renforcées. Pour un cadre français qui hésite entre rester en France et s'installer à Milan, Rome ou Turin, le calcul reste largement favorable à l'Italie, mais les paramètres ont changé.

La réforme 2024 du régime impatriati

Le régime des lavoratori impatriati, créé en 2015 et étendu en 2019, prévoyait une exonération de 70 % des revenus du travail produits en Italie pour les nouveaux résidents fiscaux, portée à 90 % pour les régions du Sud (Abruzzes, Molise, Campanie, Pouilles, Basilicate, Calabre, Sicile, Sardaigne). La durée standard était de 5 ans, prolongeable à 10 sous conditions.

Le décret législatif 209 du 27 décembre 2023, applicable aux résidents fiscaux installés à compter du 1er janvier 2024, a remplacé ce régime par un nouveau dispositif moins généreux. Exonération de 50 % (60 % en cas d'enfant mineur), durée de 5 ans (prolongeable à 8 sous conditions), plafond de 600 000 € de revenus annuels.

Pas de rétroactivité, mais transition rude

Les bénéficiaires installés avant 2024 conservent leur taux historique. Mais l'écart entre les nouveaux entrants et les anciens crée une asymétrie au sein des entreprises et oblige certains employeurs à compenser les écarts pour les recrutements 2024 et au-delà.

Conditions pour bénéficier du nouveau régime

Trois conditions cumulatives doivent être remplies. La première : ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des 3 années précédant l'installation (5 ans pour ceux qui restent ensuite chez le même employeur).

La deuxième condition est l'engagement à devenir résident fiscal italien pour au moins 4 années. Une rupture prématurée déclenche un remboursement de l'avantage avec majoration. La troisième condition est une qualification professionnelle : titulaire d'un diplôme universitaire de niveau master ou expérience équivalente, et exercice d'une activité hautement qualifiée ou spécialisée.

Ces conditions sont nettement plus strictes qu'avant 2024. Beaucoup de profils (vendeurs commerciaux, employés sans diplôme master, cadres juniors) ne sont plus éligibles, ce qui réoriente le régime vers les cadres dirigeants, ingénieurs, consultants seniors et chercheurs.

Plafond de 600 000 € de revenus

L'innovation majeure du régime 2024 est l'introduction d'un plafond annuel : seuls les premiers 600 000 € de revenus d'activité italiens bénéficient de l'exonération à 50 %. La fraction supérieure est imposée au barème classique IRPEF (jusqu'à 43 %) plus surtaxes régionales et communales.

Concrètement, pour un dirigeant rémunéré 1 million d'euros par an : 600 000 € sont exonérés à 50 % (donc imposés sur 300 000 €), et 400 000 € sont imposés intégralement. Le taux effectif global tourne autour de 36-38 %, contre ~26 % sous l'ancien régime à 70 %, mais reste très inférieur aux ~50 % qui s'appliqueraient en France à ce niveau.

Comparaison avec le régime impatriés français

La France dispose elle aussi d'un régime impatriés (article 155 B du CGI), souvent méconnu et pourtant intéressant pour les profils qui rentrent en France après une expatriation. Ses caractéristiques principales : exonération de la prime d'impatriation (montant négocié avec l'employeur, généralement 10 à 30 % du salaire), exonération de 50 % des revenus passifs étrangers (dividendes, intérêts), durée de 8 ans.

Voici les principales différences à retenir entre les deux régimes :

  • Durée : France 8 ans, Italie 5 ans (prolongeable 8 sous conditions)
  • Exonération salaire : France via prime d'impatriation négociée (variable), Italie 50 % flat sur le salaire (60 % avec enfant mineur)
  • Plafond : France pas de plafond strict mais limites pratiques, Italie 600 000 € de revenus annuels
  • Revenus passifs : France 50 % d'exonération sur dividendes, intérêts et plus-values étrangers, Italie aucun (revenus du capital au régime classique)
  • Conditions résidence préalable : France ne pas avoir été fiscalement français les 5 dernières années, Italie 3 ans (5 si même employeur)

Qui est gagnant à arbitrer Italie vs France

Pour un cadre français qui hésite entre rester à Paris et s'installer à Milan, le calcul reste massivement favorable à l'Italie pour les profils suivants. Salaires entre 80 000 et 600 000 € : l'exonération de 50 % italienne ramène le taux effectif IRPEF entre 12 et 22 %, contre 35-45 % en France à revenu équivalent. Gain net annuel typique : 20 000 à 80 000 €.

Pour les profils à très haut revenu (>1 M€/an), l'Italie propose en plus le régime forfaitaire annuel de 200 000 € (loi 232/2016 modifiée 2024 à 200 000 € contre 100 000 € auparavant) qui peut être combiné. Pour un dirigeant à 3 ou 5 M€/an avec patrimoine international structuré, l'écart franco-italien atteint des centaines de milliers d'euros par an.

À l'inverse, pour les salaires modestes (<50 000 €), le régime impatriati italien apporte peu de valeur ajoutée car le barème français reste relativement supportable à ce niveau. L'arbitrage Italie ou France ne se justifie plus sur les seuls critères fiscaux et redevient une question de mode de vie.

Régime forfaitaire 200 000 € : qui peut en bénéficier

Les nouveaux résidents italiens à hauts patrimoines peuvent opter pour le forfait annuel 200 000 € en remplacement de l'imposition mondiale sur les revenus étrangers, pendant 15 ans. Combinable avec impatriati sur les revenus italiens.

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À propos de l'auteur

Adam Delozanne

Passionné de voyages et de découvertes, Adam partage sur Expatrié.fr les ressources concrètes qui font vraiment la différence pour préparer une expatriation.

Questions fréquentes

Le régime impatriati à 70 % et 90 % est-il encore disponible ?

Non pour les nouveaux entrants à compter du 1er janvier 2024. Les bénéficiaires ayant établi leur résidence fiscale italienne avant cette date conservent leur taux historique (70 % ou 90 % au Sud) jusqu'à la fin de leur fenêtre initiale.

Combien de temps dure le nouveau régime impatriati ?

5 années fiscales à compter de l'année d'établissement de la résidence fiscale italienne. Une prolongation de 3 ans est possible sous conditions (achat immobilier en Italie, présence d'enfants mineurs), portant la durée maximale à 8 ans.

Faut-il avoir un emploi en Italie pour bénéficier du régime ?

Pas nécessairement. Le régime couvre les revenus salariés italiens, les revenus assimilés (mandataires sociaux), et les revenus d'activité indépendante exercée en Italie. Les pensions de retraite et les revenus du capital ne sont pas concernés.

Quel est l'avantage net réel pour un cadre rémunéré 150 000 €/an ?

Sur un brut italien de 150 000 €, l'exonération de 50 % ramène la base imposable à 75 000 €. Avec le barème IRPEF 2024-2026 (23-43 %), l'impôt italien tombe d'environ 56 000 € à 22 000 €, soit ~34 000 € d'économie annuelle pendant 5 ans.