🇦🇩 Fiscalité · Andorre
La fiscalité en Andorre pour un expatrié français
L'Andorre est l'une des fiscalités les plus douces d'Europe, mais l'image d'un paradis fiscal sans impôt est dépassée. Depuis 2015, le pays applique un impôt sur le revenu progressif plafonné à 10 %, une TVA dite IGI à 4,5 %, et a signé une convention fiscale complète avec la France. Le contexte 2026 est plus encadré que jamais, notamment depuis la loi de finances française 2025 qui renforce la primauté des conventions. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Convention France-Andorre 2013 : ce qu'elle change concrètement
La convention fiscale signée à Paris le 2 avril 2013 et entrée en vigueur le 1er juillet 2015 est l'élément structurant à connaître. Elle a mis fin à une longue période où l'Andorre, en l'absence de convention, exposait les résidents au risque de double imposition et d'opacité fiscale. Aujourd'hui, le texte suit le modèle OCDE et règle les principaux conflits de résidence par une cascade de critères : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, accord amiable en dernier recours. La convention est consultable au BOFIP sous la référence BOI-INT-CVB-AND.
Pour un Français qui transfère sa résidence en Andorre, la convention prévoit que les revenus du travail salarié sont imposables principalement dans l'État d'exercice. Les pensions privées suivent en règle générale l'État de résidence, tandis que les pensions publiques (fonctionnaires) restent imposables en France. Les dividendes, intérêts et redevances sont soumis à des retenues à la source plafonnées. Les revenus immobiliers d'un bien situé en France restent imposables en France, comme dans toutes les conventions OCDE.
La loi de finances française 2025 a renforcé la primauté des conventions sur le droit interne : la France ne peut plus, depuis cette réforme, mobiliser ses critères internes pour requalifier la résidence fiscale d'un contribuable que la convention attribue à l'autre État. C'est une sécurité juridique nouvelle pour les résidents andorrans, qui était jusqu'alors fragile face aux requalifications administratives.
Reste un point souvent mal compris : la convention ne fait pas tomber automatiquement la résidence française. Tant que les critères de l'article 4 B du CGI (foyer, séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques) sont remplis en France, l'administration française considère le contribuable comme résident et applique la convention pour départager. Le simple permis de résidence andorran n'éteint pas la résidence française : il faut que la situation réelle bascule.
IRPF, plus-values, transmissions : la fiscalité au quotidien
L'IRPF andorran reste l'un des plus doux d'Europe occidentale. La première tranche est à 0 % jusqu'à 24 000 euros de revenus annuels, ce qui exonère totalement les bas revenus. Entre 24 000 et 40 000 euros, le taux est de 5 %. Au-delà de 40 000 euros, le taux maximal est de 10 %. Sur un revenu salarial de 80 000 euros par an, l'impôt andorran représente ainsi environ 4 800 euros, contre un ordre de grandeur très supérieur en France selon la composition du foyer. Cet écart est l'un des moteurs historiques de l'attractivité fiscale du pays.
Les plus-values mobilières sont en principe imposées à 10 %, le taux maximum de l'IRPF, avec des exonérations importantes. Une cession d'une participation inférieure à 25 % du capital, détenue plus de 10 ans, est exonérée. Les cessions de faible montant sur l'année peuvent également échapper à l'imposition selon les seuils en vigueur, à vérifier au cas par cas. Les plus-values immobilières sont taxées par un impôt distinct, l'impost sobre les plusvàlues en les transmissions patrimonials immobiliàries, avec un taux dégressif qui démarre à 15 % la première année et tombe à zéro après 10 ans de détention, ce qui encourage la détention longue.
L'Andorre ne connaît ni impôt sur la fortune, ni droits de succession ou de donation en ligne directe. Les transmissions familiales se font sans imposition locale, et la résidence andorrane reste neutre patrimonialement à ce titre. Pour les patrimoines significatifs, ce facteur compte au moins autant que l'IRPF dans la décision d'expatriation. La TVA andorrane, appelée IGI, est de 4,5 % au taux normal, avec un super-réduit à 1 % sur les produits alimentaires de base, ce qui explique en partie le faible coût des courses alimentaires.
L'exit tax française reste une étape technique à anticiper. L'Andorre étant hors UE et hors EEE, le sursis automatique de paiement ne joue pas : il faut le demander expressément et fournir des garanties à hauteur de l'impôt dû. Pour les patrimoines mobiliers significatifs, cette étape se prépare avec un conseil au moins un à trois ans avant le départ, faute de quoi des montants importants peuvent devenir exigibles à la date de transfert.
Impôt sur le revenu en Andorre
Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF) progressif sur les revenus mondiaux des résidents fiscaux : 0 % jusqu'à 24 000 € de revenus annuels, 5 % entre 24 000 et 40 000 €, 10 % au-delà. Plafond effectif particulièrement faible par rapport à la France et à la plupart des pays européens.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 24 000 € | 0 % |
| 40 000 € | 5 % |
| Au-delà | 10 % |
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Andorre existe. Convention France-Andorre signée à Paris le 2 avril 2013, en vigueur depuis le 1er juillet 2015. Elle évite la double imposition, fixe les règles de résidence fiscale, répartit le droit d'imposer les salaires, pensions, dividendes, intérêts et revenus immobiliers, et organise l'échange de renseignements selon le standard OCDE.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Risque significativement réduit grâce à la convention fiscale de 2013, qui répartit les droits d'imposer selon le modèle OCDE. La loi de finances française 2025 a renforcé la primauté des conventions sur le droit interne français, ce qui sécurise davantage la position des résidents fiscaux andorrans. Les revenus de source française (loyers d'un bien situé en France notamment) restent imposables en France, avec mécanisme de crédit d'impôt côté andorran.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Plus-values mobilières imposées à 10 % (taux IRPF maximum). Exonération si la participation cédée représente moins de 25 % du capital de la société et a été détenue plus de 10 ans, ou si le montant total des cessions de l'année reste sous certains seuils.
- Plus-values immobilières
- Plus-values immobilières taxées par un impôt distinct (impost sobre les plusvàlues en les transmissions patrimonials immobiliàries) dont le taux est dégressif selon la durée de détention : 15 % la première année, taux réduits ensuite, exonération totale après 10 ans de détention.
- Impôt sur la fortune
- Aucun impôt sur la fortune en Andorre. Pas d'équivalent de l'IFI français, ni de surtaxe patrimoniale.
- Droits de succession
- Aucun droit de succession ni de donation entre conjoints et entre parents et descendants en Andorre. Les transmissions familiales se font sans imposition locale, ce qui est l'un des avantages patrimoniaux structurels du pays.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Andorre étant hors UE/EEE, le sursis automatique ne joue pas : il faut le demander expressément et constituer des garanties (nantissement de titres, caution bancaire) à hauteur de l'impôt dû. Sans garanties, l'exit tax est exigible immédiatement au départ.
Imposition de la pension de retraite
Convention de sécurité sociale France-Andorre en vigueur depuis 2003 : les périodes cotisées à la CASS et à la CNAV peuvent être totalisées pour l'ouverture des droits à pension dans chaque pays. Les pensions privées françaises versées à un résident fiscal andorran sont en règle générale imposables en Andorre selon la convention. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent en principe imposables en France.
Tout sur la retraite en AndorreQuestions fréquentes
Quel est le taux d'imposition sur le revenu en Andorre en 2026 ?
L'IRPF andorran est progressif : 0 % jusqu'à 24 000 € de revenus annuels, 5 % entre 24 000 et 40 000 €, 10 % au-delà. Le plafond effectif est ainsi l'un des plus bas d'Europe occidentale, mais ce n'est pas une fiscalité à zéro comme avant 2015.
La convention fiscale France-Andorre couvre-t-elle quels revenus ?
La convention signée en 2013 et en vigueur depuis 2015 couvre les revenus du travail salarié, les revenus d'activité indépendante, les pensions, les dividendes, intérêts, redevances et revenus immobiliers, ainsi que les plus-values. Elle organise les règles de résidence selon le modèle OCDE et élimine la double imposition par crédit d'impôt ou exemption selon les revenus.
Existe-t-il une convention de sécurité sociale France-Andorre ?
Oui, signée le 12 décembre 2000 et en vigueur depuis le 1er juin 2003. Elle prévoit la totalisation des périodes d'assurance pour la retraite et organise la coordination de la maladie, de la maternité, des accidents du travail et de l'invalidité. Texte officiel consultable sur cleiss.fr.
Peut-on conserver sa retraite française en s'installant en Andorre ?
Oui. Une pension française se perçoit sans difficulté en Andorre par virement bancaire, sous réserve de renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses françaises. Les pensions privées sont en règle générale imposables en Andorre selon la convention de 2013 ; les pensions publiques restent en principe imposables en France.
Est-il facile d'ouvrir un compte bancaire en Andorre ?
Le dossier est plus exigeant qu'en zone euro classique. Les banques andorranes (Andbank, Crèdit Andorrà, MoraBanc) appliquent un KYC strict avec justification de l'origine des fonds, de l'activité et de l'historique fiscal. Le délai d'ouverture varie de quelques jours à plusieurs semaines selon la qualité du dossier.
À titre indicatif. L'image d'Andorre comme paradis fiscal sans impôt n'est plus exacte depuis l'introduction de l'IRPF en 2015. Toute décision d'expatriation fiscale doit être validée par un fiscaliste maîtrisant à la fois le droit français et le droit andorran. Les sources retenues ici sont la convention France-Andorre (BOFIP : BOI-INT-CVB-AND), les communications de l'administration andorrane et les textes officiels du Govern d'Andorra. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
Passez à votre situation