🇦🇺 Fiscalité · Australie
La fiscalité en Australie pour un expatrié français
La fiscalité australienne est nettement plus simple qu'en France : barème progressif 0–45 % + Medicare levy de 2 %, sans charges sociales côté salarié (0 % contre 22 % en France). Sur un salaire de 80 000 A$/an, le net australien dépasse le net français équivalent de 15 à 25 %. Une convention bilatérale France-Australie en vigueur depuis 2009 évite la double imposition. Point critique à anticiper : aucune convention de totalisation des retraites avec la France, cotiser à la CFE est indispensable. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Résident vs non-résident et seuil d'exonération
L'Australie applique deux barèmes distincts selon le statut fiscal : le résident bénéficie d'un seuil d'exonération sur les premiers revenus, le non-résident est imposé plus lourdement dès le premier dollar. La résidence fiscale s'apprécie notamment au regard d'un séjour prolongé au même endroit.
Une convention fiscale franco-australienne évite la double imposition. S'y ajoute un accord de sécurité sociale qui organise certains droits, utile pour les carrières partagées.
Comme partout, se croire automatiquement non-résident français dès l'arrivée est une erreur tant que les critères français de résidence sont remplis. Une situation se valide avec un conseil.
Impôt sur le revenu en Australie
Barème progressif australien : 0 % jusqu'à A$18 200 (~11 030 €), puis 16 % à A$45 000, 30 % à A$135 000, 37 % à A$190 000, 45 % au-delà. S'ajoute une Medicare Levy de 2 % (taux réels : 18 %/32 %/39 %/47 %). Aucune charge sociale salariale côté employé en dehors de la Medicare Levy. Le superannuation (12 % du salaire brut depuis juillet 2025) est versé par l'employeur, distinct du salaire net.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 11 030 € | 0 % |
| 27 273 € | 18 % |
| 81 818 € | 32 % |
| 115 152 € | 39 % |
| Au-delà | 47 % |
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Australie existe. Convention France-Australie signée le 20 juin 2006, entrée en vigueur le 1er juin 2009. Elle répartit le droit d'imposition selon la résidence fiscale et la source des revenus. Les dividendes et intérêts de source française restent imposables en France (retenue à la source réduite), avec crédit d'impôt côté australien. Les plus-values immobilières sont imposables dans le pays où le bien est situé.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Risque faible grâce à la convention bilatérale 2006/2009. Principale zone de vigilance : les dividendes et loyers de source française qui restent imposables en France avec retenue à la source, puis donnent droit à un crédit d'impôt en Australie. Le risque de double imposition est minimal si la résidence fiscale australienne est établie.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Les plus-values sur actions sont incorporées aux revenus ordinaires avec une décote de 50 % si l'actif est détenu plus de 12 mois (résidents). Taux effectif maximal : 23,5 % (47 % × 50 %). Pour les non-résidents, pas de décote, taux plein.
- Plus-values immobilières
- Les plus-values immobilières australiennes sont imposées comme revenus avec décote de 50 % si détention > 12 mois. Les biens situés en France restent soumis à la fiscalité française, un crédit d'impôt évite la double imposition selon la convention.
- Impôt sur la fortune
- Aucun impôt sur la fortune en Australie. Pas de droits de succession au niveau fédéral depuis 1979. Certains États appliquent des droits de mutation (stamp duty) sur les transmissions immobilières.
- Droits de succession
- Pas de droits de succession fédéraux en Australie depuis 1979. Attention : les bénéficiaires non dépendants d'un super fund peuvent être imposés à 17 % sur la composante taxable du superannuation lors d'un décès. Les successions franco-australiennes peuvent rester soumises aux droits de succession français sur les actifs de source française.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique aux résidents français qui transfèrent leur domicile fiscal hors de France avec plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. L'Australie étant hors UE/EEE, aucun sursis automatique n'est accordé : une garantie auprès du Trésor est exigée. À anticiper 12 à 18 mois avant le départ.
Imposition de la pension de retraite
Aucune convention de totalisation de retraite France-Australie. Vos années de travail en Australie ne génèrent aucun trimestre pour votre retraite française, sauf si vous cotisez volontairement à la CFE. Le superannuation australien est un compte individuel récupérable (partiellement, via le DASP) lorsque vous quittez définitivement l'Australie.
Tout sur la retraite en AustralieQuestions fréquentes
Dois-je payer des impôts en France si je vis et travaille en Australie ?
Si vous avez transféré votre résidence fiscale en Australie, vous ne payez plus l'impôt sur le revenu en France, sauf sur vos revenus de source française (loyers, dividendes français). La convention bilatérale France-Australie de 2009 évite la double imposition. Veillez à couper les liens de domicile fiscal français (résidence principale, ne pas y passer plus de 183 jours) pour éviter d'être imposé dans les deux pays.
Ma retraite française est-elle préservée si je travaille en Australie ?
Non, pas automatiquement. Il n'existe aucune convention de totalisation des droits à la retraite entre la France et l'Australie. Vos années en Australie ne génèrent aucun trimestre français. La seule solution : cotiser volontairement à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger), environ 100-200 €/mois selon votre situation. C'est un point critique souvent ignoré des Français en Australie.
Puis-je récupérer mon superannuation quand je quitte l'Australie ?
Oui, via le DASP (Departing Australia Superannuation Payment), disponible après l'expiration ou l'annulation de votre visa. La procédure se fait en ligne sur ato.gov.au. Attention : le taux d'imposition est élevé, 65 % pour les titulaires de WHV, environ 35-45 % pour les autres visas temporaires. Si vos fonds sont importants et que vous approchez de 60 ans, évaluez si attendre la preservation age est plus rentable.
À titre indicatif. Informations indicatives au 14 mai 2026. La fiscalité australienne et son traitement des expatriés évoluent régulièrement. Consultez un tax accountant australien et un fiscaliste spécialisé Franco-Australie avant tout départ. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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