🇰🇭 Fiscalité · Cambodge

La fiscalité Cambodge pour un expatrié français

La fiscalité personnelle cambodgienne est parmi les plus simples et avantageuses d'Asie du Sud-Est : impôt sur le salaire progressif de 0 à 20 % (seuil maximum relativement bas), aucun impôt sur les plus-values mobilières, aucun impôt sur la fortune, aucun droit de succession. L'économie est largement dollarisée, salaires et loyers sont couramment négociés et payés en USD. Point critique : la France et le Cambodge ne disposent pas à ce jour de convention fiscale bilatérale (négociations en cours depuis fin 2023, « sur le point d'aboutir » selon le gouvernement français en février 2026). En l'absence de traité, le risque de double imposition doit être géré avec soin. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

Un point fiscal français spécifique et crucial

Le Cambodge applique un impôt sur le revenu progressif, modéré pour des pensions moyennes. Mais le sujet déterminant pour un retraité français est une particularité de la doctrine française, souvent ignorée.

Le Conseil d'État considère que lorsqu'une pension de retraite française constitue l'unique source de revenus d'une personne, celle-ci peut être regardée comme ayant conservé en France le centre de ses intérêts économiques, et donc comme restant fiscalement domiciliée en France. Autrement dit, partir vivre au Cambodge de sa seule pension française ne suffit pas mécaniquement à devenir non-résident fiscal français.

C'est un point spécifique et lourd de conséquences, à examiner impérativement avec son centre des impôts et un conseil avant le départ, pour éviter une mauvaise surprise sur l'imposition et les prélèvements sociaux.

Convention fiscale bilatérale

Pas de convention bilatérale France-Cambodge. Aucune convention fiscale bilatérale France-Cambodge en vigueur au 16 mai 2026. Des négociations ont officiellement débuté fin 2023 et seraient « sur le point d'aboutir » selon une réponse ministérielle française de février 2026. En l'absence de convention, un expatrié français au Cambodge peut être soumis à imposition dans les deux pays sur les mêmes revenus, la rupture effective et documentée de la résidence fiscale française est indispensable avant l'installation.

Risque de double imposition

Risque élevé en l'absence de convention fiscale. Un expatrié français au Cambodge peut être imposé par la France s'il n'a pas rompu effectivement et documentairement sa résidence fiscale française (critères CGI : foyer, séjour principal, activité, intérêts économiques). Si les 4 critères sont rompus, la France n'imposera que les revenus de source française (loyers, dividendes français, certaines plus-values). Le Cambodge imposera les revenus d'activité exercée au Cambodge selon le barème progressif. Point positif : le taux maximum cambodgien est de 20 %, nettement inférieur au TMI français qui peut atteindre 45 %.

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Aucune taxe spécifique sur les plus-values mobilières (actions, obligations, fonds) pour les particuliers résidents ou non-résidents. Les dividendes distribués par des sociétés cambodgiennes sont soumis à une retenue à la source de 14 %. Immobilier : Les plus-values immobilières réalisées lors de la vente d'un bien immobilier au Cambodge sont soumises au taux de 20 % pour les non-résidents et peuvent être incluses dans l'assiette de l'impôt sur le profit pour les entreprises. Pour les particuliers résidents, les transactions immobilières sont soumises à une taxe de transfert de 4 % et peuvent être taxées via le régime de l'impôt minimum. Note : les étrangers ne peuvent pas détenir de terrains en nom propre, les appartements en copropriété (strata title) sont possibles jusqu'au 8e étage. Aucun impôt sur la fortune au Cambodge. Aucune wealth tax ni annual net worth tax. Un impôt foncier (Annual Property Tax) de 0,1 % sur la valeur vénale des biens immobiliers au-dessus d'un abattement de 100 000 USD s'applique aux propriétaires. Aucun droit de succession au Cambodge. Les transferts d'actifs dans le cadre d'une succession ne génèrent pas d'imposition spécifique au niveau local. Attention : les héritages reçus de France par un résident français au Cambodge restent soumis aux droits de succession français selon les règles habituelles.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française (article 167 bis CGI) s'applique en cas de transfert du domicile fiscal hors de France si le contribuable détient des participations ≥ 800 000 € ou représentant ≥ 50 % d'une société. Le Cambodge étant hors UE/EEE, aucun sursis automatique sans garantie n'est accordé : paiement immédiat ou garantie bancaire exigée selon les modalités applicables. Prévoir ce point 6 à 12 mois avant le départ si vous détenez des participations significatives.

À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif au 16 mai 2026. La fiscalité cambodgienne et l'état des négociations de convention fiscale avec la France évoluent rapidement. Pour votre situation personnelle, consultez un fiscaliste spécialisé en mobilité internationale avant tout départ. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.