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🇨🇱 Retraite · Chili

Prendre sa retraite au Chili en tant que Français

Cette page réunit ce qui décide d'un projet de retraite au Chili : le versement de votre pension française, la fiscalité applicable, la coordination des droits et la couverture santé. Pour le cadre général commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la retraite à l'étranger.

Retraite au Chili : convention bilatérale et fenêtre d'exonération

Le Chili combine deux atouts pour la retraite. D'abord, une convention de sécurité sociale franco-chilienne en vigueur depuis le début des années 2000, qui prévoit la totalisation des périodes d'assurance vieillesse entre la France et le Chili. Pour un actif ayant cotisé dans les deux pays, les périodes s'additionnent pour l'ouverture des droits, ce qui protège les carrières partagées, contrairement aux destinations sans convention.

Ensuite, l'exonération des revenus de source étrangère pendant les trois à six premières années de résidence. Pour un retraité français qui s'installe au Chili, sa pension française, si elle n'est pas rapatriée au Chili, n'est pas imposée localement pendant cette fenêtre. C'est un avantage fiscal réel sur les premières années, à condition de bien organiser ses flux financiers entre la France et le Chili.

La sous-catégorie jubilados y rentistas facilite l'installation : il faut justifier d'une pension régulière et de ressources jugées suffisantes pour vivre, sans seuil chiffré dans les textes. Combiné au coût de la vie modéré (plus élevé qu'ailleurs en Amérique latine mais inférieur à la France) et à la qualité du système de santé privé, le Chili offre un cadre de retraite confortable, dans un environnement naturel remarquable. Le revers est un système de santé à deux vitesses, où le privé (ISAPRE) coûte cher et se durcit avec l'âge.

La pension française se perçoit sans difficulté au Chili, le pays n'ayant pas de contrôle des changes strict, sous réserve du certificat de vie annuel. Les points de vigilance sont la distance avec la France (vol long), l'exposition sismique et la hausse récente de la criminalité urbaine. Pour la santé, la convention couvre la retraite mais une couverture privée (ISAPRE ou assurance internationale), complétée éventuellement par la CFE, reste recommandée.

Convention de totalisation

Une convention existe : Une convention de sécurité sociale franco-chilienne est en vigueur (signée en 1999). Elle porte sur l'assurance vieillesse, l'invalidité et le décès, et prévoit la totalisation des périodes d'assurance entre la France (CNAV) et le Chili (système AFP) pour l'ouverture des droits à pension. C'est un atout par rapport aux destinations sans convention. Détails sur cleiss.fr.

Système de retraite local

Système de retraite chilien fondé sur la capitalisation individuelle obligatoire via les AFP (Administradoras de Fondos de Pensiones), modèle créé en 1981. Cotisation salarié d'environ 10 % du salaire vers un compte individuel, plus la cotisation santé. Une réforme des retraites a été engagée pour renforcer la composante solidaire. Les périodes peuvent être totalisées avec la France au titre de la convention bilatérale.

Impact fiscal sur la pension

Une convention de sécurité sociale franco-chilienne est en vigueur : elle prévoit la totalisation des périodes d'assurance vieillesse pour la retraite. Les périodes cotisées en France (CNAV) et au Chili (système AFP) peuvent être prises en compte pour l'ouverture des droits. Les pensions privées françaises versées à un résident fiscal chilien sont, pendant la période d'exonération, non imposées au Chili si non rapatriées ; au-delà, elles relèvent de la convention fiscale.

Attention à la nature de votre pension : les pensions privées sont en principe imposables dans l'État de résidence, les pensions publiques dans l'État qui les verse. Un ancien fonctionnaire reste donc le plus souvent imposé en France. Voir la règle en détail.

Titre de séjour du retraité

Visa de résidence temporaire Jubilado/Rentista (retraité ou rentier)

  • Percevoir une pension de retraite (Jubilado) ou des revenus réguliers tirés de biens immobiliers ou d'actifs financiers (Rentista)
  • Aucun montant minimum n'est fixé par les textes : la loi exige des ressources suffisantes pour couvrir au moins les besoins de base, appréciées par le Servicio Nacional de Migraciones selon les paramètres du ministère du Développement social
  • Certificat de pension précisant le montant et la période, ou justificatifs de propriété et de revenus locatifs ou financiers
  • Passeport valable au moins un an et casier judiciaire de moins de 60 jours
  • Demande à déposer depuis l'étranger sur le portail en ligne du Servicio Nacional de Migraciones

Couverture santé du retraité

La Caisse des Français de l'Étranger est pertinente ici, pour une cotisation indicative de 250 à 600 € par mois. Elle rembourse sur la base des tarifs français, ce qui suppose une complémentaire là où les soins coûtent plus cher qu'en France. Comprendre le mécanisme.

  • Maintien du rattachement à la Sécurité sociale française et couverture des soins en France
  • Complément utile à une couverture santé chilienne (ISAPRE) ou internationale
  • Pertinent pour les profils faisant des allers-retours avec la France
  • La convention bilatérale couvre la retraite, mais la CFE reste utile pour la maladie et le rattachement français

Préserver ses droits français

  • Profiter de la convention bilatérale : les périodes cotisées aux AFP sont totalisables avec la CNAV pour la retraite
  • Pendant la période d'exonération des revenus étrangers (3 à 6 ans), une pension française non rapatriée n'est pas imposée au Chili
  • Conserver le PEA, PER et assurance-vie en France, gérables à distance
  • Le visa Jubilado permet de s'installer sur la base d'une pension d'environ 1 000 USD/mois
  • Renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses françaises

Chômage et fin de carrière

Le Chili dispose d'une assurance chômage (Seguro de Cesantía) financée par des cotisations. Les droits Pôle Emploi français ne sont pas transférables vers le Chili via le formulaire U2, ce mécanisme étant réservé à l'UE. La convention bilatérale couvre principalement la retraite et l'invalidité.

Questions fréquentes

Comment fonctionne l'exonération fiscale des revenus étrangers au Chili ?

Un étranger nouvellement résident n'est imposé que sur ses revenus de source chilienne pendant ses trois premières années, exonération extensible à six ans sur demande auprès du SII. Pendant cette période, les revenus de source étrangère (pension, dividendes, loyers français) non rapatriés au Chili ne sont pas imposés localement. C'est l'un des avantages fiscaux les plus généreux au monde pour les expatriés.

Quel visa pour s'installer au Chili en tant que Français ?

Un visa de résidence temporaire, obligatoirement demandé depuis l'étranger depuis la réforme de 2021. Les retraités et rentiers relèvent de la sous-catégorie jubilados y rentistas, qui n'impose aucun montant chiffré : il faut prouver des ressources régulières suffisantes pour vivre, appréciées par le service des migrations. Le permis vaut deux ans au maximum, prorogeable de deux ans, et ouvre la résidence définitive après 24 mois.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale France-Chili ?

Oui. Une convention bilatérale est en vigueur depuis le début des années 2000. Elle couvre l'assurance vieillesse, l'invalidité et le décès, et prévoit la totalisation des périodes d'assurance entre la CNAV française et le système AFP chilien pour la retraite. C'est un atout face aux destinations sans convention.