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🇨🇳 Fiscalité · Chine

La fiscalité en Chine pour un expatrié français

La fiscalité chinoise des expatriés repose sur deux piliers à connaître absolument : la règle des six ans, qui détermine quand les revenus mondiaux deviennent imposables en Chine, et les avantages en nature exonérés (logement, scolarité, etc.) prolongés jusqu'au 31 décembre 2027. La convention fiscale France-Chine de 2013 encadre l'ensemble et évite la double imposition. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

La règle des six ans : le mécanisme central pour les expatriés

La règle des six ans est le concept fiscal le plus important à comprendre pour un Français en Chine. Un expatrié considéré comme non-domicilié en Chine n'est imposé sur ses revenus mondiaux qu'après six années consécutives de résidence fiscale, c'est-à-dire six années pendant lesquelles il a passé plus de 183 jours par an en Chine. Avant d'atteindre ce seuil, seuls ses revenus de source chinoise et les revenus étrangers payés ou supportés par une entité chinoise sont imposables en Chine.

Ce mécanisme offre une fenêtre d'optimisation importante. Tant que le compteur des six ans n'est pas atteint, les revenus de source étrangère non payés par une entité chinoise (dividendes français, loyers, revenus d'une activité hors Chine) échappent à l'IIT chinois. Le compteur peut par ailleurs être remis à zéro : une absence de plus de 30 jours consécutifs hors de Chine au cours d'une année interrompt la continuité et réinitialise le décompte. De nombreux expatriés organisent ainsi leur présence pour ne jamais basculer sur l'imposition mondiale.

L'impôt sur le revenu (IIT) est progressif de 3 % à 45 %, avec un abattement standard de 60 000 yuans par an, soit environ 7 800 euros. Le taux marginal de 45 % s'applique au-delà d'environ 960 000 yuans annuels (environ 125 000 euros). Le barème est appliqué sur une base annualisée pour les revenus du travail global, avec des prélèvements mensuels ajustés.

La convention France-Chine de 2013, en vigueur depuis 2015, encadre l'ensemble et évite la double imposition par la méthode du crédit d'impôt. Comme toujours, le visa et la résidence administrative ne suffisent pas à éteindre la résidence fiscale française : tant que les critères de l'article 4 B du CGI sont remplis en France, l'administration française peut maintenir l'imposition mondiale, et c'est la convention qui départage.

Avantages en nature exonérés jusqu'en 2027 : un levier majeur

Le second pilier de la fiscalité expatriée chinoise est le régime des avantages en nature exonérés. Les expatriés non-domiciliés résidant plus de 183 jours par an peuvent bénéficier de l'exonération d'IIT sur huit catégories d'avantages versés par l'employeur : loyer du logement, frais de scolarité des enfants, frais de formation linguistique, frais de repas, frais de blanchisserie, frais de déménagement, frais de voyages d'affaires, et frais de voyage retour au pays d'origine (home leave, jusqu'à deux voyages par an).

Ce dispositif, qui devait expirer fin 2023, a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par une annonce conjointe du ministère du Commerce et de la State Taxation Administration. C'est un avantage substantiel : pour un cadre expatrié dont l'employeur prend en charge le logement et la scolarité des enfants dans un lycée international (souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros par an), l'exonération réduit fortement l'assiette imposable.

La contrepartie est documentaire et plafonnée. Chaque avantage doit correspondre à une dépense réelle, justifiée par une facture (fapiao) ou un justificatif de paiement, et d'un montant jugé raisonnable par l'administration. En pratique, une proportion inférieure à 30 à 35 % du salaire mensuel est considérée comme raisonnable pour ces avantages cumulés. Une structuration soignée du package de rémunération, négociée avec l'employeur, est donc déterminante pour optimiser la fiscalité.

Ce régime renforce l'attractivité de la Chine pour les cadres en mission, mais il est temporaire : son maintien au-delà de 2027 n'est pas garanti et dépendra des arbitrages du gouvernement chinois. Tout projet d'expatriation de moyen terme doit intégrer l'hypothèse d'une fin du dispositif, qui ferait nettement remonter l'imposition effective des packages expatriés.

Impôt sur le revenu en Chine

Impôt sur le revenu des personnes physiques (IIT) progressif de 3 % à 45 % sur les revenus du travail. Abattement standard de 60 000 CNY par an (environ 7 800 €). Règle des six ans : un expatrié non-domicilié n'est imposé sur ses revenus mondiaux qu'après six années consécutives de résidence fiscale (plus de 183 jours par an). Avant ce seuil, seuls les revenus de source chinoise et les revenus étrangers payés par une entité chinoise sont imposés.

Barème de l'impôt sur le revenu en Chine
Revenu annuel jusqu'àTaux
4 700 €3 %
18 700 €10 %
39 000 €20 %
54 600 €25 %
85 800 €30 %
124 800 €35 %
Au-delà45 %

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Chine existe. Convention fiscale France-Chine signée à Pékin le 26 novembre 2013, en vigueur depuis le 28 décembre 2014 et applicable au 1er janvier 2015 (elle remplace la convention de 1984). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE et organise les règles de résidence, l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts, redevances et plus-values.

Lire le texte officiel de la convention

Risque de double imposition

Risque encadré par la convention de 2013. Méthode retenue : crédit d'impôt côté français, l'impôt chinois payé sur les revenus de source chinoise donne droit à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français correspondant. Les revenus de source française (loyers, plus-values immobilières françaises) restent imposables en France selon la convention.

Plus-values et patrimoine

Plus-values mobilières
Plus-values mobilières imposées à 20 % en règle générale pour les résidents fiscaux. Exonération sur les plus-values d'actions cotées aux bourses chinoises (Shanghai, Shenzhen) sous conditions, dans le cadre de mesures de soutien aux marchés.
Plus-values immobilières
Plus-values immobilières imposées soit à 20 % de la plus-value nette, soit à 1 à 2 % du prix de cession selon la documentation disponible. La propriété immobilière par les étrangers est encadrée : en général un seul bien à usage de résidence, après une période de résidence.
Impôt sur la fortune
Pas d'impôt sur la fortune en Chine au sens de l'IFI français. Aucune taxe annuelle généralisée sur le patrimoine, même si des taxes immobilières locales pilotes existent dans certaines villes (Shanghai, Chongqing).
Droits de succession
Pas de droits de succession en Chine à ce jour. Le pays n'a pas instauré d'impôt sur les successions, ce qui constitue un avantage patrimonial, à nuancer par la complexité de transférer des actifs hors de Chine en raison du contrôle des changes.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. La Chine étant hors UE et hors EEE, le sursis automatique ne joue pas : il faut le demander expressément et constituer des garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur de l'impôt dû. Sans garanties, l'exit tax est exigible immédiatement au départ.

Imposition de la pension de retraite

Un accord de sécurité sociale France-Chine existe (signé en 2016, en vigueur depuis 2017) mais il vise principalement l'exemption de double cotisation pour les travailleurs détachés sur l'assurance vieillesse de base et l'assurance chômage. Ce n'est pas une convention de totalisation des trimestres : les périodes cotisées en Chine ne s'additionnent pas avec les trimestres CNAV pour le calcul de la retraite française. La cotisation à la CFE reste donc recommandée pour préserver les droits retraite.

Tout sur la retraite en Chine

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la règle des six ans en Chine ?

Un expatrié non-domicilié en Chine n'est imposé sur ses revenus mondiaux qu'après six années consécutives de résidence fiscale (plus de 183 jours par an). Avant, seuls les revenus de source chinoise et les revenus étrangers payés par une entité chinoise sont imposés. Une absence de plus de 30 jours consécutifs au cours d'une année réinitialise le compteur.

Les avantages en nature des expatriés sont-ils toujours exonérés d'impôt ?

Oui, jusqu'au 31 décembre 2027. Huit catégories d'avantages versés par l'employeur (logement, scolarité des enfants, formation linguistique, repas, blanchisserie, déménagement, voyages d'affaires, voyage retour au pays) sont exonérées d'IIT pour les non-domiciliés résidant plus de 183 jours par an, sous réserve de justificatifs et d'un montant raisonnable.

Peut-on rapatrier facilement son épargne depuis la Chine ?

Non, c'est encadré. Le contrôle des changes limite la conversion de devises à environ 50 000 USD par personne et par an, avec justification stricte. C'est l'une des contraintes majeures de l'expatriation en Chine, souvent plus structurante que le niveau d'imposition. Anticiper la remontée régulière des fonds est essentiel.

À titre indicatif. La fiscalité chinoise des étrangers est technique et évolue (la prolongation des avantages exonérés jusqu'en 2027 en est un exemple). Le contrôle des changes complique par ailleurs la sortie de capitaux. Toute décision doit être validée par un fiscaliste maîtrisant le droit chinois (State Taxation Administration) et le droit français. Sources retenues : BOFIP BOI-INT-CVB-CHN, State Taxation Administration, China Briefing, CLEISS. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.