🇰🇷 Retraite · Corée du Sud
Prendre sa retraite en Corée du Sud en tant que Français
Cette page réunit ce qui décide d'un projet de retraite en Corée du Sud : le versement de votre pension française, la fiscalité applicable, la coordination des droits et la couverture santé. Pour le cadre général commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la retraite à l'étranger.
Retraite en Corée du Sud : peu adaptée
La Corée du Sud n'offre pas de visa retraite dédié et son immigration est orientée travail. Une pension française se perçoit en y résidant avec le certificat de vie annuel, un accord de sécurité sociale encadrant certains droits.
La barrière de la langue, le coût du logement à Séoul et l'absence de cadre retraite rendent le projet peu pertinent hors attache familiale forte.
Le poste santé, sans équivalent du formulaire S1, repose sur l'assurance nationale une fois résident ou une assurance internationale. C'est avant tout une destination d'expatriation professionnelle.
Convention de totalisation
Une convention existe : Convention de sécurité sociale France-Corée du Sud signée le 6 décembre 2004, en vigueur depuis le 1er juin 2007. Elle permet la totalisation des périodes cotisées dans les deux pays pour l'ouverture du droit à pension (branche vieillesse). Les années cotisées au National Pension Service (NPS) coréen sont comptabilisées avec les trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture. Les pensions sont ensuite calculées et versées séparément par chaque pays, au prorata des seules périodes nationales. Particularité : les ressortissants étrangers quittant définitivement la Corée peuvent demander un remboursement en capital (lump-sum refund) de leurs cotisations NPS, ce qui annule les droits à pension coréens mais permet de récupérer les sommes versées.
Système de retraite local
Le National Pension Service (NPS, 국민연금) est obligatoire pour tous les résidents étrangers légaux âgés de 18 à 59 ans. Cotisation de 9 % du salaire brut (partagée moitié-moitié entre salarié et employeur pour les salariés). Droit à pension ouvert après 10 ans de cotisation, seuil atteignable par totalisation avec la France. Les indépendants cotisent à 9 % de leur assiette déclarée.
Impact fiscal sur la pension
Une convention de sécurité sociale France-Corée du Sud est en vigueur depuis le 1er juin 2007. Elle couvre les branches maladie et retraite et permet la totalisation des trimestres cotisés dans les deux pays. Les cotisations versées au Système National de Retraite coréen (NPS, National Pension Service) peuvent être prises en compte pour l'ouverture des droits en France, et vice versa.
Attention à la nature de votre pension : les pensions privées sont en principe imposables dans l'État de résidence, les pensions publiques dans l'État qui les verse. Un ancien fonctionnaire reste donc le plus souvent imposé en France. Voir la règle en détail.
Titre de séjour du retraité
Résidence F-1 (Regroupement familial) ou F-2 par points
- Aucun visa retraité dédié n'existe en Corée du Sud
- F-1 : avoir un conjoint ou un enfant de nationalité coréenne ou résident permanent
- F-2 par points : score de 80 points sur la grille (diplôme, revenus, investissement, maîtrise du coréen, âge)
- Revenus prouvés stables (pension, rentes) : minimum ₩1 500 000/mois (~1 015 €)
- Programme alternatif : maintenir un visa de longue durée renouvelable (ex. D-10 recherche d'emploi) ou touristique séjourné par visa-runs
Couverture santé du retraité
La Caisse des Français de l'Étranger est pertinente ici, pour une cotisation indicative de 80 à 280 € par mois. Elle rembourse sur la base des tarifs français, ce qui suppose une complémentaire là où les soins coûtent plus cher qu'en France. Comprendre le mécanisme.
- Maintien d'un lien direct avec la Sécurité sociale française
- Validation optionnelle de trimestres retraite supplémentaires
- Couverture complémentaire pour les soins en France lors des retours
- Remboursements partiels si soins effectués en France
Préserver ses droits français
- S'affilier au NPS dès l'obtention de l'ARC pour cumuler des trimestres totalisables avec la France
- Envisager la CFE pour maintenir une couverture retraite française pendant l'expatriation
- Conserver son PEA et son assurance-vie en France, pas d'obligation de les clôturer
- À la fin de l'expatriation : évaluer le choix entre remboursement lump-sum NPS (récupération immédiate des cotisations) et maintien des droits à pension coréenne (pension viagère mais soumise aux conditions NPS)
Chômage et fin de carrière
L'assurance emploi coréenne (Employment Insurance) couvre les salariés en cas de licenciement involontaire (indemnité de ~60 % du salaire pendant 4 à 9 mois). Les droits Pôle Emploi français sont suspendus pendant l'expatriation et ne reprennent qu'à votre retour en France si vous avez travaillé en Corée (et non en France) au cours des 24 derniers mois.
Questions fréquentes
Quel visa faut-il pour s'installer en Corée du Sud en tant que Français ?
Il n'existe pas de visa universel : le E-7 pour les salariés avec offre d'emploi coréenne, le F-1-D Digital Nomad (depuis 2024) pour les télétravailleurs avec revenus ≥ 59 500 €/an, le D-8 pour les entrepreneurs, et le PVT pour les moins de 30 ans. Il n'existe pas de visa retraité dédié, les retraités sans lien familial coréen ont des options très limitées.
La retraite française est-elle préservée si l'on travaille en Corée du Sud ?
Oui, grâce à la convention de sécurité sociale France-Corée du Sud en vigueur depuis juin 2007. Vos années cotisées au NPS coréen peuvent être totalisées avec vos trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits. La pension est ensuite calculée séparément par chaque pays. Particularité coréenne : vous pouvez aussi demander un remboursement en capital de vos cotisations NPS à votre départ, ce qui est avantageux si vous avez cotisé peu d'années.
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