🇩🇰 Fiscalité · Danemark
La fiscalité Danemark pour un expatrié français
Le Danemark assume un contrat social clair : des impôts parmi les plus élevés du monde, en échange de services publics, d'une éducation et d'une santé gratuits de très haut niveau. Le taux marginal supérieur atteint environ 55,9 % en 2025. Point majeur pour les Français : après quatorze ans sans accord, une nouvelle convention fiscale franco-danoise s'applique depuis fin 2023, ce qui met fin à l'insécurité qui pesait notamment sur les retraités. Le régime des chercheurs à 27 % constitue la principale voie d'allègement pour les hauts revenus. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
La fin de quatorze ans sans convention fiscale
De 2009 à 2023, la France et le Danemark n'étaient liés par aucune convention fiscale. Le Danemark avait dénoncé la convention de 1957, qui a cessé de s'appliquer le 1er janvier 2009, principalement à cause du traitement des pensions : Copenhague voulait pouvoir imposer les pensions versées à ses retraités installés en France. Pendant ces quatorze ans, les Français au Danemark et les Danois en France ont vécu dans une insécurité fiscale réelle, avec un risque de double imposition mal maîtrisé.
La nouvelle convention, signée le 4 février 2022, est entrée en vigueur le 29 décembre 2023 et s'applique depuis le 1er janvier 2024. Elle est publiée au BOFIP sous la référence BOI-INT-CVB-DNK et par le décret n° 2024-13 du 5 janvier 2024. Elle rétablit un cadre clair pour les salaires, les dividendes, l'immobilier et surtout les pensions.
Le mécanisme retenu pour les pensions privées est un crédit d'impôt inversé : l'État de résidence impose, mais l'État de la source conserve un droit d'imposition, le trop-perçu étant neutralisé par un crédit. Concrètement, un retraité français au Danemark doit vérifier précisément, article par article, quel État impose sa pension et comment la double imposition est éliminée. C'est le point le plus technique et le plus sensible de la convention.
Comprendre une fiche de paie danoise
Un salarié danois voit son brut amputé d'abord de 8 % de cotisation marché du travail (AM-bidrag), prélevée avant tout calcul d'impôt. Sur le reste s'appliquent l'impôt communal, en moyenne autour de 25 % mais variable selon la commune, un impôt d'État de base, puis un impôt d'État supérieur de 15 % au-delà d'environ 611 800 DKK de revenu personnel en 2025. Le tout est plafonné par un taux marginal maximal d'environ 55,9 %.
En apparence, la ponction est brutale. En pratique, elle finance la gratuité de la santé, de l'université, des crèches largement subventionnées et un filet social dense, ce qui change le calcul du reste à vivre par rapport à un pays à basse fiscalité mais à dépenses privées élevées. Les Danois raisonnent en coût complet, pas en taux d'imposition brut.
Pour un Français, deux repères comptent. D'abord la carte fiscale (forskudsopgørelse) que SKAT établit en début d'année et qui fixe les prélèvements à la source. Ensuite l'avis annuel (årsopgørelse), qui régularise et rembourse souvent un trop-payé. Se connecter à skat.dk avec MitID et vérifier sa carte fiscale dès l'arrivée évite les mauvaises surprises.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Danemark existe. Convention fiscale France-Danemark signée à Paris le 4 février 2022, entrée en vigueur le 29 décembre 2023 et applicable depuis le 1er janvier 2024 (BOFIP : BOI-INT-CVB-DNK ; décret n° 2024-13 du 5 janvier 2024). Elle remplace un vide de quatorze ans : le Danemark avait dénoncé la convention de 1957, qui a cessé de s'appliquer le 1er janvier 2009. Sur les pensions privées (article 17), l'imposition revient en principe à l'État de résidence, mais l'État de la source peut aussi imposer, avec un mécanisme de crédit d'impôt inversé pour éliminer la double imposition.
Risque de double imposition
Le risque de double imposition, longtemps aigu pendant la période 2009-2023 sans convention, est désormais encadré par la convention de 2022. Les pensions privées relèvent d'un mécanisme de crédit d'impôt inversé (article 17) qui peut laisser une imposition dans l'État de la source. Les successions, elles, restent hors convention : c'est le principal angle mort à traiter en amont.
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Les revenus d'actions (dividendes et plus-values, aktieindkomst) sont imposés à 27 % jusqu'à un seuil annuel d'environ 63 300 DKK par personne en 2025, puis à 42 % au-delà. Les intérêts et gains sur d'autres placements relèvent du revenu du capital, à un barème distinct. Un résident fiscal danois est imposé sur ses revenus mondiaux, la convention réglant la répartition avec la France. Immobilier : La plus-value sur la résidence principale est en général exonérée au Danemark grâce à la règle dite parcelhusreglen, sous conditions d'usage effectif. Les autres biens immobiliers sont taxables. Un résident danois conservant un bien en France reste, lui, dans le champ de l'impôt français sur les plus-values immobilières françaises, la convention attribuant l'immobilier à l'État de situation. Le Danemark n'a pas d'impôt sur la fortune : il a été supprimé en 1997. En revanche, une taxe sur la valeur des biens immobiliers (ejendomsværdiskat) et une taxe foncière (grundskyld) pèsent sur les propriétaires, avec une réforme des valeurs cadastrales entrée en application ces dernières années. Un résident danois propriétaire en France reste par ailleurs redevable de l'IFI français si son immobilier français dépasse 1,3 million d'euros. Droits de succession danois (boafgift) de 15 % sur la part transmise aux proches (enfants, petits-enfants, parents, concubin de plus de deux ans), après un abattement d'environ 333 100 DKK en 2025. Le conjoint survivant est exonéré. Pour les autres héritiers, une surtaxe de 25 % s'ajoute, portant le taux effectif à 36,25 %. Attention : la convention fiscale de 2022 ne couvre pas les successions, il n'existe pas de convention franco-danoise sur les droits de succession, d'où un vrai risque de double imposition à anticiper avec un notaire.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française (article 167 bis du CGI) peut s'appliquer à un résident français qui transfère son domicile fiscal au Danemark, sur les plus-values latentes de ses participations lorsque leur valeur dépasse les seuils légaux (de l'ordre de 800 000 € ou 50 % des bénéfices d'une société). Un sursis de paiement est prévu au sein de l'UE, ce qui est le cas pour le Danemark. Le Danemark applique par ailleurs sa propre taxation de sortie sur les actions pour ceux qui quittent le pays.
À titre indicatif. Ces informations sont indicatives et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Le barème danois combine impôt d'État et impôt communal variable selon la commune, et la convention de 2022 doit être lue au cas par cas. Sources : convention fiscale France-Danemark (BOFIP BOI-INT-CVB-DNK, décret 2024-13), administration fiscale danoise (skat.dk), CLEISS. Pour toute décision, consulter un fiscaliste maîtrisant le droit franco-danois. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
Passez à votre situation