🇮🇹 Fiscalité · Italie

La fiscalité Italie pour un expatrié français

L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) italienne est progressive de 23 % à 43 % sur 3 tranches depuis la loi de finances 2026. Ces taux sont proches des barèmes français, l'Italie ne se distingue pas fiscalement pour les revenus ordinaires. Son attractivité provient de trois régimes dérogatoires puissants : le régime des impatriés (50 % d'exonération pour les actifs qualifiés), le régime 7 % pour les retraités étrangers dans le Sud, et la flat tax HNWI (300 000 € forfaitaires). Une convention fiscale bilatérale France-Italie est en vigueur depuis 1958. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

La flat tax 7 % pour retraités : le dispositif phare

L'Italie offre l'un des régimes les plus attractifs d'Europe pour les retraités étrangers : une imposition forfaitaire de 7 % sur l'ensemble des revenus de source étrangère, pensions comprises, mais aussi dividendes et plus-values, pendant dix années consécutives.

La condition centrale, et la plus contraignante, est géographique : il faut transférer sa résidence dans une commune du Sud ou de certaines zones du Centre dont la population est inférieure à un certain seuil, relevé en 2026 à 30 000 habitants, ce qui a ouvert le dispositif à des villes moyennes mieux équipées. Il faut aussi ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des cinq dernières années et percevoir une pension d'un État ayant une coopération fiscale avec l'Italie, ce qui est le cas de la France.

Pour les profils fortunés non retraités, un régime distinct de flat tax forfaitaire existe, dont le montant a été porté à 300 000 euros par an pour les nouvelles résidences à compter du 1er janvier 2026. Les actifs qualifiés peuvent par ailleurs relever du régime des impatriés.

La convention fiscale franco-italienne précise la répartition. Les pensions publiques françaises de la fonction publique restent en principe imposables en France et n'entrent donc pas dans la base du 7 %, contrairement aux pensions privées. Ce point conditionne tout l'intérêt du régime pour un profil donné et doit être vérifié au cas par cas.

IRPEF, surtaxes locales et points de vigilance

Hors régime spécial, l'impôt sur le revenu italien (IRPEF) est progressif, autour de 23 % à 43 %, auquel s'ajoutent des surtaxes régionales et communales qui varient selon le lieu de résidence. Deux foyers au même revenu peuvent donc payer des montants différents selon la région.

Le régime 7 % ne se déclenche pas automatiquement : il faut résider effectivement dans une commune éligible, ce qui implique un vrai choix de cadre de vie et non une domiciliation de façade. Une installation dans une grande ville exclut le dispositif.

Comme partout, se croire non-résident français dès l'arrivée est une erreur tant que les critères français de résidence sont remplis. Ces éléments donnent le cadre ; une situation précise se valide avec un conseil des deux côtés.

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Italie existe. Convention France-Italie sur les impôts sur le revenu et sur la fortune, signée le 29 octobre 1958 (avenants ultérieurs). L'élimination de la double imposition s'effectue par crédit d'impôt : l'impôt payé en Italie est imputable sur l'impôt français résiduel, sans le dépasser. Les pensions publiques françaises (fonctionnaires de l'État) restent exclusivement imposables en France. Les pensions privées sont imposables en Italie une fois la résidence fiscale transférée. L'Italie étant dans l'UE, les règlements européens complètent la convention sur les points non couverts.

Risque de double imposition

Risque faible grâce à la convention de 1958 et aux règlements UE. Principaux points de vigilance : (1) l'inscription à l'Anagrafe italienne vous rend résident fiscal en Italie à partir du 1er janvier de l'année d'inscription si vous étiez inscrit avant le 1er juillet (ou à partir du 1er janvier suivant si après le 1er juillet), anticipez la date d'inscription. (2) Si vous maintenez un logement permanent en France, le foyer fiscal pourrait être contesté. (3) Les revenus de source française (loyers, dividendes) continuent à être imposables en France avec crédit d'impôt en Italie.

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Les plus-values sur cession de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de fonds) sont soumises à une imposta sostitutiva de 26 %, taux applicable depuis 2020. Les titres d'État (BTP, OAT français détenus en Italie) bénéficient d'un taux réduit de 12,5 %. Aucune exonération après une durée minimale de détention pour les valeurs mobilières. Immobilier : Les plus-values immobilières réalisées sur des biens détenus moins de 5 ans sont soumises à une imposta sostitutiva de 26 %. Au-delà de 5 ans de détention : exonération totale. Exception : la résidence principale (prima casa) est exonérée de toute taxe sur la plus-value quelle que soit la durée de détention. Les non-résidents cédant un bien immobilier italien sont également soumis à une retenue à la source de 26 %. Pas d'impôt sur la fortune au sens français en Italie. En revanche : (1) IMU (Imposta Municipale Unica) sur les résidences secondaires et les biens immobiliers non-habitation principale : entre 0,1 % et 1,06 % de la valeur cadastrale selon les communes, la résidence principale est exonérée. (2) IVAFE : 0,2 %/an sur les actifs financiers détenus à l'étranger par les résidents fiscaux italiens (comptes bancaires, actions, obligations étrangères). (3) IVIE : 0,76 %/an sur les biens immobiliers situés hors d'Italie détenus par des résidents fiscaux italiens. Droits de succession en Italie : 4 % sur la part dépassant 1 000 000 € par héritier en ligne directe (conjoint, enfants), abattement le plus généreux d'Europe. Collatéraux (frères, sœurs) : 6 % sans abattement. Autres héritiers : 8 % sans abattement. Les biens immobiliers sont également soumis à l'impôt cadastral (1 %) et à l'impôt hypothécaire (2 %), voire aux tarifs réduits pour la prima casa (50 €).

Exit tax au départ de France

L'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique en cas de transfert de résidence fiscale hors France en détenant plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % du capital d'une société. Avantage décisif : l'Italie étant membre de l'UE, le départ vers l'Italie bénéficie d'un sursis automatique de l'exit tax sans garantie ni sûreté exigée. La plus-value latente est figée à la date du départ mais le paiement n'intervient que lors de la cession effective des titres, ce qui peut être très longtemps après le départ.

À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif au 16 mai 2026. La loi de finances italienne 2026 a modifié le barème IRPEF (deuxième tranche à 33 %), le seuil des communes éligibles au régime 7 % (porté à 30 000 habitants) et le montant de la flat tax HNWI (300 000 €). Pour votre situation personnelle, consultez un commercialista (expert-comptable italien) ou un avocat fiscaliste spécialisé en mobilité internationale franco-italienne. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.