Partir en Italie : pour qui, avantages et inconvénients
L'Italie attire pour des raisons de cadre de vie, mais la décision se joue sur un autre terrain : le pays est coupé en deux économiquement, et il compense la faiblesse de ses salaires par des régimes fiscaux dérogatoires parmi les plus agressifs d'Europe. Savoir lequel vous concerne change tout.
Ça marche bien pour
- Vous êtes cadre qualifié et transférez votre résidence : le régime des impatriés exonère la moitié des revenus du travail, sous conditions de qualification et d'engagement de durée.
- Vous êtes retraité étranger et acceptez de vous installer dans le Sud : le régime à 7 % vise les communes éligibles, dont le seuil a été porté à 30 000 habitants.
- Vous visez le Nord pour travailler : la Lombardie affiche 2,8 % de chômage en 2025 et la province de Bolzano 1,7 %, des niveaux de plein emploi.
- Vous voulez rester dans l'Union européenne : aucun visa, une simple inscription à l'Anagrafe de votre commune au-delà de trois mois.
- Vous disposez d'un patrimoine international important : la flat tax des neo residenti plafonne l'impôt sur les revenus étrangers à un forfait annuel.
À réfléchir à deux fois si
- Vous comptez sur un salaire italien moyen : le revenu annuel net d'un célibataire au salaire moyen s'établit à 27 788 € en 2025, contre 32 346 € en France.
- Vous cherchez du travail dans le Sud : la Campanie affiche 14,0 % de chômage et la Sicile 12,2 % en 2025, contre 2,8 % en Lombardie.
- Vous voulez Milan pour son marché du travail mais un loyer du Sud : c'est la ville la plus chère du pays en logement, et de loin.
- Votre patrimoine est modeste et vous visez la flat tax : elle coûte 300 000 € par an depuis le 1er janvier 2026, plus 50 000 € par membre de la famille rattaché.
- Vous voulez une administration rapide : codice fiscale, inscription à l'Anagrafe, tessera sanitaria, chaque guichet a son rythme et ses horaires.
Les avantages
Trois régimes fiscaux dérogatoires, selon le profil
50 % d'exonération pour les impatriés qualifiés, 7 % forfaitaires pour les retraités étrangers dans les communes éligibles du Sud, et le régime des neo residenti pour les patrimoines internationaux. Aucun autre grand pays européen n'offre cet éventail.
Un Nord en plein emploi
2,8 % de chômage en Lombardie, 3,4 % en Vénétie, 4,0 % en Émilie-Romagne et 1,7 % dans la province de Bolzano en 2025. Ces chiffres n'ont rien à voir avec la moyenne nationale de 5,8 %.
Aucune démarche d'immigration
Libre circulation européenne, inscription à l'Anagrafe de la commune au-delà de trois mois, puis codice fiscale et tessera sanitaria pour accéder au service sanitaire national.
Un coût du logement très variable
Milan se situe au niveau des grandes capitales européennes, mais Naples, Turin ou les villes moyennes restent nettement sous les prix français à surface comparable.
La proximité et la culture partagée
Une à deux heures de vol, aucun décalage horaire, une langue accessible à un francophone, et 35 432 Français inscrits au registre consulaire en 2025.
Les inconvénients
Une fracture territoriale de onze points
14,0 % de chômage en Campanie contre 2,8 % en Lombardie en 2025. Choisir une région italienne, c'est choisir un marché du travail, pas seulement un climat.
Des salaires inférieurs à la France
40 056 € de revenu brut annuel moyen contre 44 400 € en France en 2025, et 27 788 € nets contre 32 346 €. Le coût de la vie compense en partie, mais pas à Milan.
Des régimes fiscaux à conditions strictes
Le régime des impatriés impose une qualification, une période de non-résidence préalable et un engagement de rester. Le régime à 7 % suppose de résider dans une commune éligible du Sud, pas simplement d'être retraité en Italie.
Un service de santé inégal selon les régions
Le système est régionalisé : la qualité et les délais varient fortement entre le Nord et le Sud, ce qui recoupe précisément l'arbitrage fiscal des retraités.
Une administration lente et formaliste
Les démarches se font en personne, souvent sur rendez-vous, et une pièce manquante fait recommencer. Prévoyez plusieurs semaines pour être en règle après l'arrivée.
SourcesEurostat, taux de chômage harmonisé, juillet 2026Eurostat, chômage régional des 20-64 ans, 2025Eurostat, revenus annuels nets et bruts d'un célibataire sans enfant au salaire moyen, 2025Agenzia delle Entrate, régime optionnel des neo residentiAgenzia delle Entrate, avantages pour ceux qui transfèrent leur résidence en ItalieMinistère de l'Europe et des Affaires étrangères, registre des Français établis hors de France, 2025
Les étapes pour s'installer en Italie, dans l'ordre
En Italie, tout démarre par le codice fiscale : sans ce numéro, ni bail, ni contrat de travail, ni compte bancaire. L'ordre des démarches compte plus que leur difficulté.
4 à 6 mois avant
Choisir la région en fonction du projet
Travailler oriente vers le Nord, où le chômage est au plancher. Vivre d'une pension étrangère peut au contraire orienter vers une commune éligible du Sud, où le régime à 7 % s'applique. Ces deux logiques mènent à des endroits opposés.
3 mois avant
Vérifier votre éligibilité aux régimes fiscaux
Impatriés, retraités du Sud ou neo residenti : les conditions portent sur la période de non-résidence antérieure, la qualification, la commune de résidence et la durée d'engagement. Elles se vérifient avant le déménagement, pas après.
2 mois avant
Obtenir le codice fiscale
Il se demande auprès de l'Agenzia delle Entrate, ou depuis la France via le consulat d'Italie. Il conditionne le bail, le compte bancaire, le contrat de téléphone et l'embauche.
1 mois avant
Clore le dossier français
Déclaration de changement d'adresse aux impôts, résiliations, inscription au registre des Français établis hors de France, et demande du formulaire S1 si vous êtes retraité.
Première semaine
Logement et bail enregistré
Exigez un contrat enregistré auprès de l'Agenzia delle Entrate : c'est lui qui vous permettra de justifier votre résidence. Les cautions courantes vont de deux à trois mois de loyer.
Dans les trois mois
Inscription à l'Anagrafe
Au-delà de trois mois, le citoyen européen s'inscrit au registre de la population de sa commune, en justifiant d'une activité, de ressources suffisantes ou de son statut d'étudiant. Un agent municipal vient vérifier la réalité du domicile.
Dans la foulée
Tessera sanitaria et médecin traitant
L'inscription au service sanitaire régional donne la carte de santé et permet de choisir un medico di base. Sans inscription à l'Anagrafe, cette étape reste bloquée.
Première année
Fiscalité et diplômes
Déposez l'option pour le régime fiscal choisi dans les délais prévus, ils sont stricts. Pour une profession réglementée, la reconnaissance européenne des qualifications s'applique, avec inscription à l'ordre professionnel italien correspondant.
SourcesAgenzia delle Entrate, avantages pour ceux qui transfèrent leur résidence en ItalieAgenzia delle Entrate, régime optionnel des neo residentiMinistère italien de la santé, service sanitaire national
Quel visa pour s'installer en Italie ?
Les citoyens français bénéficient de la libre circulation au sein de l'Union européenne : aucun visa, aucun permis de travail n'est requis pour s'installer et travailler en Italie. La seule formalité obligatoire au-delà de 90 jours est l'inscription à l'état civil de la commune de résidence (Anagrafe). Cette inscription, gratuite, ouvre l'accès au Servizio Sanitario Nazionale (SSN), à l'ouverture de compte bancaire et à tous les droits des résidents. Le codice fiscale (numéro d'identification fiscale), à obtenir en priorité auprès de l'Agenzia delle Entrate, est indispensable pour toutes les démarches.
Inscription à l'Anagrafe, Salarié UE
Durée
5 ans
- Passeport ou carte d'identité nationale française en cours de validité
- Contrat de travail ou promesse d'embauche d'un employeur établi en Italie
- Justificatif d'adresse en Italie (bail, hébergement chez un tiers)
- Codice fiscale (obtenu à l'Agenzia delle Entrate ou à un consulat italien en France avant le départ)
- Aucun permis de travail requis, libre circulation UE garantie par le TFUE
- Délai estimé
- 7 j à 45 j
- Coût total
- 0 à 30 €
L'Attestazione di Iscrizione Anagrafica (certificat de résidence UE) est délivrée par la Commune dans un délai légal de 90 jours, souvent 15 à 45 jours en pratique. Après 5 ans de résidence légale continue, vous obtenez automatiquement un certificat de résidence permanente UE. Aucune limite de durée de séjour ni de renouvellement de visa, votre situation est la même qu'un citoyen européen résidant dans un autre État membre.
Inscription à l'Anagrafe + Partita IVA, Indépendant UE
Durée
5 ans
- Passeport ou carte d'identité nationale française en cours de validité
- Codice fiscale (obligatoire avant la création de la Partita IVA)
- Ouverture d'une Partita IVA (numéro de TVA professionnel) auprès de l'Agenzia delle Entrate
- Inscription à la Gestione Separata INPS (sécurité sociale pour indépendants)
- Justificatif d'adresse en Italie
- Délai estimé
- 7 j à 30 j
- Coût total
- 0 à 50 €
La Partita IVA s'obtient gratuitement en ligne ou en agence Agenzia delle Entrate en moins d'une semaine. Le Regime Forfettario (régime simplifié pour les freelances jusqu'à 85 000 € de CA) est très avantageux : impôt substitutif de 15 % (5 % les 5 premières années si création), aucune TVA collectée, comptabilité simplifiée. Couplé au régime des impatriés (50 % d'exonération sur le revenu), il rend la fiscalité italienne particulièrement attrayante pour les indépendants qualifiés.
Inscription à l'Anagrafe, Retraité UE (+ régime 7 % optionnel)
Durée
5 ans
- Passeport ou carte d'identité nationale française en cours de validité
- Justificatif de revenus suffisants (pension, rentes, placements)
- Assurance santé (automatiquement couverte par le SSN après inscription à l'Anagrafe)
- Codice fiscale
- Pour le régime 7 % : ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 5 années précédentes, s'installer dans une commune éligible du Sud (< 30 000 habitants)
- Délai estimé
- 7 j à 45 j
- Coût total
- 0 à 30 €
Les retraités français qui s'installent dans certaines communes du Sud de l'Italie (Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise, Pouilles, communes < 30 000 habitants depuis la Loi 34/2026) peuvent opter pour un régime fiscal exceptionnel : 7 % d'impôt forfaitaire sur tous les revenus de source étrangère (pension française incluse) pendant 10 ans consécutifs. L'option s'exerce à la première déclaration fiscale italienne. C'est l'un des régimes de retraite les plus avantageux d'Europe.
Inscription à l'Anagrafe, Télétravailleur UE
Durée
5 ans
- Passeport ou carte d'identité nationale française en cours de validité
- Preuve de revenus suffisants issus d'une activité exercée à distance pour des clients/employeurs hors Italie
- Justificatif d'adresse en Italie
- Codice fiscale
- Si indépendant : ouverture d'une Partita IVA (Regime Forfettario recommandé)
- Délai estimé
- 7 j à 30 j
- Coût total
- 0 à 50 €
L'Italie n'a pas besoin de proposer un visa digital nomad spécifique aux citoyens français : la libre circulation UE s'applique pleinement. S'installer à Milan, Rome, Florence, Palerme ou dans les Pouilles en tant que télétravailleur indépendant est aussi simple que d'obtenir un codice fiscale et de s'inscrire à l'Anagrafe. Le Regime Forfettario (15 % d'impôt, 5 % les 5 premières années) couplé au régime des impatriés (50 % d'exonération) offre une fiscalité très compétitive pour les premiers 5 ans.
Ambassade en France
Ambassade d'Italie en France
47 rue de Varenne, 75007 Paris
Registre des Français à l'étranger
RecommandéL'inscription au registre consulaire de l'ambassade de France à Rome (ou au consulat général de Milan/Naples) est facultative mais vivement recommandée. Elle facilite l'accès aux services consulaires français, le vote aux élections françaises et la protection en cas d'urgence. L'inscription à l'Anagrafe italienne est distincte, elle est obligatoire auprès de votre Commune italienne dès 90 jours de séjour.
- Carte consulaire française (justificatif d'identité complémentaire en Italie)
- Vote aux élections françaises (présidentielle, législatives, européennes, consulaires)
- Délivrance simplifiée du passeport et des actes d'état civil via les consulats de Rome, Milan ou Naples
- Accès aux bourses scolaires pour les établissements AEFE (Stendhal Milan, Chateaubriand Rome, etc.)
Citoyen UE : installation libre, codice fiscale et anagrafe
L'Italie étant dans l'Union européenne, un Français s'y installe sans visa, pour travailler, entreprendre ou prendre sa retraite, avec une simple carte d'identité ou un passeport et sans limite de durée.
La première démarche utile est l'obtention du codice fiscale, le numéro fiscal italien, indispensable pour ouvrir un compte, signer un bail, acheter un bien ou être embauché. Il s'obtient rapidement auprès de l'Agenzia delle Entrate ou d'un consulat.
Au-delà de trois mois, il faut s'inscrire à l'anagrafe, le registre de la population de la commune de résidence, et obtenir l'attestation de résidence pour citoyen de l'Union. Cette inscription conditionne l'accès au système de santé public et la plupart des services locaux.
Ces formalités sont simples mais demandent du temps et de la patience administrative, variable selon les régions. Les anticiper évite de rester bloqué pour la banque ou le logement les premières semaines.

Trouver un emploi en Italie
Le marché italien ne se lit pas au niveau national : la moyenne masque deux pays. Les chiffres ci-dessous viennent d'Eurostat, qui publie les données comparables entre États et entre régions.
- Chômage national, juillet 2026
- 5,8 %
- Chômage, Lombardie, 2025
- 2,8 %
- Chômage, Campanie, 2025
- 14,0 %
- Revenu annuel net moyen
- 27 788 €
Diplômes et professions réglementées
Pour une profession réglementée, la directive européenne sur les qualifications professionnelles s'applique : la reconnaissance passe par le ministère compétent, puis par l'inscription à l'ordre professionnel italien (albo). Pour un diplôme universitaire, la procédure de dichiarazione di valore ou d'équivalence se demande par le consulat italien ou l'université d'accueil. Pour un emploi non réglementé, aucune démarche préalable n'est nécessaire, mais le diplôme français est souvent moins lisible pour un employeur italien qu'un titre local : le CV compte plus que l'intitulé.
Salaires de référence
| Métier ou repère | Salaire brut annuel | Précision |
|---|---|---|
| Revenu annuel brut moyen | 40 056 € | célibataire sans enfant au salaire moyen, Eurostat 2025 ; 44 400 € en France |
| Revenu annuel net moyen | 27 788 € | après impôt et cotisations, Eurostat 2025 ; 32 346 € en France |
L'écart de salaire avec la France est réel et durable. Ce qui peut le compenser n'est pas le coût de la vie, sauf hors métropoles, mais les régimes fiscaux dérogatoires : un cadre éligible au régime des impatriés ne paie l'impôt que sur la moitié de son revenu du travail, ce qui inverse complètement la comparaison.
Où chercher
- Les grands groupes français implantés en Italie, très présents dans le Nord industriel.
- LinkedIn et InfoJobs, les deux canaux dominants pour les postes qualifiés.
- Les centres d'emploi régionaux, utiles surtout pour les métiers techniques et l'artisanat.
- Les ordres professionnels pour les métiers réglementés, incontournables avant toute candidature.
- Le tissu des PME industrielles d'Émilie-Romagne, de Vénétie et de Lombardie, qui recrute peu par annonces et beaucoup par réseau.
SourcesEurostat, taux de chômage harmonisé, juillet 2026Eurostat, chômage régional des 20-64 ans, 2025Eurostat, revenus annuels nets et bruts d'un célibataire sans enfant au salaire moyen, 2025
Dans quelle ville ou région s'installer en Italie ?
Les taux de chômage ci-dessous sont ceux des 20-64 ans publiés par Eurostat pour 2025, région par région. Ils expliquent mieux que n'importe quel classement pourquoi une installation italienne réussit ou échoue.
Milan et la Lombardie
Finance, mode, design, technologies et sièges sociaux : le seul marché de l'emploi italien de dimension internationale.
- 2,8 % de chômage en 2025, un niveau de plein emploi
- Le plus grand nombre d'emplois qualifiés et internationaux
- Aéroports et liaisons quotidiennes vers la France
- Les loyers les plus élevés d'Italie
- Pollution et chaleur estivale dans la plaine du Pô
- Rythme de vie éloigné du cliché italien
Rome et le Latium
Institutions, administration, organisations internationales, tourisme et audiovisuel.
- Deuxième bassin d'emploi du pays
- Logement moins cher qu'à Milan
- Patrimoine et services d'une capitale
- 5,6 % de chômage en 2025, au-dessus du Nord
- Administration et transports souvent critiqués
- Économie moins industrielle, donc moins d'emplois privés qualifiés
Émilie-Romagne et Vénétie
Industrie, mécanique, agroalimentaire et logistique, dans les régions au meilleur équilibre du pays.
- 4,0 % de chômage en Émilie-Romagne, 3,4 % en Vénétie
- Coût du logement bien inférieur à Milan
- Villes moyennes très bien équipées, Bologne, Padoue, Vérone
- Italien indispensable dans les PME
- Moins d'emplois internationaux
- Hivers humides et brumeux
Toscane et Ombrie
Ceux qui cherchent le cadre de vie sans quitter un marché du travail correct, avec une forte présence étrangère.
- 4,3 % de chômage en Toscane, 4,5 % en Ombrie
- Villes à taille humaine et patrimoine exceptionnel
- Communauté étrangère installée de longue date
- Pression touristique sur Florence et Sienne
- Loyers élevés dans les centres historiques
- Emplois qualifiés concentrés sur quelques secteurs
Le Sud continental, Campanie, Pouilles, Calabre
Retraités visant le régime à 7 %, et ceux dont le revenu ne dépend pas du marché local.
- Le coût de la vie le plus bas du pays
- Régime fiscal à 7 % dans les communes éligibles
- Climat et littoral
- 14,0 % de chômage en Campanie, 9,9 % dans les Pouilles en 2025
- Services publics et santé plus inégaux
- Liaisons vers la France moins nombreuses
Sicile et Sardaigne
Projets de vie orientés climat et rythme, presque toujours financés par des revenus extérieurs.
- Nombreuses communes éligibles au régime des retraités
- Coût du logement parmi les plus bas d'Italie
- Cadre naturel et qualité de vie
- 12,2 % de chômage en Sicile, 9,4 % en Sardaigne en 2025
- Insularité et coût des liaisons
- Offre de soins spécialisés limitée hors des grandes villes
SourcesEurostat, chômage régional des 20-64 ans, 2025Agenzia delle Entrate, avantages pour ceux qui transfèrent leur résidence en Italie
Banque, devises et coût de la vie en Italie
Le système bancaire italien est solide et bien développé, mais l'ouverture de compte peut prendre 1 à 3 semaines et nécessite impérativement le codice fiscale. Intesa Sanpaolo et UniCredit dominent le marché, mais Fineco Bank (groupe UniCredit) et illimity Bank se distinguent par leurs services digitaux adaptés aux expatriés. Les paiements mobiles (Google Pay, Apple Pay) sont bien acceptés en ville ; le chèque existe mais est peu utilisé. Les transferts SEPA intra-UE sont gratuits et instantanés depuis votre banque française.
Ouvrir un compte local
≈ 10 jours
Documents requis
- Passeport ou carte d'identité nationale en cours de validité
- Codice fiscale (numéro d'identification fiscale, obtenu à l'Agenzia delle Entrate ou consulat italien en France)
- Justificatif d'adresse en Italie (bail enregistré, Attestazione di Residenza délivrée par la Commune)
- Justificatif de revenus ou d'activité professionnelle (contrat de travail, Partita IVA, pension)
- Photo d'identité
Banques locales recommandées
Fineco Bank
Filiale digitale du groupe UniCredit, considérée comme la meilleure banque online italienne : zéro frais de tenue de compte, trading intégré, appli très performante, ouverture possible à distance avec webcam. Idéale pour les expatriés actifs.
Intesa Sanpaolo
Plus grande banque italienne : réseau dense dans tout le pays (y compris le Sud), service aux expatriés via agences dédiées, comptes en devises disponibles, bonne intégration avec les services INPS/ASL.
UniCredit
Banque paneuropéenne avec présence forte en Italie et en France, facilite les transferts SEPA et les relations bancaires franco-italiennes, appli correcte, accueil anglophone dans les grandes agences expatriés.
Banque française : à conserver ou fermer ?
Transferts d'argent EUR ↔ EUR
Wise
Les transferts SEPA EUR↔EUR entre France et Italie via votre banque sont généralement gratuits et instantanés. Wise est utile uniquement si vous avez des besoins en devises hors EUR ou souhaitez un virement multi-devises. Délai SEPA : quelques secondes à 1 jour ouvré.
Revolut
Revolut fonctionne bien en Italie (pays UE) pour les dépenses du quotidien. Pas de frais de conversion EUR/EUR. Utile si vous voyagez hors zone euro ou pour les petits paiements internationaux.
Banque classique
Les virements SEPA entre banques françaises et italiennes sont normalement gratuits dans le cadre de la réglementation UE, vérifiez les frais de votre banque, certaines appliquent encore des commissions abusives sur les virements européens.
Compte multi-devises et virements internationaux au taux de change réel, sans frais cachés. Pratique pour jongler entre euros et monnaie locale une fois installé.
Lien partenaire : nous pouvons percevoir une commission, sans aucun surcoût pour vous.
Coût de la vie · Milan
Indice Paris = 100 · Ici : 82Loyer studio centre
1 200 €/mois
Loyer T2
1 700 €/mois
Loyer T3 familial
2 700 €/mois
Loyer T2, Rome
1 300 €/mois
Courses mensuelles
400 €
Transports mensuels
39 €
Repas midi
15 €
Dîner restaurant
35 €
Montants en euros, convertis pour information en Euro (EUR) au taux de 1 EUR ≈ 1 EUR. Les loyers correspondent au centre de Milan.
Compte italien en zone euro
Ouvrir un compte en Italie est simple une fois le codice fiscale obtenu, auprès d'établissements comme Intesa Sanpaolo, UniCredit ou des banques en ligne. Les justificatifs habituels suffisent : identité, codice fiscale, justificatif de domicile.
L'Italie étant en zone euro et dans l'espace SEPA, les virements depuis et vers la France sont gratuits et rapides, un confort réel face aux destinations hors euro. Beaucoup de Français gardent un compte français actif pour des revenus de source française.
Revolut et Wise sont répandus pour la gestion quotidienne et les opérations hors euro, sans remplacer un compte local. Vérifiez la politique de votre banque française envers les non-résidents avant le départ.
Quelle couverture santé en Italie ?
L'Italie dispose d'un système de santé public universel, le Servizio Sanitario Nazionale (SSN), considéré parmi les meilleurs d'Europe. Tout ressortissant français légalement inscrit à l'Anagrafe a droit à la Tessera Sanitaria (carte de santé), lui ouvrant l'accès gratuit au médecin de famille (medico di base) et aux soins d'urgence. Principale limite : les fortes disparités entre le Nord (excellence) et le Sud (délais longs, infrastructures insuffisantes). Pour les spécialistes, une mutuelle complémentaire italienne (sanità integrativa) est recommandée pour éviter les longues listes d'attente.
Accord de sécurité sociale
Oui
L'Italie étant membre de l'UE, le Règlement CE 883/2004 s'applique intégralement. Les Français inscrits à l'Anagrafe et cotisant à l'INPS bénéficient du SSN exactement comme les citoyens italiens. La Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM) française est valable pour les soins urgents lors de séjours temporaires en Italie avant l'inscription définitive. Aucune convention bilatérale séparée n'est nécessaire, la coordination UE couvre tout.
Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
Pertinente
60–220 €/ mois
- Couverture complémentaire pendant les premières semaines avant l'inscription au SSN
- Validation de trimestres retraite françaises (moins utile qu'hors UE car l'INPS totalise déjà avec la CNAV)
- Accès aux remboursements français pour des soins engagés en Italie (utile si vous avez des dépenses avant la Tessera Sanitaria)
- Couverture en cas de retour temporaire en France pour soins
- Protection pendant les périodes de transition ou en cas de rupture temporaire de l'emploi en Italie
Système de santé local
Consultation : ≈ gratuite (résidents)
Accès identique aux Italiens après inscription à l'Anagrafe et obtention de la Tessera Sanitaria. Le medico di base (médecin généraliste choisi librement sur liste ASL) est gratuit. Les visites chez un spécialiste SSN impliquent un ticket sanitario (copay) de 35 à 90 € selon l'acte, plafonné et exonéré sous conditions de revenus. Les urgences (Pronto Soccorso) sont gratuites. Dans le Nord (Lombardie, Émilie, Toscane), les délais sont courts et la qualité équivalente aux meilleurs systèmes européens ; dans le Sud, les listes d'attente peuvent dépasser 6 mois pour des spécialistes non urgents.
Numéros d'urgence
- Numéro d'urgence européen (police, secours)112
- Police (Polizia di Stato)113
- Urgences médicales (SUEM / 118)118
- Carabinieri112
- Pompiers (Vigili del Fuoco)115
- Ambassade de France à Rome+39 06 686 011
Assurances santé recommandées
Allianz Care
Couverture internationale permettant d'accéder au secteur privé italien pour éviter les délais du SSN, remboursement des spécialistes et actes hors plafond SSN, protection rapatriement incluse
April International Expat
Spécialiste français de l'expatriation, service client francophone 24h/24, très bien adapté à l'Italie avec réseau de cliniques privées conventionnées à Milan, Rome et Florence
Mutuelle italienne sanità integrativa (Previmedical, Unisalute)
Complémentaire santé italienne locale, souvent proposée par les employeurs ou les associations professionnelles, elle rembourse le ticket sanitario et l'accès aux spécialistes privés à des tarifs négociés
Vaccins recommandés
- Aucun vaccin spécifique requis pour l'Italie au-delà des recommandations standard françaises
- Vaccins de routine (DTP, ROR) à jour : obligatoires pour la scolarisation des enfants en Italie
- West Nile Virus : risque faible mais réel en été dans les plaines padanes (Po), Vénétie, Émilie-Romagne et certaines zones côtières, protection moustiques conseillée
- Tiques (Lyme) : protection recommandée lors de randonnées en zones boisées alpines ou des Apennins
SSN, inscription et assurance privée
L'Italie dispose d'un système de santé public, le SSN, de bon niveau, dont l'accès passe par l'inscription à l'anagrafe et l'obtention de la tessera sanitaria. Une fois inscrit, la prise en charge est large et peu coûteuse.
Le talon d'Achille reste, comme souvent, les délais d'attente pour certains spécialistes ou actes non urgents, plus marqués dans certaines régions du Sud. C'est pourquoi de nombreux expatriés souscrivent une assurance privée italienne, abordable, pour accéder rapidement au privé.
Pendant la transition, la carte européenne couvre les soins ponctuels. Les retraités titulaires d'une pension de l'État français relèvent du formulaire S1, qui ouvre l'accès au SSN avec une prise en charge financée par la France. La CFE reste utile pour garder un rattachement français en cas d'allers-retours.

Fiscalité personnelle en Italie
L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) italienne est progressive de 23 % à 43 % sur 3 tranches depuis la loi de finances 2026. Ces taux sont proches des barèmes français, l'Italie ne se distingue pas fiscalement pour les revenus ordinaires. Son attractivité provient de trois régimes dérogatoires puissants : le régime des impatriés (50 % d'exonération pour les actifs qualifiés), le régime 7 % pour les retraités étrangers dans le Sud, et la flat tax HNWI (300 000 € forfaitaires). Une convention fiscale bilatérale France-Italie est en vigueur depuis le 1er mai 1992.
Avertissement fiscal
Convention bilatérale France / Italie
Convention existante
Convention France-Italie sur les impôts sur le revenu et sur la fortune, signée à Venise le 5 octobre 1989 et en vigueur depuis le 1er mai 1992 (décret n° 92-422). Une convention distincte, signée à Rome le 20 décembre 1990, couvre les successions et les donations. L'élimination de la double imposition s'effectue par crédit d'impôt : l'impôt payé en Italie est imputable sur l'impôt français résiduel, sans le dépasser. Les pensions publiques françaises (fonctionnaires de l'État) restent exclusivement imposables en France. Les pensions privées sont imposables en Italie une fois la résidence fiscale transférée. L'Italie étant dans l'UE, les règlements européens complètent la convention sur les points non couverts.
Texte officiel (impots.gouv.fr)Impôt sur le revenu
L'IRPEF 2026 (revenus 2025-2026) s'articule en 3 tranches après la réforme introduite par la Loi de Finances italienne adoptée le 30 décembre 2025 : la deuxième tranche passe de 35 % à 33 % pour les revenus entre 28 001 et 50 000 €. S'ajoutent des déductions (détrazioni) pour charges de famille et des abattements sectoriels. Les cotisations sociales ne sont pas déductibles dans le calcul de l'IRPEF pour les salariés.
| Tranche jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 28 000 € | 23 % |
| 50 000 € | 33 % |
| Au-delà | 43 % |
Plus-values mobilières
Les plus-values sur cession de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de fonds) sont soumises à une imposta sostitutiva de 26 %, taux applicable depuis 2020. Les titres d'État (BTP, OAT français détenus en Italie) bénéficient d'un taux réduit de 12,5 %. Aucune exonération après une durée minimale de détention pour les valeurs mobilières.
Plus-values immobilières
Les plus-values immobilières réalisées sur des biens détenus moins de 5 ans sont soumises à une imposta sostitutiva de 26 %. Au-delà de 5 ans de détention : exonération totale. Exception : la résidence principale (prima casa) est exonérée de toute taxe sur la plus-value quelle que soit la durée de détention. Les non-résidents cédant un bien immobilier italien sont également soumis à une retenue à la source de 26 %.
Impôt sur la fortune
Pas d'impôt sur la fortune au sens français en Italie. En revanche : (1) IMU (Imposta Municipale Unica) sur les résidences secondaires et les biens immobiliers non-habitation principale : entre 0,1 % et 1,06 % de la valeur cadastrale selon les communes, la résidence principale est exonérée. (2) IVAFE : 0,2 %/an sur les actifs financiers détenus à l'étranger par les résidents fiscaux italiens (comptes bancaires, actions, obligations étrangères). (3) IVIE : 0,76 %/an sur les biens immobiliers situés hors d'Italie détenus par des résidents fiscaux italiens.
Droits de succession
Droits de succession en Italie : 4 % sur la part dépassant 1 000 000 € par héritier en ligne directe (conjoint, enfants), abattement le plus généreux d'Europe. Collatéraux (frères, sœurs) : 6 % sans abattement. Autres héritiers : 8 % sans abattement. Les biens immobiliers sont également soumis à l'impôt cadastral (1 %) et à l'impôt hypothécaire (2 %), voire aux tarifs réduits pour la prima casa (50 €).
Exit tax
ApplicableL'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique en cas de transfert de résidence fiscale hors France en détenant plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % du capital d'une société. Avantage décisif : l'Italie étant membre de l'UE, le départ vers l'Italie bénéficie d'un sursis automatique de l'exit tax sans garantie ni sûreté exigée. La plus-value latente est figée à la date du départ mais le paiement n'intervient que lors de la cession effective des titres, ce qui peut être très longtemps après le départ.
Impact retraite
L'Italie étant dans l'UE (règlement 883/2004), vos cotisations à l'INPS italien sont automatiquement totalisées avec vos trimestres CNAV français. Chaque année travaillée en Italie contribue à vos droits à la retraite en France ET en Italie. Pas besoin de cotiser à la CFE pour préserver votre retraite française, c'est un avantage majeur par rapport aux destinations hors-UE.
Risque de double imposition
La flat tax 7 % pour retraités : le dispositif phare
L'Italie offre l'un des régimes les plus attractifs d'Europe pour les retraités étrangers : une imposition forfaitaire de 7 % sur l'ensemble des revenus de source étrangère, pensions comprises, mais aussi dividendes et plus-values, pendant dix années consécutives.
La condition centrale, et la plus contraignante, est géographique : il faut transférer sa résidence dans une commune du Sud ou de certaines zones du Centre dont la population est inférieure à un certain seuil, relevé en 2026 à 30 000 habitants, ce qui a ouvert le dispositif à des villes moyennes mieux équipées. Il faut aussi ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des cinq dernières années et percevoir une pension d'un État ayant une coopération fiscale avec l'Italie, ce qui est le cas de la France.
Pour les profils fortunés non retraités, un régime distinct de flat tax forfaitaire existe, dont le montant a été porté à 300 000 euros par an pour les nouvelles résidences à compter du 1er janvier 2026. Les actifs qualifiés peuvent par ailleurs relever du régime des impatriés.
La convention fiscale franco-italienne précise la répartition. Les pensions publiques françaises de la fonction publique restent en principe imposables en France et n'entrent donc pas dans la base du 7 %, contrairement aux pensions privées. Ce point conditionne tout l'intérêt du régime pour un profil donné et doit être vérifié au cas par cas.
IRPEF, surtaxes locales et points de vigilance
Hors régime spécial, l'impôt sur le revenu italien (IRPEF) est progressif, autour de 23 % à 43 %, auquel s'ajoutent des surtaxes régionales et communales qui varient selon le lieu de résidence. Deux foyers au même revenu peuvent donc payer des montants différents selon la région.
Le régime 7 % ne se déclenche pas automatiquement : il faut résider effectivement dans une commune éligible, ce qui implique un vrai choix de cadre de vie et non une domiciliation de façade. Une installation dans une grande ville exclut le dispositif.
Comme partout, se croire non-résident français dès l'arrivée est une erreur tant que les critères français de résidence sont remplis. Ces éléments donnent le cadre ; une situation précise se valide avec un conseil des deux côtés.
Au quotidien en Italie
Logement, transport, langue, climat, sécurité et connectivité : le détail du quotidien.
Logement
Milan (capitale économique) : studio 900–1 500 €/mois, bilocale (T2) 1 300–2 200 € (centre), 900–1 400 € en périphérie. Rome : studio 750–1 100 €, T2 950–1 600 € (centre historique), 700–1 100 € en périphérie (EUR, Prati, Trastevere). Florence : T2 900–1 400 €. Naples : T2 500–900 €. En dehors des grandes villes (Pouilles, Sicile, Calabre), il est possible de louer un T2 pour 400–600 €/mois et même d'acheter des maisons pour 1 € dans certains villages désertés (programme national). Turin est plus abordable que Milan : T2 700–1 100 €.
Plateformes
Caution : 3 mois de loyer en caution standard (parfois 1 mois dans les petites villes). La forme contractuelle standard est le contratto 4+4 (4 ans renouvelables 4 ans), résiliation avec préavis de 6 mois. Option contratto agevolato 3+2 : loyer plafonné (inférieur au marché) mais fiscalité avantageuse pour le propriétaire.
Transport
Permis : Le permis de conduire français est pleinement valable en Italie, aucune conversion requise pour les ressortissants UE. Après 2 ans de résidence en Italie, le permis européen est échangeable contre un permis italien si vous le souhaitez (démarche volontaire, pas obligatoire). Conduite à droite, code de la route similaire à la France. Zone à Trafic Limité (ZTL) en vigueur dans les centres historiques de nombreuses villes (Florence, Rome, Naples, Milan), badge nécessaire ou amendes automatiques.
Langue
Présence française importante : 35 432 Français inscrits au registre consulaire fin 2025, réseau de 37 Alliances Françaises (le plus dense d'Europe), 5 établissements AEFE homologuées à Milan, Turin, Rome, Naples et Florence. Dans les grandes villes et les milieux d'affaires, le français et l'anglais sont couramment pratiqués. L'intégration locale nécessite toutefois un niveau d'italien, une langue accessible aux francophones (apprentissage en 6 à 12 mois pour un niveau conversationnel).
Climat
L'Italie offre trois grandes zones climatiques : le Nord (plaine padane et Alpes) a un climat continental avec des hivers froids (parfois -5/-10 °C à Milan) et des étés chauds et humides. Le Centre (Rome, Toscane) bénéficie d'un climat méditerranéen tempéré, idéal. Le Sud et les îles (Sicile, Sardaigne, Pouilles, Calabre) ont un clima subtropicale avec des étés très chauds (35-40 °C en juillet-août) et des hivers doux. La côte Amalfitaine, la Ligurie et la Riviera du Ponant offrent des microclimats exceptionnels.
Milan : Jan 3°C · Fév 6°C · Mar 11°C · Avr 16°C · Mai 21°C · Jun 25°C · Jul 28°C · Aoû 27°C · Sep 22°C · Oct 16°C · Nov 9°C · Déc 4°C | Rome : Jan 8°C · Avr 18°C · Jul 32°C · Oct 20°C | Palerme : Jan 13°C · Jul 37°C
Sécurité
- L'Italie est globalement sûre pour les expatriés, la criminalité organisée (Mafia, 'Ndrangheta, Camorra) ne cible pas les étrangers et se concentre sur les activités économiques
- Méfiez-vous du pick-pocketing dans les transports bondés (métro A de Rome, tram de Milan, gares), sac en bandoulière devant vous
- Les arnaques aux touristes sont fréquentes dans les grandes villes : faux billets, restaurants touristiques hors prix, fuyez les menus plastifiés sans prix affichés
- Dans les grandes villes, stationnez en parking surveillé, les véhicules mal garés sont fréquemment verbalisés ou enlevés en ZTL
- Pour les voitures, le Codice della Strada est très verbalisé : ZTL, stationnement, téléphone au volant
Internet & télécoms
Opérateurs recommandés
TIM (très bon réseau fibra FTTH + 5G, premier opérateur national) · Fastweb (fibra excellente dans les grandes villes, bons débits) · WindTre (bon rapport qualité/prix, 4G solide en périphérie) · Vodafone Italia (5G bien développé à Milan et Rome, eSIM disponible)
Une eSIM à activer avant le départ pour avoir internet dès l'atterrissage, sans payer le roaming. Forfaits data par pays ou régionaux.
Lien partenaire : nous pouvons percevoir une commission, sans aucun surcoût pour vous.
Coût de la vie et fracture Nord-Sud
Le coût de la vie en Italie est globalement inférieur à celui de la France, surtout dans le Sud, mais la disparité géographique est forte. Milan et les grandes villes du Nord sont chères, en particulier à la location, tandis que le Sud et l'intérieur offrent des prix très inférieurs.
Cette fracture Nord-Sud rejoint d'ailleurs la logique de la flat tax 7 %, qui pousse précisément vers les communes du Sud. Le projet fiscal et le projet de vie sont donc liés : choisir une petite ville du Mezzogiorno n'a pas le même quotidien qu'un appartement à Milan.
L'italien est facile à pratiquer et son apprentissage est déterminant pour l'intégration et l'administration, l'anglais étant inégalement répandu hors zones touristiques. Le permis de conduire français est valable en tant que permis européen.
Les Français en Italie
Chiffres officiels du registre consulaire, villes les plus prisées, associations et écoles françaises.
Inscrits au registre (source MAE, 2025)
35 432
Communauté réelle estimée 30 à 60 % supérieure (non-inscrits).
Français estimés par ville, inscrits et non-inscrits
- Milan22 000
- Rome18 000
- Florence6 000
- Naples5 000
- Turin4 000
Associations & réseaux
Solidarité France-Italia (ex-SFBML)
Fondée en 1854, l'une des plus anciennes associations d'entraide pour les Français à Milan et en Lombardie. Aide sociale, réseau d'accueil, événements culturels franco-italiens.
Association nationale d'accueil et de défense des droits des Français en Italie, avec des sections à Milan, Rome et Naples.
Groupes & forums
- Français en Italie (groupe Facebook officiel AMFE)Facebook
- Expats in MilanFacebook
- r/ItalyExpatsReddit
Écoles françaises
Établissements recoupés avec l'arrêté du 19 juin 2026 fixant la liste des écoles françaises homologuées à l'étranger. Ceux qui n'y figurent pas le précisent dans leur intitulé.
Lycée Stendhal (gestion directe AEFE)
Milan
Lycée Jean Giono (conventionné AEFE)
Turin
Lycée Chateaubriand (gestion directe AEFE)
Rome
Institut Saint-Dominique (partenaire AEFE)
Rome
École française Alexandre Dumas (partenaire AEFE)
Naples
Lycée Victor Hugo (partenaire AEFE)
Florence
Une communauté française bien implantée
L'Italie accueille une communauté française solide, concentrée à Milan, Rome et dans les grandes villes, avec une présence croissante de retraités dans le Sud sous l'effet de la flat tax. La proximité culturelle et géographique avec la France facilite l'installation.
Les groupes et forums francophones sont actifs et utiles pour les retours d'expérience récents, notamment sur l'éligibilité concrète au régime 7 % et le choix de la commune, qui est la vraie question pratique du projet italien orienté retraite.
Pour les familles, le réseau d'enseignement français homologué est présent dans les grandes villes. S'appuyer sur la communauté sans s'y enfermer, en investissant dans la langue, reste la meilleure voie d'intégration.
Retraite, chômage et droits sociaux en Italie
L'expatriation a des conséquences directes sur vos droits français. Voici ce qu'il faut savoir.
Convention de totalisation
Existante
L'Italie est membre de l'Union européenne depuis sa fondation (Traité de Rome, 1957). Le règlement CE 883/2004 s'applique automatiquement : vos périodes cotisées à l'INPS (Istituto Nazionale della Previdenza Sociale) sont totalisées avec vos trimestres CNAV français pour l'ouverture des droits dans chaque pays. Chaque organisme calcule ensuite sa pension proratisée selon la durée nationale réelle de cotisation. C'est la coordination la plus favorable possible, équivalente à l'Espagne, le Portugal ou la Belgique.
Système de retraite local
INPS (Istituto Nazionale della Previdenza Sociale) : système contributif obligatoire depuis la réforme Dini (1995). Cotisation totale 33 % du salaire brut (employé ~9,19 % + employeur ~23,81 %), plafonnée à 120 607 €/an en 2025. Départ à la retraite : 67 ans avec 20 ans de cotisation minimum (pensione di vecchiaia). Départ anticipé possible : Quota 103 (63 ans + 41 ans de cotisation). Le système notionnel (contributivo) calcule la pension sur la base des cotisations accumulées capitalisées, les droits italiens sont récupérables depuis la France via l'INPS et le CLEISS.
Impact assurance chômage
En Italie, les salariés qui perdent leur emploi bénéficient de la NASPI (Nuova Assicurazione Sociale per l'Impiego), équivalent de l'ARE française : 75 % du salaire plafonné les 3 premiers mois, puis dégressif sur 24 mois max. La coordination UE permet de prendre en compte les périodes travaillées en France pour ouvrir les droits à la NASPI. Si vous retournez en France après un passage en Italie, le règlement 883/2004 permet de transférer vos droits à l'ARE française dans certaines conditions.
Congés maternité / paternité
Excellente coordination via le règlement UE 883/2004. En Italie, le congé maternité (congedo di maternità) représente 80 % du salaire pendant 5 mois (INPS). Le congé parental (congedo parentale) permet à chaque parent de prendre 3 mois à 30 % du salaire jusqu'aux 12 ans de l'enfant (réforme 2022-2023). Les périodes cotisées à l'INPS sont totalisation avec celles de la CNAV française pour l'ouverture de ces droits.
Préserver ses droits français
- Vos cotisations INPS sont automatiquement totalisables avec vos trimestres français via le règlement UE 883/2004, aucune action manuelle requise, pas besoin de CFE pour la retraite
- Inscrivez-vous sur le portail INPS (inps.it) dès le début de votre activité en Italie pour suivre votre relevé de carrière (estratto conto previdenziale)
- Vérifiez votre relevé CNAV français (info-retraite.fr) avant et pendant l'expatriation
- Si vous repartez de l'Italie avant d'avoir droit à une pension INPS (< 20 ans de cotisation), les droits restent acquis et versables à partir de 67 ans, contactez le CLEISS pour les modalités
- Pour les indépendants en Regime Forfettario : les cotisations à la Gestione Separata (~26 %) sont également totalisables, veillez à ne pas sous-déclarer pour protéger vos droits retraite
Retraite en Italie : le 7 % et ses conditions réelles
L'Italie et la France relèvent de la coordination européenne de sécurité sociale : totalisation des périodes possible et pension française payable en y résidant, avec le certificat de vie annuel.
Le régime 7 % rend l'Italie très compétitive pour un retraité du privé, mais sous deux conditions structurantes : résider réellement dans une commune éligible du Sud, et percevoir une pension entrant dans la base, ce qui exclut en principe les pensions publiques françaises imposables en France selon la convention.
Côté santé, le formulaire S1 ouvre l'accès au SSN financé par la France pour les pensionnés de l'État. L'Italie est une destination retraite de premier plan si le calcul est fait avec la nature exacte de la pension et un conseil, le 7 % n'étant pleinement intéressant que pour certains profils.
Les pièges à éviter en Italie
Les erreurs les plus fréquentes commises par les Français qui s'installent, directement issues de témoignages et retours d'expatriés.
- 01
Rater la fenêtre d'option pour le régime des impatriés
Le régime des impatriés (50 % d'exonération sur les revenus d'activité) doit être demandé dans la première déclaration fiscale italienne (Modello Redditi PF) ou au moment de l'embauche auprès de l'employeur. Passé ce délai, il est impossible de l'activer rétroactivement.
Conséquence
Perte de 5 ans d'exonération à 50 %, pour un revenu de 80 000 €/an, cela représente environ 9 600 € d'impôt supplémentaire chaque année, soit 48 000 € sur 5 ans.
Solution
Avant d'arriver en Italie, vérifier les conditions d'éligibilité avec un commercialista (ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 3 années précédentes, qualification reconnue ou spécialisation). Faire la demande dès la première déclaration fiscale italienne ou, pour les salariés, auprès de l'employeur avant le premier salaire.
- 02
Ignorer la date d'inscription à l'Anagrafe et ses conséquences fiscales
En Italie, la résidence fiscale est liée à l'inscription à l'Anagrafe : si vous êtes inscrit avant le 1er juillet d'une année, vous êtes résident fiscal pour toute l'année. Si après le 1er juillet, seulement à partir de l'année suivante. Cette règle peut entraîner une double résidence fiscale sur toute une année.
Conséquence
Double imposition France + Italie sur les revenus d'une année entière si la date d'inscription n'est pas anticipée correctement. Redressement fiscal possible des deux côtés.
Solution
Planifier la date d'inscription à l'Anagrafe avec un fiscaliste franco-italien. Généralement, arriver et s'inscrire après le 1er juillet est plus favorable (résidence fiscale italienne ne débute qu'au 1er janvier suivant). Déclarer le changement de résidence à la DGFiP française dans les délais requis.
- 03
Sous-estimer la burocrazia italienne
La bureaucratie italienne est notoire pour ses délais, ses files d'attente et ses exigences de documents spécifiques (souvent notariés ou apostillés). Ce qui prend 2 jours en France peut prendre 2 mois en Italie (Anagrafe, codice fiscale, Partita IVA, SSN, permis de conduire, Tessera Sanitaria).
Conséquence
Impossibilité d'ouvrir un compte bancaire, de signer un bail ou de s'inscrire à la sécurité sociale pendant les premières semaines, source de stress et de coûts supplémentaires.
Solution
Obtenir le codice fiscale avant l'arrivée (auprès du consulat italien en France, gratuit et rapide). Prendre un rendez-vous à l'Anagrafe de votre Commune dès le premier jour. Utiliser les services de professionnels (commercialista, CAF) dès l'arrivée plutôt que de tout gérer seul.
- 04
Circuler en ZTL sans badge, les amendes automatiques
La plupart des centres historiques italiens (Florence, Rome, Naples, Sienne, Milan...) sont des Zones à Trafic Limité (ZTL). Des caméras filment les plaques et les amendes (90-300 €) sont envoyées automatiquement, souvent des mois plus tard, parfois avec majoration.
Conséquence
Accumulation d'amendes reçues mois après mois, parfois transmises à des agences de recouvrement. Les locataires de véhicules (location de voiture) reçoivent les amendes via la société de location.
Solution
Ne jamais entrer en ZTL sans badge préalablement obtenu auprès de la Commune. En voiture de location, refuser les accès aux ZTL. À pied, en vélo ou en transports en commun dans les centres historiques.
- 05
Ne pas vérifier l'éligibilité au régime 7 % avant de choisir sa commune d'installation
Le régime de flat tax à 7 % pour les retraités étrangers dans le Sud de l'Italie est exceptionnel, mais il n'est accessible que dans les communes de moins de 30 000 habitants situées dans les régions éligibles. Acheter ou louer dans une grande ville du Sud (Palerme, Naples, Bari) vous exclut automatiquement.
Conséquence
Perte d'un régime valant potentiellement plusieurs milliers d'euros d'économie fiscale par an sur 10 ans, pour une retraite de 3 000 €/mois, la flat tax 7 % représente une économie de ~15 000 €/an vs le barème ordinaire.
Solution
Avant de choisir votre lieu d'installation dans le Sud, vérifier la liste des communes éligibles mise à jour chaque année par l'Agenzia delle Entrate. Un commercialista local peut vous confirmer l'éligibilité et vous assister pour l'option fiscale dès la première déclaration.
Toutes les sources et liens officiels
Pour aller plus loin et vérifier vos informations directement à la source.
Sources officielles
La France en Italie, Ambassade de France à Rome
Portail officiel de l'ambassade : services consulaires, registre des Français, alertes, liste des associations françaises en Italie.
Convention fiscale France-Italie, BOFIP
Commentaires officiels de la DGFiP sur la convention France-Italie de 1989, règles d'imposition des différents revenus et mécanismes d'élimination des doubles impositions.
Agenzia delle Entrate, Administration fiscale italienne
Administration fiscale italienne : codice fiscale, Partita IVA, déclarations IRPEF, régime impatriés, guide des impôts pour étrangers.
INPS, Institut national de prévoyance sociale
Organisme de retraite et de protection sociale italienne : relevé de carrière INPS, coordination avec la CNAV française, NASPI (chômage), congé maternité.
CLEISS, Fiches Italie (retraite, santé)
Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale : coordination Franco-Italienne pour la retraite, la maladie et la famille.
Portail officiel pour les Français à l'étranger, Service-Public.fr
Inscription au registre consulaire des Français établis hors de France, démarche en ligne, droits et services consulaires à Rome, Milan, Naples.
Foire aux questions
Les questions les plus posées par les Français qui envisagent l'expatriation. Toutes les réponses sont structurées pour Google (Schema.org FAQPage).
- Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français peut s'installer et travailler en Italie sans aucun visa, ni permis de travail. La seule formalité obligatoire au-delà de 90 jours est l'inscription à l'Anagrafe (état civil) de sa commune de résidence italienne, qui est gratuite et ouvre l'accès à tous les droits des résidents : SSN (santé publique), scolarisation, ouverture de compte bancaire, vote aux élections locales.
- Le régime degli impatriati est un dispositif fiscal qui exonère 50 % des revenus d'activité (salaire ou revenu professionnel) de l'IRPEF italienne pendant 5 ans, renouvelable 3 ans. Pour en bénéficier : ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 3 années précédentes, exercer son activité principalement en Italie, posséder une qualification reconnue, et s'engager à y rester au moins 4 ans. L'exonération passe à 60 % en cas d'enfant mineur à charge. Ce régime doit être activé dès la première déclaration fiscale italienne, il est perdu si on ne l'active pas à temps.
- C'est l'un des régimes fiscaux les plus avantageux d'Europe pour les retraités : toute personne percevant une retraite étrangère qui transfère sa résidence fiscale dans une commune éligible du Sud de l'Italie (< 30 000 habitants, dans les régions Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise, Pouilles) peut opter pour une flat tax de 7 % sur tous ses revenus de source étrangère, pension française incluse, dividendes, loyers étrangers, plus-values, pendant 10 années consécutives. Condition : ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 5 années précédentes.
- Oui, intégralement. L'Italie étant membre de l'UE, le règlement CE 883/2004 s'applique : vos périodes cotisées à l'INPS (Institut National de Prévoyance Social) sont automatiquement totalisées avec vos trimestres CNAV français pour l'ouverture des droits à pension dans chaque pays. Vous n'avez pas besoin de cotiser à la CFE pour préserver votre retraite française, c'est un avantage majeur par rapport aux pays hors-UE. La pension française et la pension INPS sont ensuite calculées séparément et versées par chaque organisme national.
- Dès votre inscription à l'Anagrafe, vous pouvez vous inscrire à l'ASL (Agenzia Sanitaria Locale) de votre commune pour obtenir la Tessera Sanitaria et choisir un médecin de famille (medico di base), gratuit. Les urgences (Pronto Soccorso) sont gratuites. Pour les spécialistes SSN, un ticket sanitario de 35 à 90 € peut s'appliquer selon l'acte. Dans le Nord (Milan, Turin, Bologne), la qualité est équivalente aux meilleurs systèmes européens ; dans le Sud, les délais d'attente pour les spécialistes peuvent dépasser 6 mois, une mutuelle complémentaire est conseillée.
- Le codice fiscale est l'équivalent du numéro de sécurité sociale français, un numéro d'identification fiscale personnel (format : RSSMRA85M01H501Z pour Mario Rossi né le 1er août 1985 à Rome). Il est indispensable pour absolument tout en Italie : ouvrir un compte bancaire, signer un bail, obtenir la Tessera Sanitaria, ouvrir une Partita IVA, acheter un bien immobilier. Obtenez-le avant de partir en France via le consulat d'Italie compétent (gratuit, en quelques jours) ou à l'Agenzia delle Entrate à votre arrivée.
- Oui, dans la majorité des cas. La convention du 5 octobre 1989, en vigueur depuis le 1er mai 1992, prévoit un mécanisme de crédit d'impôt : l'impôt payé en Italie est imputable sur l'impôt français résiduel correspondant, sans le dépasser. Points de vigilance : les pensions publiques françaises (fonctionnaires de l'État) restent exclusivement imposables en France même si vous vivez en Italie. Les revenus de source française (loyers immobiliers français, dividendes) continuent à être taxables en France. Si votre résidence fiscale n'est pas établie en Italie (maintien d'un foyer en France), le risque de double résidence fiscale existe.
- Cela dépend fortement de la région. Milan est comparable à Paris en termes de loyers et de coût de vie. Rome est environ 20 % moins chère que Paris. Mais dans le Sud (Pouilles, Sicile, Calabre, Basilicate), le coût de la vie est 40 à 60 % inférieur à Paris : loyers T2 à 400-700 €/mois, restaurants à 10-15 €, alimentation très abordable. Pour les retraités qui combinent le régime 7 % avec un coût de vie méditerranéen très bas, le pouvoir d'achat peut doubler ou tripler par rapport à un maintien en France.
