🇯🇵 Fiscalité · Japon
La fiscalité au Japon pour un expatrié français
La fiscalité japonaise est parmi les plus progressives des pays développés : le taux marginal combiné (impôt national + taxe de résidence locale de 10%) peut atteindre 55%. Cependant, une convention fiscale bilatérale France-Japon en vigueur depuis 1996 protège les expatriés français de la double imposition. Point clé : pendant les 5 premières années, les 'résidents non-permanents' ne sont imposés au Japon que sur leurs revenus de source japonaise, un statut fiscalement avantageux pour les travailleurs en début d'expatriation. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Résidence fiscale japonaise et convention de 1995
Le résident fiscal japonais est imposé selon un barème progressif d'impôt national auquel s'ajoute un impôt local des habitants, de l'ordre de 10 %. La pression fiscale globale est donc à apprécier en additionnant ces deux composantes.
La convention fiscale franco-japonaise, signée en 1995 et révisée par avenant, évite la double imposition et fixe les règles de résidence. Les revenus de source française d'un résident japonais bénéficient en général de retenues à la source réduites selon la convention.
Comme partout, se croire automatiquement non-résident français dès l'arrivée est une erreur tant que les critères français de résidence sont remplis. La situation se valide avec un conseil, le système japonais ayant ses spécificités notamment sur le statut de résident non permanent les premières années.
Impôt sur le revenu au Japon
IR national progressif de 5 à 45 % + surtaxe reconstruction 2.1% (valable jusqu'en 2037) + taxe de résidence locale de 10 % flat = taux effectifs combinés de ~15 à ~56 %. Le statut de 'résident non-permanent' (< 5 ans de résidence) exonère des revenus de source étrangère non rapatriés au Japon.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 10 714 € | 15 % |
| 18 132 € | 20 % |
| 38 187 € | 30 % |
| 49 451 € | 33 % |
| 98 901 € | 43 % |
| 219 780 € | 50 % |
| Au-delà | 55 % |
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Japon existe. Convention France-Japon signée le 3 mars 1995, en vigueur depuis le 24 mars 1996, modifiée par avenant du 11 janvier 2007 et par la Convention multilatérale OCDE (BEPS) en 2017. Elle répartit le droit d'imposition entre les deux États selon la source des revenus et le statut de résidence. Les revenus de source française (loyers, dividendes français) restent imposables en France même pour un résident fiscal japonais.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Risque modéré, bien encadré par la convention bilatérale. Le risque principal concerne les 'résidents non-permanents' qui rapatrient des revenus étrangers au Japon : ces montants deviennent imposables à Tokyo. Vigilance aussi sur les loyers et dividendes français : ils restent imposables en France et peuvent générer un crédit d'impôt complexe à calculer.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Plus-values sur actions et fonds : imposition séparée à 20,315 % (15,315 % national + 5 % local) sur les gains réalisés au Japon. Les titres étrangers non rapatriés au Japon sont hors champ pour les résidents non-permanents.
- Plus-values immobilières
- Plus-values immobilières : imposées en tant que revenus distincts. Taux de 39,63 % si le bien est détenu moins de 5 ans, 20,315 % au-delà. Les biens situés en France restent soumis à la fiscalité française.
- Impôt sur la fortune
- Aucun impôt sur la fortune au Japon. Les actifs détenus en dehors du Japon ne sont pas déclarables pour les résidents non-permanents (moins de 5 ans).
- Droits de succession
- Droits de succession japonais très élevés : taux progressif de 10 à 55 % selon l'actif net hérité. S'applique aux biens mondiaux du défunt résident japonais et aux héritiers résidant au Japon depuis plus de 10 ans. Vigilance particulière pour les familles mixtes franco-japonaises.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique aux résidents français qui transfèrent leur domicile fiscal hors de France avec plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. Aucun sursis automatique vers le Japon (non-UE) : une garantie auprès du Trésor est exigée. À anticiper 12 à 18 mois avant le départ.
Imposition de la pension de retraite
Une convention franco-japonaise de totalisation des droits à la retraite est en vigueur depuis 2018. Les trimestres cotisés au Japon (Kōsei Nenkin ou Kokumin Nenkin) peuvent être totalisés avec les trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits. La CFE permet de maintenir une couverture retraite française volontaire pendant l'expatriation.
Tout sur la retraite au JaponQuestions fréquentes
Dois-je payer des impôts en France si je vis et travaille au Japon ?
Cela dépend de votre statut. Si vous avez transféré votre résidence fiscale au Japon, vous ne payez plus l'impôt sur le revenu en France SAUF sur vos revenus de source française (loyers, dividendes d'actions françaises). La convention bilatérale France-Japon de 1996 évite la double imposition. Pendant vos 5 premières années, en tant que 'résident non-permanent', seuls vos revenus japonais ET vos revenus étrangers rapatriés au Japon sont imposables à Tokyo.
La retraite française est-elle préservée si je travaille au Japon ?
Oui, grâce à la convention de totalisation franco-japonaise en vigueur depuis 2018. Vos années cotisées au Japon peuvent être totalisées avec vos trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits. Les pensions sont ensuite calculées et versées séparément par chaque pays selon les seules années cotisées dans ce pays. Pensez aussi à cotiser volontairement à la CFE si vous souhaitez maintenir un lien direct avec la Sécu française.
Faut-il parler japonais pour s'installer au Japon ?
Non pour survivre, oui pour vraiment s'intégrer et gérer les démarches. L'anglais est parlé dans les quartiers expatriés de Tokyo, dans les cliniques internationales et dans les grandes entreprises. Mais la bureaucratie (impôts, bail, banque) est quasi-intégralement en japonais. Un niveau JLPT N4 (élémentaire conversationnel) après 1 an permet de gérer l'essentiel du quotidien.
À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif au 14 mai 2026. La fiscalité japonaise est complexe, notamment pour les résidents non-permanents. Consultez un fiscaliste spécialisé en mobilité France-Japon avant tout départ ou changement de statut. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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