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🇯🇵 Retraite · Japon

Prendre sa retraite au Japon en tant que Français

Cette page réunit ce qui décide d'un projet de retraite au Japon : le versement de votre pension française, la fiscalité applicable, la coordination des droits et la couverture santé. Pour le cadre général commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la retraite à l'étranger.

Retraite au Japon : accord de sécurité sociale et réalité pratique

Un accord de sécurité sociale entre la France et le Japon organise la coordination et la totalisation des périodes d'assurance pour la retraite, ce qui protège les carrières partagées entre les deux pays. Une pension française se perçoit en résidant au Japon avec le certificat de vie annuel.

Le Japon est rarement choisi comme destination retraite purement fiscale : son intérêt tient à des liens familiaux, souvent un conjoint japonais, ou à un attachement fort au pays. La fiscalité de la pension dépend de la convention de 1995 et de la nature de la pension.

La barrière de la langue et l'absence d'équivalent du formulaire S1 sont des facteurs concrets à intégrer pour un projet de retraite. Le Japon est une destination cohérente pour un profil avec attaches, moins pour une optimisation fiscale.

Convention de totalisation

Une convention existe : Convention de sécurité sociale France-Japon signée le 25 février 2005, en vigueur depuis juin 2007 (branche maladie) et étendue à la branche retraite en 2018. Elle permet la totalisation des périodes cotisées dans les deux pays pour l'ouverture du droit à pension : si vous avez cotisé 7 ans en France et 4 ans au Japon, les 11 ans combinés ouvrent vos droits dans les deux régimes. La pension est ensuite proratisée selon les seules périodes nationales.

Système de retraite local

Le Japon dispose de deux régimes obligatoires : le Kokumin Nenkin (pension nationale de base, cotisation fixe mensuelle ~16 980 ¥) pour tous les résidents, et le Kōsei Nenkin Hoken (pension des salariés, cotisation liée au salaire ~18,3 % partagés moitié-moitié) pour les travailleurs en entreprise. Le minimum de 10 ans de cotisation est requis pour percevoir une pension japonaise, la convention de totalisation permet d'atteindre ce seuil avec les années françaises.

Impact fiscal sur la pension

Une convention franco-japonaise de totalisation des droits à la retraite est en vigueur depuis 2018. Les trimestres cotisés au Japon (Kōsei Nenkin ou Kokumin Nenkin) peuvent être totalisés avec les trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits. La CFE permet de maintenir une couverture retraite française volontaire pendant l'expatriation.

Attention à la nature de votre pension : les pensions privées sont en principe imposables dans l'État de résidence, les pensions publiques dans l'État qui les verse. Un ancien fonctionnaire reste donc le plus souvent imposé en France. Voir la règle en détail.

Titre de séjour du retraité

Long-Term Resident (Résidence de longue durée – cas discrétionnaire)

  • Aucun visa retraité dédié n'existe au Japon
  • Voie principale : avoir un conjoint ou enfant résident japonais (visa Famille)
  • Sinon : demande de Long-Term Resident au cas par cas, nécessite des revenus suffisants documentés
  • Résidence permanente accessible après 10 ans de résidence continue (ou 5 ans pour les Highly Skilled)

Couverture santé du retraité

La Caisse des Français de l'Étranger est pertinente ici, pour une cotisation indicative de 80 à 280 € par mois. Elle rembourse sur la base des tarifs français, ce qui suppose une complémentaire là où les soins coûtent plus cher qu'en France. Comprendre le mécanisme.

  • Maintien d'un lien avec la Sécurité sociale française
  • Validation optionnelle de trimestres retraite supplémentaires
  • Couverture complémentaire en cas de rapatriement ou retour temporaire en France
  • Remboursements partiels si soins effectués en France

Préserver ses droits français

  • Cotiser au Kokumin Nenkin obligatoire dès la première année de résidence (sous peine de pénalités)
  • Envisager la CFE pour maintenir la couverture retraite française volontaire
  • Conserver son PEA et son assurance-vie en France (pas de fermeture obligatoire)
  • À la fin de l'expatriation, demander le remboursement lump-sum des cotisations Kokumin Nenkin (possible pour les étrangers qui quittent le Japon, dans les 2 ans suivant le départ)

Chômage et fin de carrière

Aucune allocation chômage au Japon pour les étrangers licenciés (il existe une assurance emploi japonaise mais très limitée pour les étrangers). Vos droits Pôle Emploi français sont suspendus pendant l'expatriation et ne reprennent qu'à votre retour en France si vous avez travaillé au Japon (et non en France) au cours des 24 derniers mois.

Questions fréquentes

Quel visa faut-il pour s'installer au Japon en tant que Français ?

Il n'existe pas de visa universel : Engineer/Specialist (salarié avec offre d'emploi japonaise), Business Manager (entrepreneur), Digital Nomad depuis avril 2024 (6 mois, revenus min. 63 000 €/an), PVT pour les 18-30 ans, ou Highly Skilled Professional pour les profils qualifiés. Il n'existe pas de visa retraité dédié, les retraités sans lien familial au Japon ont très peu d'options légales de résidence à long terme.

La retraite française est-elle préservée si je travaille au Japon ?

Oui, grâce à la convention de totalisation franco-japonaise en vigueur depuis 2018. Vos années cotisées au Japon peuvent être totalisées avec vos trimestres français pour atteindre le seuil d'ouverture des droits. Les pensions sont ensuite calculées et versées séparément par chaque pays selon les seules années cotisées dans ce pays. Pensez aussi à cotiser volontairement à la CFE si vous souhaitez maintenir un lien direct avec la Sécu française.