Quel visa pour s'installer dans ce pays ?
Les ressortissants français entrent au Pérou sans visa pour 90 jours. Pour s'installer durablement, le pays propose plusieurs statuts de résidence : travailleur salarié, indépendant, rentista (retraité avec revenus passifs) et investisseur. Un visa digital nomad est en cours de déploiement depuis 2025 mais n'a pas encore été intégré dans le TUPA (réglementation officielle). La langue et la bureaucratie en espagnol constituent le principal frein à l'installation.
Visa de Trabajo (Trabajador Designado)
Durée
12 mois
- Contrat de travail signé avec une entreprise péruvienne enregistrée
- Approbation préalable de l'Autorización de Trabajo par le Ministère du Travail (MTPE)
- Casier judiciaire apostillé en espagnol
- Certificat médical
- Lettre de l'employeur justifiant le recrutement d'un étranger
- Délai estimé
- 30–90 jours
- Coût total
- 200–800 €
L'autorisation de travail est délivrée par le MTPE avant le visa. L'employeur doit justifier qu'aucun candidat local qualifié n'était disponible. Après un an, possibilité de demander la résidence temporaire puis permanente.
Visa Independiente (Trabajador Independiente)
Durée
12 mois
- Preuve de qualification professionnelle (diplôme, portfolio, contrats clients)
- Justificatif de revenus suffisants pour subvenir à ses besoins sans recours à l'emploi local salarié
- Passeport valide 12 mois minimum
- Casier judiciaire apostillé
- Inscription au RUC (SUNAT) obligatoire après l'obtention du visa
- Délai estimé
- 30–60 jours
- Coût total
- 200–600 €
Les freelances travaillant exclusivement pour des clients étrangers (sans percevoir de revenus péruviens) vivent souvent en zone grise avec un visa touriste renouvelé. Ce visa est recommandé pour ceux qui perçoivent des revenus de source péruvienne. L'inscription à la SUNAT (RUC) est obligatoire pour tout revenu déclaré au Pérou.
Visa Rentista
Durée
12 mois
- Preuve de revenus passifs réguliers d'au moins 1 000 USD/mois : pension de retraite, rentes, dividendes, revenus locatifs, les salaires et revenus d'activité sont exclus
- Relevés bancaires sur 3 à 6 mois prouvant la régularité des versements
- Casier judiciaire apostillé
- Certificat médical
- Assurance santé valide au Pérou
- Délai estimé
- 30–60 jours
- Coût total
- 200–500 €
Le visa Rentista est le plus adapté aux retraités français dont la pension CNAV dépasse 1 000 USD/mois (~930 €). Renouvelable annuellement avec les mêmes justificatifs. Après 3 ans de visa temporaire, résidence permanente accessible.
Visa Inversionista
Durée
12 mois
- Investissement formalisé dans une entreprise péruvienne enregistrée au SUNARP
- Capital investi minimum de 15 000 USD (montant indicatif, soumis à évaluation)
- Rapport d'investissement validé par PROINVERSIÓN ou l'entreprise récipiendaire
- Casier judiciaire apostillé
- Passeport valide 12 mois
- Délai estimé
- 45–90 jours
- Coût total
- 300–1000 €
L'investissement immobilier peut être utilisé comme base mais nécessite d'être structuré via une société. Les étrangers peuvent acheter de l'immobilier en nom propre sans restriction, mais cela ne constitue pas automatiquement un investissement au sens du visa.
Ambassade en France
Ambassade du Pérou en France
50 avenue Kléber, 75116 Paris
Registre des Français à l'étranger
RecommandéL'inscription au registre des Français établis hors de France (consulat de Lima) est facultative mais fortement recommandée. Elle permet d'accéder à la carte consulaire, de voter aux élections françaises, de recevoir les alertes sécurité du consulat (tremblements de terre, troubles politiques) et de faciliter les démarches d'urgence.
- Carte consulaire française (justificatif d'identité au Pérou)
- Vote aux élections françaises (présidentielle, législatives, européennes, consulaires)
- Alertes sécurité en cas de tremblement de terre, instabilité politique ou catastrophe naturelle
- Délivrance simplifiée de passeport et actes d'état civil à l'ambassade de Lima
Fiscalité personnelle dans ce pays
Le Pérou applique un impôt sur le revenu progressif (Impuesto a la Renta, IR) de 8 % à 30 % sur les revenus mondiaux des résidents domiciliés, avec une franchise de 7 UIT (~9 625 €). Aucune convention fiscale bilatérale France-Pérou n'est en vigueur : les négociations ont abouti à un accord technique en 2024, mais la signature et la ratification n'ont pas encore eu lieu au 15 mai 2026. Le risque de double imposition est réel pour les expatriés français conservant des revenus de source française.
Avertissement fiscal
Convention bilatérale France / Pérou
Aucune convention
Aucune convention fiscale bilatérale France-Pérou n'est en vigueur au 15 mai 2026. Les deux pays ont entamé des négociations en 2019 et atteint un accord technique de fond en 2024 (annoncé par le ministère français de l'Économie en mars 2026), mais la convention n'a pas encore été signée ni ratifiée. En l'absence de convention, chaque pays applique ses règles internes, avec un risque réel de double imposition sur les revenus de source française perçus depuis le Pérou (loyers, dividendes, royalties). Le droit interne français prévoit un mécanisme unilatéral de crédit d'impôt partiel (article 122 bis CGI) pour limiter la double imposition, mais ce mécanisme est moins avantageux qu'une convention bilatérale.
Impôt sur le revenu
Impuesto a la Renta (IR) progressif pour les domiciliés (présents > 183 jours/an) : exonération des 7 premières UIT (~9 625 €/an), puis barème de 8 % à 30 % sur 5 tranches. UIT 2026 = 5 500 PEN (~1 375 €). Les non-domiciliés sont imposés au taux flat de 30 % sur les revenus de source péruvienne uniquement. Les revenus de 4e catégorie (indépendants) font l'objet d'une retenue à la source de 8 % à titre de paiement provisionnel de l'IR annuel.
| Tranche jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 9 625 € | 0 % |
| 16 500 € | 8 % |
| 37 125 € | 14 % |
| 57 750 € | 17 % |
| 71 500 € | 20 % |
| Au-delà | 30 % |
Plus-values mobilières
Plus-values sur cession d'actions cotées à la Bolsa de Valores de Lima (BVL) : 5 % de taux effectif pour les domiciliés, 5 % flat pour les non-domiciliés. Pas d'imposition sur les cessions d'actions étrangères pour un résident péruvien domicilié, sauf si l'administration fiscale (SUNAT) requalifie l'opération en activité habituelle.
Plus-values immobilières
Revenus locatifs : 5 % flat d'IR pour les domiciliés (1re et 2e catégories). Plus-values immobilières : taxées comme revenu ordinaire si la vente est considérée comme activité habituelle. Alcabala (taxe de mutation) : 3 % du prix de vente payée par l'acheteur. Les étrangers peuvent acheter et vendre des biens immobiliers sans restriction au Pérou.
Impôt sur la fortune
Aucun impôt sur la fortune au Pérou.
Droits de succession
Aucun droit de succession au sens propre au Pérou. Une taxe de 10 % (Impuesto a la Renta, 3e catégorie) peut s'appliquer sur les successions d'entreprises ou de biens productifs, mais les héritages entre particuliers ne sont généralement pas imposés. Les règles françaises sur les droits de succession s'appliquent en revanche sur les biens situés en France ou si l'héritier est résident fiscal français.
Exit tax
ApplicableL'exit tax française (article 167 bis CGI) s'applique si vous transférez votre domicile fiscal hors de France avec des participations supérieures à 800 000 € ou représentant plus de 50 % d'une société. Le Pérou n'étant pas membre de l'UE/EEE, aucun sursis automatique sans garantie n'est possible, une garantie bancaire ou le paiement immédiat de l'impôt est requis en fonction de la nature des titres détenus.
Impact retraite
Aucune convention de sécurité sociale France-Pérou n'existe (le Pérou est absent de la liste des accords bilatéraux du CLEISS). Vos années cotisées à l'AFP ou à l'ONP péruviens ne sont donc pas totalisables avec vos trimestres CNAV français. La cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) reste la seule solution pour préserver vos droits à la retraite française pendant votre expatriation au Pérou.
Risque de double imposition

Banque, devises et coût de la vie dans ce pays
L'ouverture d'un compte bancaire au Pérou en tant qu'étranger est complexe sans le Carnet de Extranjería (CE), document d'identité pour résidents étrangers délivré par la Superintendencia Nacional de Migraciones. Les premières semaines, Wise et Revolut permettent de fonctionner sans compte local. Une fois le CE obtenu, les principales banques acceptent les étrangers résidents.
Ouvrir un compte local
≈ 7 jours
Documents requis
- Carnet de Extranjería (CE) valide, obtenu après l'octroi du visa de résidence
- Passeport valide
- RUC (Registro Único de Contribuyentes, numéro fiscal péruvien, obtenu à la SUNAT)
- Justificatif de domicile au Pérou (contrat de bail ou attestation d'hébergement)
- Dépôt initial (variable selon banque, généralement 200 à 500 PEN)
Banques locales recommandées
BCP (Banco de Crédito del Perú)
Première banque du pays, réseau d'agences le plus dense, application mobile de référence, comptes en soles et en dollars, service client accessible.
BBVA Perú
Filiale du groupe espagnol BBVA, interface digitale moderne, bon accès aux produits multidevises, facilite les transferts internationaux EUR/PEN.
Interbank
Banque digitale de référence pour les jeunes actifs, application primée, virements rapides, ouverture de compte simplifiée pour résidents.
Banque française : à conserver ou fermer ?
Transferts d'argent EUR ↔ PEN
Wise
Wise est la meilleure solution pour les transferts EUR↔PEN : taux quasi-interbancaire, frais 0,5-0,9 %, délai 1-2 jours ouvrés. Indispensable avant d'avoir un compte local et pour envoyer de l'argent en France.
Revolut
Revolut Premium fonctionne bien pour les dépenses quotidiennes au Pérou. Attention : la conversion PEN est disponible mais les spreads peuvent être élevés les week-ends. Accepté dans les zones commerciales de Lima, moins en province.
Banque classique
Les banques françaises classiques prélèvent 25 à 60 € par virement international avec des marges de change de 1 à 3 %. À réserver pour les grosses opérations ponctuelles uniquement.
Coût de la vie · Lima
Indice Paris = 100 · Ici : 40Loyer studio centre
1 800 PEN/mois
Loyer T2
3 200 PEN/mois
Loyer T3 familial
4 500 PEN/mois
Loyer T2, Cusco
1 500 PEN/mois
Courses mensuelles
600 PEN
Transports mensuels
120 PEN
Repas midi
15 PEN
Dîner restaurant
60 PEN
Devise : Sol péruvien (PEN) · 1 EUR ≈ 0.25 PEN
Quelle couverture santé dans ce pays ?
Le système de santé péruvien est dual : un secteur public (EsSalud et MINSA) sous-financé et inégal selon les régions, et un secteur privé de bonne qualité à Lima (cliniques Delgado, Anglo-Americana, Ricardo Palma). Les expatriés s'orientent quasi exclusivement vers le privé. En dehors de Lima et des grandes villes, les soins sont très limités, une assurance avec rapatriement médical est indispensable.
Accord de sécurité sociale
Non
Aucune convention de sécurité sociale entre la France et le Pérou. Le Pérou est absent de la liste des pays avec lesquels la France a conclu un accord bilatéral de sécurité sociale (confirmé par le CLEISS). Aucun remboursement des soins péruviens par l'Assurance Maladie française. Une assurance santé internationale (CFE ou assureur privé) est indispensable.
Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
Pertinente
120–450 €/ mois
- Maintien du lien avec la Sécurité sociale française
- Couverture lors des retours en France
- Option retraite pour valider des trimestres CNAV pendant l'expatriation
- Remboursements complémentaires via mutuelle expat associée
- Indispensable en l'absence de convention de sécurité sociale France-Pérou
Système de santé local
Consultation : ≈ 18 €
Accès facile au secteur privé pour tout étranger avec assurance ou capacité à payer. Cliniques de référence à Lima : Clínica Delgado (Miraflores), Anglo-Americana, Clínica Ricardo Palma, Clínica San Borja. Médecins anglophones disponibles dans les cliniques privées de Miraflores et San Isidro ; quelques francophones rares. En dehors de Lima ou des grandes villes (Arequipa, Cusco), les soins spécialisés sont quasi inexistants, évacuation vers Lima nécessaire.
Numéros d'urgence
- Urgences nationales (police, ambulance, pompiers)911
- SAMU Lima (urgences médicales)117
- Ambassade de France à Lima (urgence consulaire)+51 1 215 8400
Assurances santé recommandées
April International Expat
Couverture Amérique Latine complète, hospitalisation dans les cliniques privées péruviennes sans avance de frais, option rapatriement médical vers la France.
AXA International
Réseau mondial dense, garanties solides pour les zones à risque sismique, rapatriement médical rapide depuis les régions reculées du Pérou.
Cigna Global
Bon rapport qualité/prix pour les familles et les retraités, formules modulables, application mobile pour les remboursements à distance.
Vaccins recommandés
- DTP (diphtérie, tétanos, polio) à jour obligatoire
- Hépatite A, fortement recommandée (eau et alimentation)
- Hépatite B, recommandée pour séjour prolongé
- Typhoïde, recommandée, surtout hors Lima
- Fièvre jaune, obligatoire pour les zones amazoniennes (junglé péruvienne, Iquitos, Puerto Maldonado)
- Rage, si activités outdoor, randonnée, zones rurales
- Paludisme (prophylaxie), pour zones amazoniennes basses (< 2 500 m)
- Aucun vaccin n'est obligatoire pour entrer au Pérou depuis la France
Au quotidien dans ce pays
Logement, transport, langue, climat, sécurité et connectivité : le détail du quotidien.
Logement
Studio à Lima (Miraflores/San Isidro) : 1 200-2 000 PEN/mois (~300-500 €). T2 expat (Miraflores/Barranco/San Isidro) : 2 500-4 500 PEN/mois (~625-1 125 €). T3 famille : 4 000-7 000 PEN/mois. Cusco (Cusqueño/San Blas) : T2 1 000-2 000 PEN/mois. Arequipa : T2 1 000-1 800 PEN/mois. Les quartiers les plus recommandés aux expatriés à Lima : Miraflores, San Isidro, Barranco, Surco (plus familial).
Plateformes
Caution : Généralement 1 à 2 mois de dépôt de garantie + 1 mois d'avance. Les contrats sont souvent en dollars (USD) dans les quartiers expats, même si le paiement se fait en soles. Prévoyez une clause diplomatique pour les départs anticipés liés au visa.
Transport
Permis : Le permis de conduire français est reconnu pour conduire au Pérou pendant 30 jours à compter de l'entrée. Au-delà et pour les résidents, conversion en permis péruvien via le MTC (Ministerio de Transportes y Comunicaciones), test médical et visite technique obligatoires, pas de test de conduite pour les titulaires d'un permis européen valide. À Lima, Uber et la version locale InDriver sont vivement recommandés en lieu et place des taxis de rue non accrédités.
Langue
Faible présence francophone directe à Lima (environ 3 750 Français inscrits pour 33 millions d'habitants). L'anglais est peu répandu en dehors des zones touristiques et des cercles d'affaires de San Isidro. La maîtrise de l'espagnol est indispensable pour les démarches administratives, médicales et quotidiennes. L'Alliance Française de Lima (la plus grande au monde par ses effectifs) est un point de ralliement central pour la communauté francophone.
Climat
Le Pérou offre trois zones climatiques radicalement différentes : (1) Lima, côte désertique, grise et fraîche en hiver austral (mai-novembre : 15-18°C, brume et 'garúa'), ensoleillée en été (décembre-avril : 23-28°C), choc fréquent pour les Français qui s'attendent à un pays tropical ; (2) Andes, Cusco, Arequipa, Puno : climat d'altitude sec, nuits froides (0-5°C) même en saison sèche, journées chaudes (15-22°C) ; (3) Amazonie, Iquitos, Puerto Maldonado : chaleur et humidité permanentes (28-35°C, 80-90 % humidité), pluies abondantes.
Lima : Janvier 27°C / Avril 24°C / Juillet 16°C / Octobre 18°C. Cusco : Janvier 14°C (saison des pluies) / Juillet 13°C (sec, nuits -5°C). Iquitos : stable 28-32°C toute l'année.
Sécurité
- Toujours utiliser Uber, Cabify ou InDriver plutôt que les taxis de rue non accrédités, risque d'express kidnapping ('secuestro al paso') avec les taxis non identifiés
- Ne jamais utiliser son téléphone visible dans la rue, particulièrement à Miraflores la nuit et dans le centre historique
- Garder une photocopie du passeport et du CE sur soi, les originaux dans un coffre-fort à l'hôtel/appartement
- S'inscrire sur Ariane (France Diplomatie) pour les alertes sismiques et sécuritaires du consulat
- Les tremblements de terre sont fréquents au Pérou (zone de subduction) : s'informer des consignes de sécurité et identifier les points de rassemblement dans son quartier
Internet & télécoms
Opérateurs recommandés
Movistar (meilleur fixe fibre) · Claro (4G/5G mobile le plus étendu) · Entel (mobile, bon rapport qualité/prix) · Bitel (mobile, couverture provinces)

Les Français dans ce pays
Chiffres officiels du registre consulaire, villes les plus prisées, associations et écoles françaises.
Inscrits au registre (source MAE, 2024)
3 754
Communauté réelle estimée 30 à 60 % supérieure (non-inscrits).
- Lima3 000
- Cusco400
- Arequipa200
Associations & réseaux
La plus grande Alliance Française du monde en termes d'étudiants. Point de rencontre central pour la communauté francophone à Lima : cours de français, événements culturels, réseau de contacts indispensable pour les nouveaux arrivants.
Association d'entraide et d'événements pour la communauté française expatriée au Pérou, antenne active à Lima.
Groupes & forums
- Expats Francophones au PérouFacebook
- Français au Pérou, Lima et provincesFacebook
- r/peru (anglophone, très actif)Reddit
- Le Petit Journal Lima (actualités communauté)Web
Écoles françaises
Lycée Franco-Péruvien de Lima (Colegio Franco Peruano)
Lima
Retraite, chômage et droits sociaux dans ce pays
L'expatriation a des conséquences directes sur vos droits français. Voici ce qu'il faut savoir.
Convention de totalisation
Aucune
Aucune convention de sécurité sociale ni de totalisation des droits à la retraite entre la France et le Pérou. Le Pérou est absent de la liste des pays conventionnés publiée par le CLEISS. Les cotisations versées à l'AFP (système privé de capitalisation) ou à l'ONP (système public par répartition) péruviens ne sont pas totalisables avec vos trimestres CNAV français. La cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) reste la seule solution pour préserver vos droits à la retraite française pendant votre expatriation au Pérou.
Système de retraite local
Le Pérou dispose de deux systèmes de retraite : l'ONP (Sistema Nacional de Pensiones, public par répartition) auquel les salariés cotisent 13 % de leur salaire, avec un minimum de 20 ans de cotisation pour toucher une pension à 65 ans ; et l'AFP (Administradoras de Fondos de Pensiones, privé par capitalisation individuelle) avec une cotisation moyenne de ~12 % dont 10 % vont au compte personnel. Les quatre AFP actives sont Integra, Prima, Profuturo et Habitat. Les expatriés peuvent y cotiser pendant leur séjour mais les droits accumulés sont peu transférables vers la France.
Impact assurance chômage
Vos droits à l'allocation chômage française (France Travail) sont suspendus pendant l'expatriation et reprennent au retour en France si vous n'avez pas dépassé 3 ans d'absence et remplissez les conditions d'inscription. Il n'existe pas d'assurance chômage publique au Pérou.
Congés maternité / paternité
Congé maternité péruvien : 98 jours payés à 100 % (49 avant + 49 après la naissance) pour les salariées cotisantes à EsSalud. Congé paternité : 10 jours (salariés du privé) ou 20 jours (secteur public). L'impact sur les prestations familiales françaises (PAJE, congé parental) dépend de votre maintien à la CFE. En l'absence d'adhésion à la CFE, vous perdez les droits aux prestations familiales françaises.
Préserver ses droits français
- Cotiser obligatoirement à la CFE (option retraite) pour valider des trimestres français, indispensable en l'absence de convention avec le Pérou
- Conserver son PEA et son assurance-vie française (non fermés automatiquement à l'expatriation)
- Vérifier sa situation CNAV avant le départ pour calculer l'impact des années non cotisées
- Envisager le rachat de trimestres à votre retour en France si des lacunes subsistent
- Surveiller l'avancée des négociations de la convention France-Pérou, son entrée en vigueur changera les règles
Les pièges à éviter dans ce pays
Les erreurs les plus fréquentes commises par les Français qui s'installent, directement issues de témoignages et retours d'expatriés.
- 01
Négliger l'absence de convention fiscale France-Pérou
Contrairement à la plupart des destinations populaires des expatriés français (Espagne, Portugal, Canada, Japon, Philippines…), il n'existe aucune convention fiscale bilatérale entre la France et le Pérou. Beaucoup d'expatriés découvrent ce point crucial trop tard, après s'être installés avec des revenus de source française (loyers, dividendes, redevances).
Conséquence
Double imposition réelle sur les revenus français : imposés en France à la source, puis potentiellement déclarés et imposés à nouveau au Pérou comme revenus mondiaux d'un résident domicilié. Le mécanisme de crédit unilatéral (art. 122 bis CGI) ne résout que partiellement le problème.
Solution
Consulter un avocat fiscaliste spécialisé expatriation avant le départ, cartographier précisément vos sources de revenus français et anticiper la structuration (transfert de résidence fiscale, organisation du patrimoine) pour minimiser le risque de double imposition.
- 02
S'attendre à Lima comme à une ville tropicale ensoleillée
Lima a la réputation d'être une des rares capitales du monde sans saison estivale traditionnelle. De mai à novembre, la ville est couverte d'une brume persistante (la 'garúa'), les températures ne dépassent pas 16-18°C et l'humidité est oppressante. De nombreux expatriés français arrivent en été et découvrent ce 'petit Paris gris' en hiver austral.
Conséquence
Choc climatique important, sentiment d'enfermement, déprime hivernale. Regretter d'avoir choisi Lima plutôt que Cusco ou le nord du pays (Trujillo, Máncora) qui bénéficient d'un ensoleillement plus régulier.
Solution
Planifier une visite de reconnaissance entre décembre et avril pour expérimenter l'été limeño avant de s'engager dans un bail annuel. Envisager de passer les mois de juin à octobre dans d'autres régions du Pérou (Cusco, nord côtier).
- 03
Travailler sans visa adapté en se fiant au visa touriste
Faute de visa digital nomad officiellement implémenté (le texte d'application n'avait pas été publié dans le TUPA en septembre 2025), de nombreux freelances vivent et travaillent au Pérou avec un simple visa touriste renouvelé. Cette situation constitue une zone grise juridique et fiscale.
Conséquence
Risque d'expulsion, d'interdiction de retour, d'amendes. Sur le plan fiscal : si la SUNAT (administration fiscale) considère que vous avez une activité péruvienne, elle peut exiger des déclarations et des cotisations rétroactives.
Solution
Opter pour le visa Independiente si vous percevez des revenus de clients péruviens, ou le visa Rentista si vous vivez uniquement de revenus passifs étrangers. S'inscrire à la SUNAT (obtention du RUC) et tenir une comptabilité propre pour les revenus de source péruvienne.
- 04
Utiliser des taxis de rue non accrédités à Lima
Lima est connue pour les 'secuestros al paso' (enlèvements express) et les vols orchestrés via de faux taxis. Les taxis jaunes officiels de rue n'ont pas de compteurs et peuvent être infiltrés. Nombreux expatriés découvrent la dangerosité des taxis non identifiés après avoir vécu un incident.
Conséquence
Vol de téléphone, cartes bancaires, effets personnels, et dans les cas graves : conduite forcée vers un distributeur pour vider les comptes.
Solution
Utiliser exclusivement Uber, Cabify ou InDriver depuis le premier jour. Appréhender rapidement les zones sûres (Miraflores, San Isidro, Barranco) et les zones à risque (centre historique la nuit, Callao, périphérie nord). Installer l'application Ariane pour les alertes de l'ambassade.
- 05
Attendre d'avoir un visa de résidence pour demander le Carnet de Extranjería
Le Carnet de Extranjería (CE) est la pièce maîtresse de toute vie administrative au Pérou pour un étranger. Sans ce document, il est impossible d'ouvrir un compte bancaire, de signer un bail légal long terme, d'accéder aux services médicaux formels, ou de s'inscrire à la SUNAT. Or les délais d'obtention sont de 30 à 90 jours après l'octroi du visa.
Conséquence
Blocage complet des démarches essentielles pendant 1 à 3 mois après l'arrivée, dépendance totale à Wise/Revolut pour les paiements, impossibilité de signer des contrats légaux.
Solution
Déposer la demande de CE auprès de la Superintendencia Nacional de Migraciones (MIGRACIONES) dans les premières semaines suivant l'arrivée, dès que le visa de résidence est en cours. Préparer tous les documents requis en amont (passeport, photos, visa, formulaires) pour éviter les allers-retours.
Toutes les sources et liens officiels
Pour aller plus loin et vérifier vos informations directement à la source.
Sources officielles
Ambassade de France au Pérou (Lima)
Site officiel : démarches consulaires, alertes sécurité (séismes), communauté française, registre des Français.
SUNAT (administration fiscale péruvienne)
Administration fiscale : obtention du RUC, déclarations IR, règles pour les résidents étrangers.
Superintendencia Nacional de Migraciones (MIGRACIONES)
Administration de l'immigration : visas, Carnet de Extranjería, extensions de séjour.
PROINVERSIÓN (agence investissement Pérou)
Agence officielle d'investissement : régimes d'investissement étranger, visa Inversionista.
Communauté & réseaux
Continuer sur le blog
Articles approfondis liés à Pérou : guide complet, erreurs à éviter, comparatifs.
Voir les articles PérouFoire aux questions
Les questions les plus posées par les Français qui envisagent l'expatriation. Toutes les réponses sont structurées pour Google (Schema.org FAQPage).
- Non, au 15 mai 2026, aucune convention fiscale bilatérale n'est en vigueur entre la France et le Pérou. Les deux pays ont atteint un accord technique de fond en 2024 après plusieurs années de négociations, mais la convention n'a pas encore été signée ni ratifiée. En pratique, le risque de double imposition est réel pour les expatriés français percevant des revenus de source française depuis le Pérou. Un mécanisme de crédit unilatéral français (art. 122 bis CGI) atténue partiellement le problème mais ne l'élimine pas. Consultez un fiscaliste avant de partir.
- Les Français peuvent entrer au Pérou sans visa pour 90 jours. Pour s'y installer durablement : le visa Rentista (retraité avec pension > 1 000 USD/mois), le visa Trabajador Designado (salarié avec contrat péruvien), le visa Independiente (auto-entrepreneur avec clients péruviens) ou le visa Inversionista (investisseur). Le visa digital nomad est en cours d'implémentation mais n'était pas encore opérationnel dans la réglementation officielle (TUPA) en septembre 2025.
- Oui, les étrangers peuvent acheter librement des biens immobiliers au Pérou (appartements, maisons, terrains) sans restriction légale et en leur propre nom, contrairement aux Philippines ou à d'autres pays. L'immobilier à Lima (Miraflores, San Isidro) est relativement abordable comparé aux capitales européennes. Il faut simplement obtenir un RUC (numéro fiscal péruvien) auprès de la SUNAT pour formaliser l'achat.
- Lima est une des villes les plus abordables d'Amérique du Sud pour les Européens. Le coût de la vie est environ 58 % inférieur à Paris (données Numbeo 2026). Un célibataire peut vivre confortablement (T2 à Miraflores, sorties, Uber) pour 1 000 à 1 800 € par mois. Une famille avec enfants et le lycée franco-péruvien compte 2 500 à 4 000 €/mois. Les produits importés européens et les quartiers expats sont plus chers mais le reste (restaurants, transport, courses locales) est très accessible.
- Non, pas automatiquement. Il n'existe aucune convention de sécurité sociale entre la France et le Pérou : vos années cotisées à l'AFP ou à l'ONP péruviens ne valident aucun trimestre pour la retraite française. La seule protection est la cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger, option retraite), qui permet de continuer à valider des trimestres CNAV pendant votre expatriation. C'est un point critique à anticiper avant le départ.
- Lima présente des risques de sécurité modérés à élevés selon les quartiers. Les zones expats (Miraflores, San Isidro, Barranco) sont relativement sûres en journée mais demandent de la vigilance la nuit. Les principaux risques sont les vols de téléphone ('jalón de celular'), les pickpockets et les faux taxis (risque d'enlèvement express). Utilisez toujours Uber ou Cabify, ne sortez jamais votre téléphone visible dans la rue, et évitez le centre historique et Callao la nuit.
- Oui, c'est la surprise la plus fréquente. Lima a un microclimat côtier désertique : de mai à novembre (hiver austral), la ville est couverte d'une brume persistante appelée 'garúa', les températures oscillent entre 13 et 18°C, et le soleil est rarissime. De décembre à avril (été), Lima est ensoleillée et agréable (22-28°C). Si vous recherchez un climat tropical, pensez à d'autres villes péruviennes (Cusco, Trujillo, Arequipa) ou planifiez votre arrivée entre décembre et mars.
- Oui, le Lycée Franco-Péruvien de Lima (Colegio Franco Peruano), homologué par l'AEFE, accueille les élèves de 3 à 18 ans à Lima. L'école propose un baccalauréat international trilingue (français, espagnol, anglais). L'Alliance Française de Lima, la plus grande au monde en effectifs, est également un point de ralliement majeur pour la communauté francophone, avec des cours de français et de nombreux événements culturels.
