🇵🇹 Fiscalité · Portugal
La fiscalité Portugal pour un expatrié français
Le Portugal a longtemps attiré les expatriés grâce au régime NHR (Non-Habitual Resident) qui exonérait certains revenus étrangers. Ce régime a été supprimé en 2024 et remplacé par l'IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), bien plus restrictif. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
La fin du NHR : ce qui a réellement changé en 2025 et 2026
Le régime des résidents non habituels, le fameux NHR qui a fait la réputation fiscale du Portugal auprès des expatriés, est fermé aux nouveaux arrivants. La période de transition s'est achevée au 31 mars 2025 : depuis, il n'est plus possible de demander à en bénéficier. C'est un changement majeur qu'il faut intégrer avant tout projet, car beaucoup d'informations encore en circulation décrivent un avantage qui n'existe plus pour les nouveaux résidents.
Les personnes qui bénéficiaient déjà du NHR avant sa fermeture conservent leurs droits acquis. Le grandfathering est complet : elles gardent leur taux et leurs exonérations jusqu'au terme de leur période de dix ans, soit jusque vers 2031 selon leur date d'enregistrement. Si vous connaissez des expatriés installés depuis plusieurs années sous NHR, leur situation n'est donc pas comparable à la vôtre si vous arrivez maintenant.
Le dispositif qui remplace le NHR s'appelle l'IFICI, parfois présenté comme un NHR 2.0. Il est beaucoup plus ciblé : réservé à des profils hautement qualifiés exerçant dans des domaines stratégiques comme la recherche scientifique, la technologie, l'innovation ou l'enseignement supérieur. Il offre un taux forfaitaire de 20 % sur les revenus professionnels de source portugaise et des exonérations sur la plupart des revenus de source étrangère, pour une durée de dix ans non renouvelable. La différence de fond avec l'ancien régime est qu'il faut désormais justifier chaque année d'une activité éligible : il ne suffit plus de résider au Portugal.
Pour les retraités et les profils vivant principalement de revenus passifs, l'IFICI n'apporte rien : ils ne sont pas éligibles. Une pension étrangère est désormais soumise au barème progressif portugais. À titre d'ordre de grandeur, un retraité percevant environ 30 000 euros de pension par an peut se retrouver avec une imposition effective de l'ordre de 20 à 30 %, là où l'ancien NHR offrait un taux très faible. C'est le point qui change le plus la donne pour le profil retraité, longtemps majoritaire parmi les Français attirés par le Portugal.
Barème, plus-values et articulation avec la France
Hors régime spécial, l'impôt sur le revenu portugais (IRS) est progressif, avec des tranches qui vont d'environ 13 % à 48 % sur les revenus mondiaux des résidents fiscaux. Les plus-values sur valeurs mobilières sont en principe taxées à un taux fixe de 28 %. Les plus-values immobilières des résidents sont imposées pour moitié de leur montant, intégrées au barème progressif, avec des règles particulières en cas de réinvestissement dans la résidence principale.
Le Portugal ne connaît pas d'impôt sur la fortune comparable à l'IFI français. Seul l'AIMI, une surtaxe additionnelle à la taxe foncière, vise les patrimoines immobiliers de valeur élevée. Il n'existe pas non plus de droits de succession entre conjoints, ascendants et descendants : les transmissions dans cette ligne directe relèvent au pire d'un droit de timbre limité, ce qui reste un avantage patrimonial réel.
La convention fiscale franco-portugaise de 1971 organise la répartition de l'imposition entre les deux pays et évite la double imposition, en règle générale par la méthode du crédit d'impôt. Le risque de double imposition est donc faible lorsque la résidence fiscale est correctement établie d'un seul côté. L'erreur classique consiste à se croire automatiquement non-résident français dès l'arrivée au Portugal : tant que les critères français de résidence sont remplis, l'imposition mondiale en France demeure.
Enfin, l'exit tax française peut s'appliquer au moment du départ de France si vous détenez des plus-values latentes importantes, au-delà des seuils prévus par la loi française. Ce point se anticipe avant le déménagement, pas après. Les éléments ci-dessus donnent le cadre général : une situation patrimoniale précise doit être validée par un professionnel.
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Portugal existe. Convention France-Portugal de 1971, modifiée à plusieurs reprises. Imposition principale au pays de résidence fiscale, mécanisme de crédit d'impôt pour éviter la double imposition.
Risque de double imposition
Risque très faible grâce à la convention bilatérale. Les revenus de source française (loyers) restent imposables en France. Le Portugal impose les revenus mondiaux des résidents fiscaux avec crédit d'impôt.
Plus-values et patrimoine
Mobilier : Taux fixe de 28 % sur les plus-values mobilières (actions, obligations). Option pour barème progressif si plus avantageux. Immobilier : Plus-values immobilières imposées à 50 % au barème progressif (résidence principale exemptée si réinvestissement). Pas d'IFI au Portugal. Seul l'AIMI (Adicional ao IMI) s'applique sur le patrimoine immobilier au-delà de 600 000 € (0,7 % à 1,5 %). Pas de droit de succession entre conjoints, descendants et ascendants. 10 % de droit de timbre pour les autres héritiers.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française s'applique en quittant la France si vous détenez plus de 800 000 € de participations. Sursis de paiement automatique vers le Portugal (UE).
À titre indicatif. Le NHR est officiellement supprimé pour les nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024. L'IFICI le remplace mais avec des conditions très restrictives (chercheurs, scientifiques, métiers en tension). Consultez un fiscaliste avant tout départ. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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