Quel visa pour s'installer au Portugal ?
En tant que citoyen UE, le Français peut s'installer au Portugal sans visa. Une simple demande de Certificat d'Enregistrement (CRUE) en mairie après 90 jours suffit. Pour les profils non-UE ou les demandes spécifiques (digital nomad, retraite), des visas D existent.
Libre circulation UE + Certificat d'Enregistrement (CRUE)
Durée
60 mois
- Citoyenneté UE (Français = OK)
- Justificatif de revenus ou d'emploi au Portugal
- Justificatif d'adresse (bail, facture)
- Demande à la Câmara Municipal après 90 jours
- Délai estimé
- 1–14 jours
- Coût total
- 15–20 €
Le CRUE est obtenu en mairie en quelques jours. Validité 5 ans. Au bout de 5 ans, demande de carte de résident permanent.
Visa D8 (Digital Nomad Visa)
Durée
12 mois
- Revenus mensuels minimum 3 480 € (~4x le salaire minimum portugais)
- Contrat de télétravail OU activité freelance pour clients hors Portugal
- Assurance santé valide au Portugal
- Casier judiciaire vierge
- Délai estimé
- 60–180 jours
- Coût total
- 200–400 €
Réservé aux non-UE depuis 2022. Les Français passent par la libre circulation, mais le visa D8 peut intéresser les non-Européens.
Visa D7 (revenus passifs / retraite)
Durée
24 mois
- Revenus passifs réguliers (pension, loyers, dividendes)
- Minimum ~870 € / mois (1x salaire minimum portugais)
- Logement au Portugal
- Assurance santé
- Délai estimé
- 60–180 jours
- Coût total
- 200–400 €
Les Français retraités passent généralement par la libre circulation UE plutôt que par le D7.
Golden Visa (réformé en 2023)
Durée
60 mois
- Investissement minimum 500 000 € dans des fonds capital-investissement portugais
- OU création de 10 emplois
- OU contributions culturelles/scientifiques
- Plus d'option immobilière depuis octobre 2023
- Délai estimé
- 180–540 jours
- Coût total
- 8000–25000 €
L'option immobilière est supprimée depuis la réforme de 2023. Visa pertinent surtout pour les non-UE.
Ambassade en France
Ambassade du Portugal en France
3 rue de Noisiel, 75116 Paris
Registre des Français à l'étranger
RecommandéInscription au registre des Français établis hors de France facultative mais recommandée.
- Carte consulaire
- Vote aux élections françaises
- Bourses scolaires (Lycée français Charles Lepierre Lisbonne)
- Aide en cas de crise
Citoyen UE : pas de visa, mais une formalité à ne pas oublier
En tant que ressortissant français, vous bénéficiez de la libre circulation au sein de l'Union européenne. Concrètement, vous n'avez besoin d'aucun visa pour vous installer au Portugal, y travailler, y créer une activité ou y prendre votre retraite. Vous entrez avec une simple carte d'identité ou un passeport en cours de validité, et vous pouvez rester sans limite de durée.
La seule formalité réellement importante intervient si votre séjour dépasse trois mois. Vous devez alors demander le Certificado de Registo de Cidadão da União Europeia, le CRUE, auprès de la mairie (câmara municipal) de votre commune de résidence. La démarche est rapide et peu coûteuse, de l'ordre de quinze euros, et le document est délivré en quelques jours. Il atteste de votre droit de séjour et vous sera demandé pour la plupart des démarches administratives ultérieures.
Deux numéros sont en pratique indispensables avant même le CRUE. Le NIF (Número de Identificação Fiscal) est le numéro fiscal portugais : il est exigé pour ouvrir un compte bancaire, signer un bail, souscrire un abonnement ou acheter un bien. Le NISS (Número de Identificação da Segurança Social) est nécessaire dès que vous travaillez ou cotisez localement. Beaucoup de nouveaux arrivants sous-estiment le temps nécessaire pour obtenir ces identifiants et se retrouvent bloqués pour des démarches simples.
Au bout de cinq années de résidence légale continue, vous pouvez demander un certificat de résidence permanente, qui consolide définitivement votre droit de séjour. La nationalité portugaise reste une option distincte, soumise à des conditions de durée et, dans la plupart des cas, à un niveau minimal de portugais.
Fiscalité personnelle au Portugal
Le Portugal a longtemps attiré les expatriés grâce au régime NHR (Non-Habitual Resident) qui exonérait certains revenus étrangers. Ce régime a été supprimé en 2024 et remplacé par l'IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), bien plus restrictif.
Avertissement fiscal
Convention bilatérale France / Portugal
Convention existante
Convention France-Portugal de 1971, modifiée à plusieurs reprises. Imposition principale au pays de résidence fiscale, mécanisme de crédit d'impôt pour éviter la double imposition.
Texte officiel (impots.gouv.fr)Impôt sur le revenu
Impôt progressif (IRS) sur les revenus mondiaux des résidents fiscaux. Tranches de 13,25 % à 48 %, plus surtaxes pour très hauts revenus (jusqu'à 53 % marginal).
| Tranche jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 8 000 € | 13.25 % |
| 12 500 € | 18 % |
| 17 000 € | 23 % |
| 22 000 € | 26 % |
| 28 000 € | 32.75 % |
| 41 000 € | 37 % |
| 80 000 € | 43.5 % |
| Au-delà | 48 % |
Plus-values mobilières
Taux fixe de 28 % sur les plus-values mobilières (actions, obligations). Option pour barème progressif si plus avantageux.
Plus-values immobilières
Plus-values immobilières imposées à 50 % au barème progressif (résidence principale exemptée si réinvestissement).
Impôt sur la fortune
Pas d'IFI au Portugal. Seul l'AIMI (Adicional ao IMI) s'applique sur le patrimoine immobilier au-delà de 600 000 € (0,7 % à 1,5 %).
Droits de succession
Pas de droit de succession entre conjoints, descendants et ascendants. 10 % de droit de timbre pour les autres héritiers.
Exit tax
ApplicableL'exit tax française s'applique en quittant la France si vous détenez plus de 800 000 € de participations. Sursis de paiement automatique vers le Portugal (UE).
Impact retraite
Convention de sécurité sociale UE : totalisation automatique des trimestres. Vos années cotisées au Portugal valident des trimestres pour la retraite française et inversement. Les pensions françaises versées au Portugal restent imposables en France (selon la convention).
Risque de double imposition
La fin du NHR : ce qui a réellement changé en 2025 et 2026
Le régime des résidents non habituels, le fameux NHR qui a fait la réputation fiscale du Portugal auprès des expatriés, est fermé aux nouveaux arrivants. La période de transition s'est achevée au 31 mars 2025 : depuis, il n'est plus possible de demander à en bénéficier. C'est un changement majeur qu'il faut intégrer avant tout projet, car beaucoup d'informations encore en circulation décrivent un avantage qui n'existe plus pour les nouveaux résidents.
Les personnes qui bénéficiaient déjà du NHR avant sa fermeture conservent leurs droits acquis. Le grandfathering est complet : elles gardent leur taux et leurs exonérations jusqu'au terme de leur période de dix ans, soit jusque vers 2031 selon leur date d'enregistrement. Si vous connaissez des expatriés installés depuis plusieurs années sous NHR, leur situation n'est donc pas comparable à la vôtre si vous arrivez maintenant.
Le dispositif qui remplace le NHR s'appelle l'IFICI, parfois présenté comme un NHR 2.0. Il est beaucoup plus ciblé : réservé à des profils hautement qualifiés exerçant dans des domaines stratégiques comme la recherche scientifique, la technologie, l'innovation ou l'enseignement supérieur. Il offre un taux forfaitaire de 20 % sur les revenus professionnels de source portugaise et des exonérations sur la plupart des revenus de source étrangère, pour une durée de dix ans non renouvelable. La différence de fond avec l'ancien régime est qu'il faut désormais justifier chaque année d'une activité éligible : il ne suffit plus de résider au Portugal.
Pour les retraités et les profils vivant principalement de revenus passifs, l'IFICI n'apporte rien : ils ne sont pas éligibles. Une pension étrangère est désormais soumise au barème progressif portugais. À titre d'ordre de grandeur, un retraité percevant environ 30 000 euros de pension par an peut se retrouver avec une imposition effective de l'ordre de 20 à 30 %, là où l'ancien NHR offrait un taux très faible. C'est le point qui change le plus la donne pour le profil retraité, longtemps majoritaire parmi les Français attirés par le Portugal.
Barème, plus-values et articulation avec la France
Hors régime spécial, l'impôt sur le revenu portugais (IRS) est progressif, avec des tranches qui vont d'environ 13 % à 48 % sur les revenus mondiaux des résidents fiscaux. Les plus-values sur valeurs mobilières sont en principe taxées à un taux fixe de 28 %. Les plus-values immobilières des résidents sont imposées pour moitié de leur montant, intégrées au barème progressif, avec des règles particulières en cas de réinvestissement dans la résidence principale.
Le Portugal ne connaît pas d'impôt sur la fortune comparable à l'IFI français. Seul l'AIMI, une surtaxe additionnelle à la taxe foncière, vise les patrimoines immobiliers de valeur élevée. Il n'existe pas non plus de droits de succession entre conjoints, ascendants et descendants : les transmissions dans cette ligne directe relèvent au pire d'un droit de timbre limité, ce qui reste un avantage patrimonial réel.
La convention fiscale franco-portugaise de 1971 organise la répartition de l'imposition entre les deux pays et évite la double imposition, en règle générale par la méthode du crédit d'impôt. Le risque de double imposition est donc faible lorsque la résidence fiscale est correctement établie d'un seul côté. L'erreur classique consiste à se croire automatiquement non-résident français dès l'arrivée au Portugal : tant que les critères français de résidence sont remplis, l'imposition mondiale en France demeure.
Enfin, l'exit tax française peut s'appliquer au moment du départ de France si vous détenez des plus-values latentes importantes, au-delà des seuils prévus par la loi française. Ce point se anticipe avant le déménagement, pas après. Les éléments ci-dessus donnent le cadre général : une situation patrimoniale précise doit être validée par un professionnel.

Banque, devises et coût de la vie au Portugal
Ouvrir un compte au Portugal est simple grâce à l'appartenance à la zone SEPA. Le NIF (numéro fiscal portugais) est indispensable pour quasiment toute démarche : il s'obtient en 1 jour aux Finanças.
Ouvrir un compte local
≈ 5 jours
Documents requis
- NIF (numéro fiscal portugais), à obtenir en premier
- Passeport ou CNI
- Justificatif d'adresse (au Portugal ou en France acceptés au démarrage)
- Justificatif de revenus (parfois demandé)
Banques locales recommandées
Millennium BCP
Plus grande banque privée du Portugal, application mobile excellente, programmes pour expatriés
Caixa Geral de Depósitos (CGD)
Banque publique, large réseau, service stable
ActivoBank
Filiale 100 % en ligne de Millennium, frais réduits, idéale pour digital nomades
Bordr / N26
Solutions digitales pour ouvrir un NIF + compte à distance avant l'arrivée
Banque française : à conserver ou fermer ?
Transferts d'argent EUR ↔ EUR
Wise
Wise pour les transferts hors zone euro uniquement. Pour France ↔ Portugal, virements SEPA gratuits via votre banque.
Revolut
Revolut très populaire chez les expatriés Portugal, fonctionne sans friction, gratuit en standard.
Banque classique
Banques classiques sont OK car SEPA, pas de frais sur virements EUR vers le Portugal.
Coût de la vie · Lisbonne
Indice Paris = 100 · Ici : 65Loyer studio centre
700 €/mois
Loyer T2
1 100 €/mois
Loyer T3 familial
1 500 €/mois
Loyer T2, Porto / Coimbra
850 €/mois
Courses mensuelles
350 €
Transports mensuels
40 €
Repas midi
12 €
Dîner restaurant
30 €
Devise : Euro (EUR) · 1 EUR ≈ 1 EUR
Ouvrir et gérer ses comptes : ce qui marche en pratique
Ouvrir un compte bancaire au Portugal est l'une des démarches les plus simples de l'installation, à condition d'avoir d'abord obtenu son NIF. Les banques demandent généralement une pièce d'identité, le NIF, un justificatif de domicile et parfois un justificatif de revenus. Le compte est souvent opérationnel en quelques jours. Millennium BCP, Caixa Geral de Depósitos et Novobanco sont les établissements les plus présents ; ActivoBank, filiale de Millennium, est appréciée pour son fonctionnement entièrement en ligne et ses frais réduits.
Le Portugal étant dans la zone euro et dans l'espace SEPA, les virements depuis et vers la France se font sans frais de change et sans complexité. C'est un confort que n'ont pas les expatriés vers des zones hors euro. Beaucoup de Français conservent malgré tout un compte français actif pour leurs revenus de source française, le paiement d'impôts résiduels ou la gestion d'un bien locatif resté en France.
Revolut et Wise sont très répandus dans la communauté expatriée. Ils ne remplacent pas un compte local pour les prélèvements récurrents et les relations avec l'administration, mais ils sont pratiques pour la gestion quotidienne multidevise et pour limiter les frais lors d'opérations hors zone euro. Une organisation courante consiste à garder un compte portugais pour la vie locale, un compte français pour les attaches restantes, et un compte type Revolut comme tampon.
Un point de vigilance : certaines banques françaises facturent des frais spécifiques aux non-résidents ou ferment les comptes de clients dont l'adresse passe à l'étranger. Vérifiez la politique de votre banque avant le départ plutôt que de le découvrir une fois sur place.
Quelle couverture santé au Portugal ?
Le Portugal a un système de santé public universel (SNS) accessible à tous les résidents. La qualité varie selon les régions : très bonne dans les grandes villes (Lisbonne, Porto), plus limitée en zone rurale. Délais publics longs, le privé est abordable.
Accord de sécurité sociale
Oui
En tant qu'État membre UE, accord automatique. Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM) valide pour les courts séjours. Les résidents permanents s'inscrivent au SNS portugais.
Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
Peu pertinente
250–600 €/ mois
- Maintien du lien sécurité sociale française
- Validation de trimestres retraite (option spécifique)
- Pertinent surtout en complément si vie partagée France/Portugal
Système de santé local
Consultation : ≈ 25 €
Accès SNS gratuit ou taxes minimes (5-10 € la consultation) pour les résidents enregistrés. Privé : consultations 50-80 €, hospitalisations correctes.
Numéros d'urgence
- Urgences (européen)112
- SNS 24 (santé)808 24 24 24
- Consulat France Lisbonne+351 21 393 92 00
Assurances santé recommandées
Médis (assurance privée locale)
Leader portugais, bonne couverture privée, ~50-100 €/mois pour une famille.
Multicare
Assurance privée du groupe Fidelidade, large réseau hospitalier.
CFE + mutuelle française
Pertinent si vous gardez un pied en France.
Vaccins recommandés
- Vaccins de routine à jour
- Aucun vaccin obligatoire spécifique
SNS, assurance privée et CFE : comment se couvrir vraiment
Le Portugal dispose d'un système public de santé, le SNS, largement financé par l'État. Une fois inscrit, l'accès aux soins coûte très peu : de l'ordre de quelques euros pour une consultation chez un généraliste dans un centre de santé public, et un peu plus pour un spécialiste. La qualité médicale est correcte, mais le talon d'Achille du SNS est connu : les délais d'attente, parfois longs pour un spécialiste ou un acte non urgent.
C'est précisément pour cette raison que la grande majorité des expatriés combine le SNS avec une assurance santé privée. Les assureurs locaux comme Médis, Multicare ou AdvanceCare proposent des contrats à des tarifs nettement plus bas qu'en France pour une couverture équivalente, souvent quelques dizaines d'euros par mois selon l'âge et les garanties. L'assurance privée donne accès au réseau de cliniques privées, où les délais sont courts.
Pour un Français qui s'installe, l'accès au SNS passe par l'inscription en tant que résident et l'obtention du numéro de sécurité sociale portugais (NISS). Pendant la phase de transition, la carte européenne d'assurance maladie couvre les soins ponctuels. Les retraités titulaires d'une pension de l'État français relèvent d'un mécanisme spécifique de coordination européenne, via le formulaire S1, qui ouvre l'accès au SNS avec une prise en charge financée par la France.
La Caisse des Français de l'Étranger reste pertinente pour ceux qui veulent conserver un rattachement au système français, notamment en cas d'allers-retours fréquents ou de projet de retour. Le choix entre SNS seul, SNS plus assurance privée, CFE ou assurance internationale dépend du profil : âge, état de santé, fréquence des séjours en France et budget. Il n'y a pas de réponse unique, mais partir sans aucune couverture en pensant régulariser plus tard est l'erreur à ne pas commettre.
Au quotidien au Portugal
Logement, transport, langue, climat, sécurité et connectivité : le détail du quotidien.
Logement
Studio Lisbonne centre : 800-1 200 €. T2 Lisbonne : 1 100-1 600 €. T2 Porto : 800-1 200 €. T2 Algarve : 900-1 400 €. Marché tendu dans les grandes villes (effet du tourisme et des digital nomads).
Plateformes
Caution : Caution 1-2 mois, parfois 3 mois exigés des étrangers. Loyer mensuel + IMI parfois en sus.
Transport
Permis : Permis français reconnu sans formalité (UE). Conversion possible si > 185 jours/an au Portugal.
Langue
Forte communauté française historique (300 000+ Franco-Portugais). Beaucoup de Portugais parlent un peu français (lien historique avec l'émigration vers la France).
Climat
Climat méditerranéen au sud (Algarve), océanique tempéré au nord (Porto). 300 jours de soleil/an dans le sud, étés chauds (28-35°C), hivers doux (10-15°C). Pluies modérées de novembre à mars.
Lisbonne : Janvier 12°C / Avril 17°C / Juillet 24°C / Octobre 19°C. Faro (Algarve) : 2-3°C plus chaud.
Sécurité
- Pays parmi les plus sûrs d'Europe
- Pickpockets dans les zones touristiques de Lisbonne et Porto
- Conduite parfois agressive en ville
- Très accueillant pour les étrangers
Internet & télécoms
Opérateurs recommandés
MEO · Vodafone PT · NOS · WTF (low-cost)
Logement, coût de la vie et vie quotidienne
Le coût de la vie au Portugal reste inférieur à celui de la France, de l'ordre de 20 à 30 % selon les postes, avec des écarts marqués sur la restauration et l'alimentation locale. Cet avantage s'est toutefois réduit ces dernières années, surtout dans l'immobilier des grandes villes, sous l'effet de la demande internationale.
Le logement est le poste où la disparité géographique est la plus forte. Lisbonne est devenue la ville la plus chère du pays : les loyers y atteignent des niveaux proches de ceux des grandes métropoles européennes, et trouver un bien correct demande de la réactivité. Porto reste sensiblement plus abordable, souvent 30 à 50 % en dessous de Lisbonne pour un logement comparable. L'intérieur du pays et les villes moyennes offrent des loyers très inférieurs, ce qui explique l'attrait croissant pour des destinations comme Coimbra, Braga ou les régions plus rurales.
Au quotidien, l'anglais est largement pratiqué dans les zones urbaines et touristiques, ce qui facilite l'arrivée. Apprendre le portugais reste cependant déterminant pour s'intégrer durablement, sortir des cercles expatriés et gérer l'administration. Le pays est réputé sûr, avec un indice de criminalité parmi les plus bas d'Europe, et la couverture internet et mobile est de bon niveau, fibre comprise dans les villes.
Côté mobilité, le permis de conduire français est valable en tant que permis européen. Il n'est pas obligatoire de l'échanger, mais l'échange est recommandé après l'établissement de la résidence pour simplifier les démarches futures. La voiture n'est pas indispensable à Lisbonne ou Porto, bien desservies par les transports en commun, mais elle redevient utile dès que l'on s'installe hors des centres.

Les Français au Portugal
Chiffres officiels du registre consulaire, villes les plus prisées, associations et écoles françaises.
Inscrits au registre (source MAE, 2024)
32 000
Communauté réelle estimée 30 à 60 % supérieure (non-inscrits).
- Lisbonne12 000
- Porto4 500
- Cascais / Estoril3 500
- Algarve (Faro, Lagos, Tavira)8 000
Associations & réseaux
Section portugaise de l'Union des Français de l'Étranger.
Français du Portugal
Réseau d'entraide pour la communauté française.
Réseau professionnel.
Groupes & forums
- Français au PortugalFacebook
- Français à LisbonneFacebook
- Expats français AlgarveFacebook
- r/PortugalReddit
Écoles françaises
Lycée français Charles Lepierre
Lisbonne
Lycée français International Marius Latour
Porto
École française internationale d'Algarve
Almancil
Une communauté française installée et structurée
Le Portugal compte l'une des communautés françaises les plus dynamiques d'Europe, concentrée surtout à Lisbonne, Porto, dans l'Algarve et autour de Cascais. Cette présence s'est fortement renforcée durant la décennie du NHR, et même si le flux de nouveaux arrivants évolue avec la fin de ce régime, l'écosystème francophone reste très actif sur place.
Cette densité a un effet pratique : il est facile de trouver de l'entraide, des retours d'expérience récents et des contacts professionnels francophones. Les groupes Facebook et forums dédiés aux Français au Portugal sont nombreux et vivants, et constituent souvent la première source d'information concrète des nouveaux arrivants pour le logement, les bons interlocuteurs administratifs ou les artisans de confiance.
Pour les familles, l'enseignement français homologué est présent, notamment à Lisbonne avec un lycée français de référence et des établissements à Porto. Les places sont recherchées et les inscriptions se préparent à l'avance. Au-delà du réseau scolaire français, certaines familles optent pour des écoles internationales ou pour le système portugais selon l'âge des enfants et le projet de long terme.
Cette communauté est une ressource, mais elle peut aussi devenir un piège si elle remplace toute intégration locale. Les expatriés les mieux installés sur la durée sont en général ceux qui s'appuient sur la communauté au départ sans s'y enfermer, et qui investissent en parallèle dans la langue et les relations portugaises.
Retraite, chômage et droits sociaux au Portugal
L'expatriation a des conséquences directes sur vos droits français. Voici ce qu'il faut savoir.
Convention de totalisation
Existante
Règlements UE 883/2004 et 987/2009 : totalisation automatique des trimestres entre la France et le Portugal. Vos années cotisées dans les deux pays s'additionnent pour le calcul de la retraite.
Système de retraite local
Sécurité sociale portugaise (Segurança Social) : cotisation obligatoire pour les salariés (~11 % part salariale, 23,75 % part employeur). Régime universel, calcul de la pension basé sur les meilleures années.
Impact assurance chômage
Vos droits Pôle Emploi français peuvent être transférés au Portugal pendant 3 mois maximum (formulaire U2). Pour cotiser au chômage portugais, il faut travailler localement.
Congés maternité / paternité
Congé parental partagé portugais : 120 à 150 jours rémunérés (selon partage), bonus pour partage entre les deux parents. Plus court qu'en France mais bonne couverture.
Préserver ses droits français
- Cotiser à la sécurité sociale portugaise dès l'arrivée (automatique pour les salariés)
- Conserver son PEA, PER et assurance-vie en France
- Profiter du faible coût de la vie pour épargner davantage
- Le SNS portugais évite les coûts santé majeurs en retraite
Retraite au Portugal : droits, pension et fiscalité après le NHR
Le Portugal et la France relèvent de la coordination européenne de sécurité sociale. Les périodes d'assurance accomplies dans chaque pays peuvent être totalisées pour l'ouverture et le calcul des droits, ce qui protège les carrières partagées entre les deux États. Une pension française se perçoit sans difficulté en résidant au Portugal, par virement, sous réserve de renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses, faute de quoi les versements sont suspendus.
La fiscalité de la pension est le point qui a le plus changé. Sous l'ancien NHR, les pensions étrangères des nouveaux arrivants bénéficiaient d'un traitement très favorable. Ce n'est plus le cas : pour un retraité qui s'installe désormais, la pension de source privée est en principe imposée au Portugal au barème progressif, selon les règles de la convention de 1971. Les pensions publiques relèvent souvent d'un traitement distinct au titre de cette convention. L'effet net est qu'il faut désormais raisonner en imposition réelle de la pension, et non plus en exonération.
Sur la santé, les titulaires d'une pension de l'État français bénéficient du mécanisme du formulaire S1, qui ouvre l'accès au système de santé portugais avec une prise en charge financée par la France. C'est un avantage concret pour le profil retraité, à condition d'accomplir la démarche d'enregistrement auprès des organismes portugais.
Le Portugal reste une destination de retraite cohérente pour des raisons de cadre de vie, de climat, de sécurité et de proximité avec la France, mais l'argument purement fiscal qui a porté son succès s'est largement éteint pour les nouveaux arrivants. Tout projet de retraite au Portugal doit aujourd'hui être chiffré avec la fiscalité réelle post-NHR, idéalement validé par un conseil au regard de votre situation patrimoniale.
Les pièges à éviter au Portugal
Les erreurs les plus fréquentes commises par les Français qui s'installent, directement issues de témoignages et retours d'expatriés.
- 01
Compter sur le NHR (régime supprimé en 2024)
Le régime NHR (Non-Habitual Resident) n'est plus accessible aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024. Beaucoup d'articles en ligne sont périmés.
Conséquence
Plans fiscaux basés sur des avantages disparus, fiscalité réelle nettement plus lourde.
Solution
Vérifier l'éligibilité au nouveau régime IFICI (très restrictif) avec un fiscaliste avant le départ.
- 02
Sous-estimer la tension du marché locatif lisboète
Lisbonne est l'une des villes européennes où les loyers ont le plus augmenté depuis 2018 (+50 % à +80 % dans certains quartiers). Trouver un logement abordable peut prendre des mois.
Conséquence
Loyers très élevés, file d'attente pour les visites, dossiers refusés.
Solution
Considérer Porto, Coimbra ou la périphérie de Lisbonne. Préparer un dossier solide (3 derniers bulletins, contrat travail, caution).
- 03
Ne pas demander son NIF avant tout autre démarche
Le NIF (Número de Identificação Fiscal) est indispensable pour louer, ouvrir un compte, signer un abonnement, acheter une voiture. Sans NIF, rien n'avance.
Conséquence
Démarches bloquées, perte de plusieurs semaines.
Solution
Obtenir le NIF dès l'arrivée (Finanças, gratuit, en moins d'1h). Possible via un fiscaliste représentant à distance.
- 04
Croire que le Portugal est exonéré d'impôts pour les retraités français
Le NHR exonérait les pensions étrangères pendant 10 ans. Avec sa suppression, les pensions françaises versées au Portugal sont imposées comme tout revenu (taux progressif 13-48 %).
Conséquence
Imposition surprise de 25 à 35 % sur les pensions selon les montants.
Solution
Refaire ses calculs sans NHR, considérer la résidence fiscale optimale en fonction de son patrimoine.
- 05
Négliger l'apprentissage du portugais
Si beaucoup de Portugais parlent anglais ou français dans les zones touristiques, dans la vie quotidienne (mairie, médecin, voisins), le portugais est essentiel.
Conséquence
Isolement social, difficulté à régler des démarches administratives, intégration limitée.
Solution
Suivre des cours dès l'arrivée (Instituto Camões, applications, échanges linguistiques). Le portugais s'apprend assez vite pour un francophone.
Toutes les sources et liens officiels
Pour aller plus loin et vérifier vos informations directement à la source.
Sources officielles
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Voir les articles PortugalFoire aux questions
Les questions les plus posées par les Français qui envisagent l'expatriation. Toutes les réponses sont structurées pour Google (Schema.org FAQPage).
- Non, le régime NHR (Non-Habitual Resident) a été supprimé pour les nouveaux résidents fiscaux à partir du 1er janvier 2024. Il a été remplacé par le régime IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), beaucoup plus restrictif et limité à des profils spécifiques (chercheurs, métiers en tension).
- Non : en tant que citoyen UE, vous bénéficiez de la libre circulation. Au-delà de 90 jours, demandez un Certificat d'Enregistrement (CRUE) à la mairie locale. Validité 5 ans, puis carte de résident permanent.
- Environ 32 000 Français sont officiellement inscrits au registre des Français établis hors de France au Portugal (chiffres consulaires 2024). La communauté réelle est estimée à 50 000-70 000 personnes, principalement à Lisbonne, Porto, Cascais et en Algarve.
- Le Portugal est environ 30 à 40 % moins cher que la France pour le coût de la vie global. Logement 35-50 % moins cher (sauf Lisbonne centre où l'écart se réduit), alimentation 25 % moins cher, restaurants 30-40 % moins cher. Les salaires locaux sont également plus bas.
- Avec la suppression du NHR (depuis 2024), oui : les pensions françaises versées à un résident fiscal portugais sont imposées au barème progressif portugais (13-48 %) sauf disposition contraire de la convention France-Portugal. Pour les retraités déjà NHR avant 2024, le régime continue de s'appliquer.
- Pour les Français, pas besoin de visa (libre circulation UE). Pour les non-UE, le visa D8 (Digital Nomad Visa) lancé en 2022 permet de télétravailler depuis le Portugal avec un revenu minimum de 3 480 €/mois, valable 1 an renouvelable.
- Le SNS (Service National de Santé) est universel et de bonne qualité dans les grandes villes, avec des délais plus longs qu'en France. Le secteur privé est abordable (~25-50 €/consultation, mutuelle privée 50-100 €/mois). De nombreux retraités français combinent SNS + assurance privée locale.
- Lisbonne pour la vie urbaine, mais loyers élevés. Porto pour l'authenticité et un coût plus accessible. Cascais/Estoril pour les familles cossues. Algarve (Lagos, Tavira) pour les retraités et les amoureux du soleil. Coimbra pour les étudiants et académiques.
