🇸🇬 Fiscalité · Singapour
La fiscalité à Singapour pour un expatrié français
Singapour est l'une des fiscalités les plus attractives au monde pour les expatriés à revenus élevés : impôt sur le revenu progressif de 0 % à 24 % maximum, aucun impôt sur les plus-values mobilières ou immobilières, aucun impôt sur la fortune, aucun droit de succession. Les résidents fiscaux (183+ jours/an ou durée d'emploi ≥ 183 jours) bénéficient du barème progressif ; les non-résidents sont imposés à un taux forfaitaire de 24 % (ou 15 % sur les revenus d'emploi si le résultat est plus élevé qu'avec le barème résident). La convention France-Singapour signée le 15 janvier 2015 et en vigueur depuis le 1er janvier 2017 remplace l'accord de 1974 et définit les règles d'attribution du droit d'imposition selon des critères OCDE modernes. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.
Fiscalité territoriale et taux modérés
Singapour applique un système fiscal territorial : seuls les revenus de source singapourienne sont imposables. Il n'y a pas d'imposition des plus-values ni des dividendes étrangers, ce qui est très favorable aux hauts revenus.
Un résident fiscal, présent plus de 183 jours, est soumis à un barème progressif modéré, compris entre 0 et environ 22 %. La combinaison territorialité et taux bas est l'un des grands attraits de la place.
Une convention fiscale franco-singapourienne encadre la répartition. L'avantage suppose, comme toujours, une résidence fiscale française correctement quittée. Ces points se valident avec un conseil.
Impôt sur le revenu à Singapour
Barème résident YA2026 (revenus 2025) : 0 % (0-S$20 000), 2 % (S$20 001-30 000), 3,5 % (S$30 001-40 000), 7 % (S$40 001-80 000), 11,5 % (S$80 001-120 000), 15 % (S$120 001-160 000), 18 % (S$160 001-200 000), 19 % (S$200 001-240 000), 19,5 % (S$240 001-280 000), 20 % (S$280 001-320 000), 22 % (S$320 001-500 000), 23 % (S$500 001-1 000 000), 24 % (> S$1 000 000). Pour YA2026 : rebate de 60 % sur l'impôt calculé, plafonné à S$200. Les nombreux abattements (CPF Relief, course fees, NSman relief, parent relief, etc.) réduisent significativement la base imposable pour les résidents PR ou citoyens, les EP holders en bénéficient moins. Déclaration électronique obligatoire sur mytax.iras.gov.sg avant le 18 avril.
| Revenu annuel jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 13 880 € | 0 % |
| 20 820 € | 2 % |
| 27 760 € | 3.5 % |
| 55 520 € | 7 % |
| 83 280 € | 11.5 % |
| 111 040 € | 15 % |
| 138 800 € | 18 % |
| 166 560 € | 19 % |
| 194 320 € | 19.5 % |
| 222 080 € | 20 % |
| 347 000 € | 22 % |
| 694 000 € | 23 % |
| Au-delà | 24 % |
Convention fiscale bilatérale
Une convention France-Singapour existe. Convention France-Singapour signée le 15 janvier 2015 à Singapour, en vigueur depuis le 1er janvier 2017 (décret n° 2016-896 du 30 juin 2016). Elle remplace la convention de 1974. Elle couvre les impôts sur le revenu (pas l'IFI) et répartit le droit d'imposition selon le principe de résidence. Les revenus de travail sont imposables dans le pays d'exercice. Les pensions publiques françaises (fonctionnaires de l'État) restent exclusivement imposables en France. Les dividendes et intérêts sont soumis à une retenue à la source plafonnée (5-15 %). En cas de double résidence alléguée, les règles OCDE s'appliquent : foyer permanent → intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité.
Lire le texte officiel de la conventionRisque de double imposition
Risque faible pour les salaires et la plupart des revenus professionnels, bien encadré par la convention de 2017. Les points de vigilance concernent les revenus passifs français : dividendes de sociétés françaises (retenue à la source française de 12,8 %, partiellement créditée à Singapour), revenus locatifs français (imposables en France à la source), et pensions de fonctionnaires (exclusivement imposables en France). Singapour ne taxant pas les plus-values, les arbitrages patrimoniaux sont optimaux depuis cette juridiction, mais les actifs français peuvent rester imposables en France.
Plus-values et patrimoine
- Plus-values mobilières
- Aucune taxe sur les plus-values à Singapour, ni sur les actions, ETF, cryptomonnaies, ni sur les dividendes perçus. C'est l'un des rares pays développés sans impôt sur les plus-values. Attention : vos PEA et assurances-vie français conservent leur fiscalité française. L'assurance-vie a été exclue de la hausse de CSG de 2026 et reste à 17,2 % de prélèvements sociaux sur les rachats, quand les gains de PEA y sont désormais soumis à 18,6 %. La convention France-Singapour réserve l'imposition des revenus de capitaux à leur source, les dividendes français restent soumis à retenue à la source française de 12,8 % (créditée en partie côté singaporien selon les modalités de la convention).
- Plus-values immobilières
- Aucune plus-value immobilière taxée à Singapour, mais le marché est extrêmement réglementé pour les étrangers : Additional Buyer's Stamp Duty (ABSD) de 60 % sur le premier achat immobilier pour les étrangers (mesure anti-spéculation en vigueur depuis avril 2023). En pratique, les expatriés français louent, ils n'achètent quasiment jamais. Les biens immobiliers français restent imposables en France selon les règles françaises pour les non-résidents.
- Impôt sur la fortune
- Aucun impôt sur la fortune à Singapour, ni sur le patrimoine mobilier, ni sur l'immobilier. Singapour ne dispose d'aucun équivalent de l'IFI/ISF français. Les Annual Values (valeur locative cadastrale) des biens immobiliers servent de base à la property tax locale, mais son montant est marginal (4-16 % de la valeur locative annuelle, non de la valeur du bien).
- Droits de succession
- Aucun droit de succession à Singapour depuis l'abolition de l'estate duty en 2008. Les héritages de toute taille sont exonérés, quel que soit le lien de parenté. Pour les successions franco-singapouriennes, le droit successoral s'applique selon la loi du pays de résidence du défunt ou de situation des biens, consultez un notaire international pour planifier efficacement.
Exit tax au départ de France
L'exit tax française (art. 167 bis CGI) s'applique lors du transfert de résidence fiscale hors UE/EEE si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. Singapour étant hors UE/EEE, aucun sursis automatique n'est accordé, l'imposition est immédiatement exigible (ou une garantie peut être constituée pour obtenir un sursis de 5 ans). Cela peut représenter un coût significatif pour les entrepreneurs et actionnaires avec des participations importantes. Consultez un fiscaliste avant le départ si votre patrimoine en participations excède 800 000 €.
Imposition de la pension de retraite
Aucune convention de totalisation des droits à la retraite entre la France et Singapour. Les titulaires d'Employment Pass ne cotisent pas au CPF (Central Provident Fund) singaporien, ce système est réservé aux citoyens et Permanent Residents. Chaque année à Singapour sans cotisation CFE est une année de retraite française définitivement perdue. La cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) est indispensable pour préserver les droits à la retraite française. Seul un EP holder ayant obtenu le statut PR peut commencer à cotiser au CPF.
Tout sur la retraite à SingapourQuestions fréquentes
Quelle fiscalité s'applique à un cadre français travaillant à Singapour ?
Une fois résident fiscal de Singapour (183+ jours/an), vos revenus de travail singaporiens sont imposés selon le barème progressif local : 0 % jusqu'à S$20 000, puis 2 à 24 % selon le revenu. Un cadre gagnant S$120 000/an (83 000 €) paie environ S$7 950 d'impôt, soit ~6,6 % de taux effectif, bien moins qu'en France. Aucune taxe sur les plus-values. Vos revenus de source française (loyers, dividendes) restent imposables en France, avec crédit d'impôt côté singaporien selon la convention de 2017.
Comment préserver ma retraite française à Singapour ?
C'est le point critique : il n'existe aucune convention de totalisation France-Singapour. Les EP holders ne cotisent pas au CPF singaporien. La seule solution est de cotiser volontairement à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger), 57 à 273 €/mois selon l'âge et les options. Beaucoup d'entreprises françaises à Singapour (Total, BNP, LVMH) prennent en charge la CFE dans le package. Négociez-la avant de signer.
À titre indicatif. Ces informations sont fournies à titre indicatif au 15 mai 2026. L'exit tax française peut représenter un coût important lors du départ, consultez un fiscaliste franco-singaporien avant tout transfert de résidence si vous détenez des participations significatives ou un patrimoine immobilier important en France. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.
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