🇹🇭 Fiscalité · Thaïlande

La fiscalité Thaïlande pour un expatrié français

La Thaïlande dispose d'un barème progressif de 0 à 35 %, avec une tranche exonérée jusqu'à 150 000 THB (~3 900 €) et des déductions supplémentaires significatives. La réforme fiscale de 2024 est un tournant majeur : tout revenu étranger rapatrié en Thaïlande par un résident fiscal (180+ jours/an) est désormais imposable la même année. La convention France-Thaïlande (1975) évite la double imposition via un mécanisme de crédit d'impôt. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

La réforme 2024 sur les revenus étrangers : le changement majeur

Le point le plus important pour un nouvel expatrié est la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Auparavant, les revenus étrangers n'étaient imposés en Thaïlande que s'ils y étaient rapatriés l'année même de leur perception, ce qui permettait une optimisation simple. Depuis 2024, un résident fiscal thaïlandais, c'est-à-dire présent plus de 180 jours par an, doit déclarer et potentiellement payer l'impôt sur les revenus étrangers rapatriés en Thaïlande, y compris des revenus perçus les années précédentes.

Cette réforme change radicalement l'équation pour les retraités français qui transfèrent leur pension en Thaïlande pour y vivre. Le schéma historique d'optimisation ne fonctionne plus de la même manière, et le fisc thaïlandais surveille davantage les résidents de longue durée.

Les détenteurs d'un visa LTR ou de certains visas privilégiés bénéficient toutefois d'exemptions sur les revenus étrangers rapatriés. Le choix du visa devient donc un levier fiscal direct, ce qui était beaucoup moins le cas avant 2024.

La convention fiscale franco-thaïlandaise protège partiellement les retraités : les pensions de la fonction publique française, et plus largement les pensions publiques de l'État, des collectivités et de certains régimes spéciaux, restent en principe imposables uniquement en France même en cas de résidence fiscale en Thaïlande. La situation diffère pour les pensions de source privée. Ce point doit être vérifié au cas par cas.

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Thaïlande existe. Convention France-Thaïlande signée le 27 décembre 1974 (en vigueur 1975, modifiée en 2022 par la Convention multilatérale BEPS). Elle évite la double imposition et attribue principalement le droit d'imposer au pays de résidence. Les pensions françaises de source publique (fonctionnaires) restent exclusivement imposables en France. Les pensions privées sont imposables en Thaïlande pour les résidents fiscaux thaïlandais, avec crédit d'impôt.

Risque de double imposition

Risque modéré à élevé depuis la réforme 2024. Tout résident fiscal thaïlandais (180+ jours/an) qui rapatrie des revenus étrangers en Thaïlande est soumis à l'IR thaïlandais. La convention France-Thaïlande prévoit un mécanisme de crédit d'impôt pour éviter la double imposition effective, mais le calcul peut être défavorable si les taux français sont supérieurs aux taux thaïlandais. Les pensions privées françaises versées à des résidents en Thaïlande sont imposables en Thaïlande (avec crédit pour l'IR français déjà payé).

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Les dividendes sont soumis à une retenue à la source de 10 %. Les plus-values sur actions cotées en Thaïlande sont exonérées. Les gains sur actions étrangères rapatriés en Thaïlande entrent dans le barème progressif depuis 2024. Immobilier : Pas d'impôt sur les plus-values immobilières pour les particuliers au sens strict, mais des taxes de cession s'appliquent : frais de transfert 2 %, droit de timbre 0,5 %, retenue à la source variable selon la durée de détention (0,5 % à 3,3 % calculé sur la valeur cadastrale). Pas d'impôt sur la fortune en Thaïlande. Un impôt sur les terres et constructions (Land and Building Tax) s'applique à l'immobilier : taux de 0,01 % à 3 % selon l'usage (résidentiel, agricole, commercial). Impôt sur les successions introduit en 2016. Taux de 10 % sur les biens situés en Thaïlande au-dessus de 100 millions THB (~2,6 M€) pour les héritiers autres que les parents directs. En dessous de ce seuil : exonération.

Exit tax au départ de France

L'exit tax française (article 167 bis du CGI) s'applique si vous transférez votre domicile fiscal hors de France et détenez plus de 800 000 € de valeurs mobilières ou plus de 50 % d'une société. Un sursis de paiement est applicable vers la Thaïlande, pays signataire d'une convention fiscale avec la France.

À titre indicatif. Informations à jour au 14 mai 2026. La réforme fiscale thaïlandaise de 2024 est encore en cours de clarification réglementaire. Pour votre situation personnelle (revenus mixtes France-Thaïlande, pensions, investissements), consultez un fiscaliste spécialisé en mobilité internationale franco-thaïlandaise avant tout départ. Méthode et sources sur notre page Notre méthode.