Quel visa pour s'installer dans ce pays ?
Les Français entrent en Tunisie sans visa pour les séjours touristiques jusqu'à 90 jours. Pour s'installer durablement, il faut obtenir une carte de séjour (titre de séjour) auprès des autorités tunisiennes. Il n'existe pas de visa retraite ni de visa nomade dédiés, mais la carte de séjour couvre les différents profils (salarié, retraité, rentier, entrepreneur). Le français étant largement parlé, les démarches sont plus accessibles que dans beaucoup de destinations.
Carte de séjour temporaire (retraité ou rentier)
Durée
12 mois
- Justificatif de ressources régulières suffisantes (pension, loyers, placements)
- Justificatif de logement en Tunisie (bail ou propriété)
- Passeport en cours de validité et photos d'identité
- Demande auprès du poste de police ou de la Garde nationale du lieu de résidence
- Délai estimé
- 30–120 jours
- Coût total
- 30–150 €
La Tunisie est une destination de retraite prisée des Français grâce au coût de la vie très bas, au climat et au français courant. La carte de séjour temporaire est renouvelable et peut déboucher sur une carte de séjour ordinaire après plusieurs années de résidence.
Carte de séjour + contrat de travail
Durée
12 mois
- Contrat de travail visé par les autorités tunisiennes (le marché du travail local est protégé)
- Autorisation de travail pour étranger délivrée par le ministère de l'Emploi
- Justificatif de logement et passeport valide
- Le recrutement d'un étranger suppose qu'aucun Tunisien ne puisse occuper le poste (sauf secteurs en tension ou postes de direction)
- Délai estimé
- 60–150 jours
- Coût total
- 100–400 €
L'emploi local d'étrangers est encadré pour protéger le marché tunisien. Les cadres détachés par une entreprise française et les postes de direction sont les cas les plus fréquents. Le régime des sociétés totalement exportatrices facilite l'emploi d'étrangers.
Carte de séjour + activité indépendante ou société
Durée
12 mois
- Création d'une société tunisienne ou enregistrement d'une activité
- Justificatif de moyens d'existence et de logement
- Statut particulièrement avantageux pour les sociétés totalement exportatrices (services hors Tunisie)
- Passeport valide et dossier auprès des autorités
- Délai estimé
- 60–150 jours
- Coût total
- 200–800 €
La Tunisie attire des entrepreneurs et freelances dans les services, l'offshoring et le numérique, notamment via le régime des sociétés totalement exportatrices qui bénéficie d'avantages fiscaux. Le français comme langue de travail est un atout majeur.
Ambassade en France
Ambassade de Tunisie en France
25 rue Barbet de Jouy, 75007 Paris
Registre des Français à l'étranger
RecommandéInscription au registre des Français établis hors de France facultative mais recommandée, auprès du Consulat général de France à Tunis.
- Carte consulaire et accès aux services consulaires
- Vote aux élections françaises depuis l'étranger
- Bourses scolaires pour le vaste réseau de lycées français en Tunisie
- Inscription au dispositif d'alerte du consulat
Carte de séjour : la voie unique pour s'installer
Les Français bénéficient d'une entrée sans visa en Tunisie pour les séjours touristiques jusqu'à 90 jours. Pour s'installer durablement, la carte de séjour (titre de séjour) est obligatoire. Il n'existe pas de visa retraite ou de visa nomade spécifique comme dans d'autres pays : la carte de séjour couvre les différents profils, selon le motif justifié (retraite, rente, emploi, activité indépendante).
La demande se fait auprès du poste de police ou de la Garde nationale du lieu de résidence, avec un justificatif de logement, de ressources et un passeport valide. La carte de séjour temporaire est généralement délivrée pour un an, renouvelable, et peut déboucher sur une carte de séjour ordinaire de plus longue durée après plusieurs années de résidence continue. Les délais et la fluidité varient selon les régions et les périodes.
Pour les actifs, l'emploi local d'un étranger est encadré afin de protéger le marché du travail tunisien : une autorisation de travail est nécessaire, et le recrutement suppose en principe qu'aucun Tunisien ne puisse occuper le poste. Les exceptions concernent les postes de direction, les secteurs en tension et surtout les sociétés totalement exportatrices, un régime spécifique qui facilite l'emploi d'étrangers et bénéficie d'avantages fiscaux.
L'atout transversal de la Tunisie est le français, largement parlé dans l'administration, les affaires et l'éducation. Les démarches, les contrats et les échanges avec les autorités se font couramment en français, ce qui rend l'installation nettement plus accessible qu'ailleurs au Maghreb ou en Afrique pour un francophone. La proximité avec la France (deux heures de vol, même fuseau horaire l'hiver) renforce cet avantage.
Fiscalité personnelle dans ce pays
La Tunisie a réformé son barème de l'impôt sur le revenu (IRPP) avec la loi de finances 2025, qui a élargi le barème à huit tranches avec un taux maximal de 40 %. Le pays applique l'imposition sur le revenu mondial des résidents fiscaux. La convention fiscale France-Tunisie de 1973 évite la double imposition, et un abattement de 25 % sur les pensions rend la destination attractive pour les retraités.
Avertissement fiscal
Convention bilatérale France / Tunisie
Convention existante
Convention fiscale France-Tunisie signée le 28 mai 1973, en vigueur et modifiée par avenants (BOFIP : BOI-INT-CVB-TUN). Elle évite la double imposition selon le modèle OCDE et organise les règles de résidence, l'imposition des salaires, pensions, dividendes, intérêts, redevances et revenus immobiliers.
Texte officiel (impots.gouv.fr)Impôt sur le revenu
Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) progressif, réformé par la loi de finances 2025 (loi 48-2024). Huit tranches de 0 % à 40 %, applicables aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2025. Abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires (plafonné à 2 000 TND/an) et de 25 % sur les pensions (sans plafond), ce dernier étant un avantage notable pour les retraités.
| Tranche jusqu'à | Taux |
|---|---|
| 1 500 € | 0 % |
| 3 000 € | 15 % |
| 6 000 € | 25 % |
| 9 000 € | 30 % |
| 12 000 € | 33 % |
| 15 000 € | 36 % |
| 21 000 € | 38 % |
| Au-delà | 40 % |
Plus-values mobilières
Plus-values sur valeurs mobilières imposées à des taux spécifiques pour les résidents, avec exonérations pour les titres cotés à la Bourse de Tunis sous conditions de durée de détention.
Plus-values immobilières
Plus-values immobilières (TPI) imposées à 10 % si le bien est détenu depuis plus de 5 ans, 15 % en deçà. Exonérations pour la résidence principale sous conditions et pour les cessions au conjoint ou aux ascendants/descendants.
Impôt sur la fortune
Pas d'impôt sur la fortune généralisé en Tunisie au sens de l'IFI français. Une contribution sociale de solidarité et des taxes locales existent mais il n'y a pas de taxe annuelle sur le patrimoine global.
Droits de succession
Droits de succession en Tunisie à taux modérés, variables selon le lien de parenté (taux réduits en ligne directe, plus élevés pour les héritiers éloignés). Le régime reste nettement plus favorable que les droits français pour les transmissions hors ligne directe.
Exit tax
ApplicableL'exit tax française s'applique au moment du transfert de domicile fiscal hors de France si vous détenez plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % d'une société. La Tunisie étant hors UE et hors EEE, le sursis automatique ne joue pas : il faut le demander expressément et constituer des garanties (nantissement, caution bancaire) à hauteur de l'impôt dû.
Impact retraite
Une convention de sécurité sociale franco-tunisienne est en vigueur : elle prévoit la totalisation des périodes d'assurance pour la retraite. Les pensions privées françaises versées à un résident fiscal tunisien sont en règle générale imposables en Tunisie (avec l'abattement de 25 %) selon la convention ; les pensions publiques restent en principe imposables en France. L'abattement de 25 % sur les pensions rend la fiscalité de la retraite particulièrement douce en Tunisie.
Risque de double imposition
Barème IRPP 2025 et abattement retraités : une fiscalité douce
La loi de finances 2025 (loi 48-2024 du 9 décembre 2024) a profondément réformé l'impôt sur le revenu tunisien. Le barème est passé de cinq à huit tranches, avec une progressivité plus fine : 0 % jusqu'à 5 000 dinars, puis 15 %, 25 %, 30 %, 33 %, 36 %, 38 % et 40 % au-delà de 70 000 dinars. Le taux marginal maximal est ainsi passé de 35 % à 40 %, mais avec des paliers intermédiaires qui lissent l'imposition. Ce barème s'applique aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2025, déclarés en 2026.
Deux abattements importants s'appliquent. Les salaires bénéficient d'un abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, plafonné à 2 000 dinars par an. Surtout, les pensions de retraite bénéficient d'un abattement de 25 % sans plafond. Pour un retraité français résident fiscal tunisien, cet abattement réduit fortement l'assiette imposable de la pension, ce qui, combiné au coût de la vie très bas, fait de la Tunisie une destination de retraite fiscalement douce.
Le pays impose les résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux. La résidence fiscale tunisienne s'acquiert par la disposition d'une habitation principale en Tunisie ou par un séjour d'au moins 183 jours sur l'année. La convention fiscale de 1973 évite la double imposition par la méthode du crédit d'impôt : l'impôt tunisien sur les revenus de source tunisienne s'impute sur l'impôt français correspondant.
Comme toujours, le titre de séjour ne suffit pas à éteindre la résidence fiscale française. Tant que les critères de l'article 4 B du CGI sont remplis en France (foyer, activité, centre des intérêts économiques), l'administration française peut maintenir l'imposition mondiale, et c'est la convention qui départage. Pour un retraité dont le foyer bascule réellement en Tunisie, l'abattement de 25 % sur les pensions est l'argument fiscal central de la destination.

Banque, devises et coût de la vie dans ce pays
Le système bancaire tunisien est accessible et le français est la langue courante des agences. L'ouverture d'un compte est possible pour les résidents étrangers, avec une distinction importante entre comptes en dinars (non convertibles) et comptes en devises ou comptes étrangers convertibles. Le contrôle des changes encadre la sortie de capitaux du pays.
Ouvrir un compte local
≈ 7 jours
Documents requis
- Passeport et carte de séjour (ou justificatif de résidence)
- Justificatif de domicile en Tunisie
- Justificatif de ressources ou de revenus
- Pour un compte étranger en devises : justificatif de l'origine des fonds
Banques locales recommandées
BIAT (Banque Internationale Arabe de Tunisie)
Plus grande banque privée tunisienne, réseau dense, services en français et expérience avec les non-résidents.
Attijari Bank
Filiale du groupe marocain Attijariwafa, bonne offre digitale et accompagnement des expatriés.
UIB (groupe Société Générale)
Filiale du groupe français Société Générale, pratique pour les Français habitués au groupe.
Banque française : à conserver ou fermer ?
Transferts d'argent EUR ↔ TND
Wise
Wise fonctionne pour les transferts entrants vers la Tunisie, mais le dinar étant non convertible et soumis au contrôle des changes, les sorties de fonds sont encadrées.
Revolut
Revolut est utile comme carte de paiement en voyage et pour conserver une épargne en euros, mais ne remplace pas un compte tunisien local pour la vie quotidienne.
Banque classique
Les transferts entrants depuis la France sont simples. Le point clé est la non-convertibilité du dinar : les fonds convertis en dinars ne peuvent pas ressortir librement de Tunisie. Privilégier un compte étranger en devises pour garder de la flexibilité, et n'amener en dinars que ce qui sera dépensé sur place.
Coût de la vie · Tunis
Indice Paris = 100 · Ici : 38Loyer studio centre
250 TND/mois
Loyer T2
400 TND/mois
Loyer T3 familial
600 TND/mois
Loyer T2, Sousse / Sfax
300 TND/mois
Courses mensuelles
200 TND
Transports mensuels
25 TND
Repas midi
6 TND
Dîner restaurant
15 TND
Devise : Dinar tunisien (TND) · 1 EUR ≈ 0.3 TND
Dinar non convertible et comptes en devises : le point clé
L'ouverture d'un compte bancaire en Tunisie est facilitée par le français, langue courante des agences. Les principales banques (BIAT, Attijari Bank, UIB filiale de Société Générale, Amen Bank, BNA) offrent des services accessibles aux résidents étrangers. La distinction fondamentale à comprendre est celle entre les comptes en dinars et les comptes en devises ou comptes étrangers convertibles.
Le dinar tunisien est une monnaie non convertible : il ne peut pas être échangé ni sorti librement du pays. Le contrôle des changes, géré par la Banque centrale de Tunisie, encadre strictement les mouvements de capitaux vers l'étranger. Concrètement, les fonds convertis en dinars et déposés sur un compte en dinars ne peuvent pas être facilement rapatriés vers la France. C'est une contrainte structurelle à intégrer absolument.
La parade est le compte étranger en devises (ou compte convertible), qui permet de loger des fonds en euros, de les conserver et de les transférer avec plus de souplesse. La stratégie recommandée pour un expatrié est de garder l'essentiel de son patrimoine sur un compte français et un compte en devises, et de ne convertir en dinars que les sommes destinées aux dépenses courantes sur place.
Cette organisation est d'autant plus importante que le dinar s'est déprécié au fil des années et que l'inflation tunisienne reste élevée. Conserver son épargne en euros protège du risque de change. Le coût de la vie en dinars étant très bas, le pouvoir d'achat d'un revenu en euros converti au fur et à mesure est confortable, ce qui explique l'attrait de la Tunisie pour les retraités français à pension modeste.
Quelle couverture santé dans ce pays ?
La Tunisie dispose d'un système de santé public accessible et d'un secteur privé de bon niveau, notamment à Tunis et dans les grandes villes, à des tarifs très inférieurs à ceux de la France. Le français est couramment parlé par les médecins. Une convention de sécurité sociale franco-tunisienne existe, et beaucoup d'expatriés combinent couverture locale et CFE.
Accord de sécurité sociale
Oui
Une convention de sécurité sociale franco-tunisienne est en vigueur (la convention en vigueur résulte d'une refonte des accords antérieurs). Elle couvre notamment la maladie, la maternité, l'invalidité, la vieillesse et les accidents du travail, et prévoit la totalisation des périodes d'assurance pour la retraite. Détails et formulaires consultables sur cleiss.fr (page conv_tunisie).
Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
Pertinente
200–500 €/ mois
- Maintien du rattachement à la Sécurité sociale française et couverture des soins en France
- Complément utile à la couverture tunisienne, notamment pour les soins lourds rapatriés en France
- Pertinent pour les profils faisant des allers-retours fréquents avec la France
- La convention bilatérale couvre déjà la totalisation retraite, la CFE reste un complément de confort
Système de santé local
Consultation : ≈ 15 €
Les salariés cotisant à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) accèdent au système public et conventionné. Le secteur privé, concentré à Tunis et dans les grandes villes, est de bon niveau et très abordable comparé à la France : une consultation chez un spécialiste coûte souvent 15 à 40 €, une clinique privée reste accessible. La Tunisie est d'ailleurs une destination de tourisme médical (dentaire, chirurgie esthétique, ophtalmologie). Le français parlé par les praticiens facilite l'accès aux soins.
Numéros d'urgence
- Police (Tunis)197
- SAMU (urgences médicales)190
- Protection civile (pompiers)198
- Consulat général de France à Tunis+216 71 105 000
Assurances santé recommandées
Assurance santé locale ou mutuelle tunisienne
Couverture du reste à charge pour les soins dans le secteur privé, à coût modéré.
CFE complétée
Maintien du rattachement français et couverture des soins en France lors des retours, utile pour les profils mobiles.
Assurance internationale au premier euro
Pour les profils souhaitant une couverture sans plafond et l'évacuation sanitaire vers la France.
Vaccins recommandés
- Vaccins de routine à jour (DT-Polio, ROR, hépatites A et B)
- Hépatite A et typhoïde recommandées pour les séjours prolongés
- Aucun vaccin obligatoire à l'entrée en règle générale
Soins abordables, français parlé et convention bilatérale
Le système de santé tunisien combine un secteur public accessible et un secteur privé de bon niveau dans les grandes villes. Pour un expatrié français, l'atout immédiat est le coût : une consultation chez un spécialiste coûte souvent 15 à 40 euros, une nuit en clinique privée reste très abordable comparée à la France. La Tunisie s'est d'ailleurs imposée comme une destination majeure de tourisme médical pour les soins dentaires, la chirurgie esthétique et l'ophtalmologie, preuve de la qualité de son offre privée.
Le français parlé couramment par les médecins et le personnel médical élimine la barrière linguistique qui complique l'accès aux soins ailleurs. Les salariés cotisant à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) accèdent au système conventionné. Beaucoup d'expatriés et de retraités combinent une couverture locale, abordable, avec une assurance complémentaire pour le confort.
L'existence d'une convention de sécurité sociale franco-tunisienne est un atout structurel. Elle couvre la maladie, la maternité, l'invalidité, la vieillesse et les accidents du travail, et prévoit la totalisation des périodes d'assurance pour la retraite. Cela distingue la Tunisie des destinations sans convention (Émirats, Argentine, Afrique du Sud) où la CFE est l'unique solution retraite.
La Caisse des Français de l'Étranger reste néanmoins pertinente comme complément, notamment pour les profils qui font des allers-retours fréquents avec la France et veulent une couverture des soins lourds rapatriés en France. La combinaison courante pour un retraité est une couverture santé locale ou une mutuelle tunisienne pour les soins courants sur place, complétée le cas échéant par la CFE pour le rattachement français.
Au quotidien dans ce pays
Logement, transport, langue, climat, sécurité et connectivité : le détail du quotidien.
Logement
Studio Tunis (La Marsa, Lac, centre) : 200-400 €. T2 Tunis : 350-600 € selon le quartier. T2 Sousse ou Sfax : 250-400 €. Villas avec jardin abordables dans les banlieues résidentielles. Les zones prisées des expatriés (La Marsa, Gammarth, Carthage, Sidi Bou Saïd) commandent une prime.
Plateformes
Caution : Caution généralement d'un à trois mois de loyer. Bail souvent annuel. Les transactions se font fréquemment en partie de la main à la main, l'accompagnement par une agence ou un contact local de confiance est utile.
Transport
Permis : Le permis français est utilisable pendant une période limitée avec la carte de séjour ; au-delà, l'échange contre un permis tunisien est recommandé. On roule à droite. Une voiture est en pratique utile, les transports en commun (métro léger de Tunis, bus, louages) étant limités et inégaux. Les louages (taxis collectifs) relient les villes à bas coût.
Langue
Le français est omniprésent en Tunisie : langue de l'administration, des affaires, de l'enseignement supérieur et des médias, parlé par une grande partie de la population. C'est l'un des atouts majeurs de la destination pour les Français, qui n'ont pas de barrière linguistique. L'arabe tunisien (derja) reste la langue du quotidien populaire, mais le français suffit largement dans les villes et les milieux éduqués.
Climat
Climat méditerranéen au nord et sur le littoral, semi-aride au centre, désertique au sud (Sahara). Tunis et la côte : étés chauds et secs, hivers doux et pluvieux. Le sud (Djerba, Tozeur) est plus chaud et sec. Plus de 300 jours de soleil par an sur le littoral.
Tunis : Janvier 12°C / Avril 17°C / Juillet 29°C / Octobre 22°C. Djerba (sud) plus chaude. Mer baignable de juin à octobre.
Sécurité
- La criminalité de rue est modérée dans les villes, comparable à de nombreuses villes méditerranéennes
- Risque terroriste résiduel : suivre les conseils aux voyageurs de France Diplomatie, notamment pour les zones frontalières et le sud
- Les quartiers résidentiels de la banlieue nord de Tunis (La Marsa, Gammarth, Carthage) sont calmes et prisés des expatriés
- Prudence habituelle dans les médinas et lieux touristiques (vols à la tire, arnaques)
- S'inscrire au registre consulaire et au dispositif d'alerte du consulat
Internet & télécoms
Opérateurs recommandés
Ooredoo · Orange Tunisie · Tunisie Telecom
Vivre en Tunisie : français courant, littoral et proximité
La Tunisie offre aux Français une expatriation d'une accessibilité rare : deux heures de vol depuis Paris, même fuseau horaire en hiver, et surtout le français parlé partout. Cette proximité géographique et linguistique en fait une destination prisée des retraités, des entrepreneurs du numérique et des familles binationales. La banlieue nord de Tunis, de La Marsa à Sidi Bou Saïd en passant par Carthage et Gammarth, concentre la communauté française et internationale dans un cadre balnéaire méditerranéen.
Le coût de la vie est l'un des plus bas du pourtour méditerranéen. Un revenu ou une pension en euros offre un pouvoir d'achat confortable : loyers très accessibles, restaurants bon marché, services et aide domestique abordables. C'est ce facteur, combiné à l'abattement fiscal de 25 % sur les pensions, qui explique l'attrait de la Tunisie pour les retraités français à budget modéré.
Une voiture est en pratique utile pour la vie quotidienne hors du centre de Tunis, les transports en commun (métro léger, bus) restant limités et inégaux. Les louages, taxis collectifs interurbains, relient les villes à très bas coût. Internet est correct dans les villes mais reste en deçà des standards européens, avec une qualité variable selon les zones, ce qui est à vérifier pour les télétravailleurs exigeants.
Sur la sécurité, la Tunisie connaît une criminalité de rue modérée dans les villes, comparable à d'autres destinations méditerranéennes, mais un risque terroriste résiduel persiste, en particulier dans les zones frontalières avec la Libye et l'Algérie et dans le grand sud désertique. France Diplomatie déconseille ces zones spécifiques. Dans les quartiers résidentiels de Tunis et sur le littoral touristique, la vie quotidienne est paisible, à condition de suivre les conseils aux voyageurs et de s'inscrire au registre consulaire.

Les Français dans ce pays
Chiffres officiels du registre consulaire, villes les plus prisées, associations et écoles françaises.
Inscrits au registre (source MAE, 2024)
30 000
Communauté réelle estimée 30 à 60 % supérieure (non-inscrits).
- Tunis et banlieue nord (La Marsa, Carthage)20 000
- Sousse / Monastir4 000
- Djerba2 000
- Sfax et autres4 000
Associations & réseaux
Section tunisienne de l'Union des Français de l'Étranger, entraide et événements.
Réseau professionnel franco-tunisien très actif, accompagnement des entreprises françaises.
Réseau culturel français présent à Tunis, Sousse, Sfax et ailleurs.
Groupes & forums
- Français en TunisieFacebook
- Expatriés et retraités français en TunisieFacebook
- Français à TunisFacebook
Écoles françaises
Lycée Pierre Mendès France
Tunis (Mutuelleville)
Lycée Gustave Flaubert
La Marsa
Réseau d'établissements français homologués (Sousse, Sfax, etc.)
Plusieurs villes
L'une des plus grandes communautés françaises d'Afrique
La Tunisie accueille l'une des communautés françaises les plus importantes et les plus anciennes d'Afrique, estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes inscrites au registre consulaire selon les données 2024, dont une forte proportion de binationaux franco-tunisiens. Cette présence s'explique par les liens historiques profonds entre les deux pays, la proximité géographique et l'usage généralisé du français.
La communauté se concentre à Tunis et dans sa banlieue nord (La Marsa, Carthage, Gammarth, Sidi Bou Saïd), avec des pôles secondaires à Sousse, Monastir, Djerba et Sfax. Les profils sont variés : retraités attirés par le coût de la vie et le climat, cadres d'entreprises françaises, entrepreneurs du numérique et de l'offshoring, et nombreuses familles binationales. Cette diversité fait de la communauté française l'une des plus intégrées et structurées du continent.
Le réseau scolaire français est exceptionnellement dense en Tunisie. Le Lycée Pierre Mendès France à Tunis et le Lycée Gustave Flaubert à La Marsa sont des établissements de référence du réseau AEFE, complétés par des écoles homologuées dans plusieurs villes. Pour les familles, cette densité scolaire est un atout majeur et une raison fréquente d'installation, avec des frais de scolarité nettement inférieurs à ceux pratiqués dans d'autres pays.
La vie associative et professionnelle est animée : Union des Français de l'Étranger, Chambre Tuniso-Française de Commerce et d'Industrie (CTFCI), Institut Français de Tunisie présent dans plusieurs villes. Ces structures, combinées à la facilité linguistique et à la proximité avec la France, font de la Tunisie l'une des destinations d'expatriation les plus douces pour un francophone, malgré un contexte économique local à surveiller.
Retraite, chômage et droits sociaux dans ce pays
L'expatriation a des conséquences directes sur vos droits français. Voici ce qu'il faut savoir.
Convention de totalisation
Existante
Une convention de sécurité sociale franco-tunisienne est en vigueur. Elle prévoit la totalisation des périodes d'assurance accomplies en France (CNAV) et en Tunisie (CNSS) pour l'ouverture et le calcul des droits à pension dans chaque pays. C'est un atout par rapport aux destinations sans convention. Détails et formulaires sur cleiss.fr (page conv_tunisie).
Système de retraite local
Système de retraite tunisien géré par la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) pour le secteur privé et la CNRPS pour le secteur public. Régime par répartition. Cotisation salarié d'environ 9,68 % depuis la réforme 2025 (part salariale CNSS). Les périodes cotisées sont totalisables avec la France au titre de la convention bilatérale.
Impact assurance chômage
La Tunisie dispose d'un régime d'indemnisation du chômage limité géré par la CNSS. Les droits Pôle Emploi français ne sont pas transférables vers la Tunisie via le formulaire U2, ce mécanisme étant réservé à l'UE. La convention bilatérale couvre principalement la retraite, la maladie et l'invalidité.
Congés maternité / paternité
Congé maternité tunisien géré par la CNSS, de durée et de niveau de prestation inférieurs au système français. Pour un Français exerçant en Tunisie, le régime tunisien s'applique, avec coordination des droits via la convention bilatérale.
Préserver ses droits français
- Profiter de la convention bilatérale : les périodes cotisées à la CNSS sont totalisables avec la CNAV pour la retraite
- L'abattement de 25 % sur les pensions rend la fiscalité de la retraite particulièrement douce en Tunisie
- Conserver le PEA, PER et assurance-vie en France, gérables à distance
- Privilégier un compte en devises pour l'épargne, le dinar étant non convertible
- Pour les retraités, la pension française se perçoit en Tunisie ; renvoyer chaque année le certificat de vie aux caisses françaises
Retraite en Tunisie : convention bilatérale et abattement de 25 %
La Tunisie est l'une des destinations de retraite les plus attractives pour les Français, et la convention de sécurité sociale franco-tunisienne en est une raison majeure. Contrairement aux pays sans convention, les périodes cotisées en France (CNAV) et en Tunisie (CNSS) sont totalisables pour l'ouverture et le calcul des droits à pension. Pour un actif ayant partagé sa carrière entre les deux pays, cette coordination protège les droits acquis de chaque côté.
L'argument fiscal renforce l'attrait. La loi de finances 2025 a maintenu un abattement de 25 % sur les pensions, sans plafond. Pour un retraité français résident fiscal tunisien, la pension privée française est en règle générale imposable en Tunisie selon la convention, mais après cet abattement de 25 %, ce qui réduit nettement l'imposition effective. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent en principe imposables en France.
Combiné au coût de la vie parmi les plus bas du pourtour méditerranéen, ce cadre fiscal fait de la Tunisie une destination de choix pour les retraités à pension modérée. Un revenu en euros converti au fil des dépenses offre un pouvoir d'achat confortable, à condition de bien gérer la non-convertibilité du dinar en conservant l'épargne sur un compte français ou en devises.
La pension française se perçoit sans difficulté en Tunisie, par virement, sous réserve de renvoyer chaque année le certificat de vie demandé par les caisses françaises. La proximité avec la France (deux heures de vol) facilite les allers-retours et le maintien des liens familiaux et médicaux. Pour la santé, la convention bilatérale et la possibilité de compléter par la CFE offrent une couverture rassurante, avec en plus des soins privés locaux de bon niveau et très abordables.
Les pièges à éviter dans ce pays
Les erreurs les plus fréquentes commises par les Français qui s'installent, directement issues de témoignages et retours d'expatriés.
- 01
Convertir trop d'argent en dinars non convertibles
Le dinar tunisien n'est pas convertible et le contrôle des changes empêche de sortir librement les fonds convertis en dinars. Beaucoup d'expatriés convertissent trop, puis se retrouvent avec des dinars bloqués en Tunisie.
Conséquence
Épargne bloquée localement, impossibilité de rapatrier des fonds vers la France.
Solution
Conserver l'essentiel de son patrimoine sur un compte français ou un compte en devises. Ne convertir en dinars que les sommes destinées aux dépenses courantes sur place.
- 02
Ignorer les zones déconseillées par France Diplomatie
Si les villes et le littoral sont paisibles, les zones frontalières avec la Libye et l'Algérie et le grand sud désertique présentent un risque sécuritaire et terroriste résiduel, formellement déconseillés.
Conséquence
Exposition à un risque réel dans les zones sensibles, hors couverture assurantielle parfois.
Solution
Consulter les conseils aux voyageurs de France Diplomatie avant tout déplacement dans le sud ou aux frontières. S'inscrire au dispositif d'alerte du consulat.
- 03
Croire que la résidence fiscale française tombe automatiquement
S'installer en Tunisie et y obtenir une carte de séjour ne suffit pas à perdre la résidence fiscale française. Les critères de l'article 4 B du CGI doivent réellement basculer.
Conséquence
Double imposition ou redressement par l'administration française si le rattachement français est maintenu.
Solution
Organiser la sortie de résidence fiscale française en parallèle. La convention de 1973 départage, mais la situation réelle doit basculer (foyer, centre des intérêts économiques).
- 04
Sous-estimer le contexte économique et l'inflation
La Tunisie connaît une inflation élevée et une dépréciation continue du dinar. Un budget calculé sur le taux de change actuel peut évoluer, et certains produits importés sont chers ou parfois en pénurie.
Conséquence
Budget moins favorable que prévu sur la durée, frustrations sur la disponibilité de certains biens.
Solution
Garder son épargne en euros et convertir progressivement. Intégrer l'inflation tunisienne dans les projections de budget de long terme.
- 05
Négliger les démarches de carte de séjour
L'entrée sans visa pour 90 jours est confortable, mais s'installer durablement exige une carte de séjour. Rester au-delà sans titre régulier expose à des complications administratives.
Conséquence
Situation irrégulière, difficultés au renouvellement, complications pour les démarches (banque, santé).
Solution
Engager la demande de carte de séjour dès le projet d'installation confirmé, avec les justificatifs de ressources et de logement.
Toutes les sources et liens officiels
Pour aller plus loin et vérifier vos informations directement à la source.
Sources officielles
Communauté & réseaux
Continuer sur le blog
Articles approfondis liés à Tunisie : guide complet, erreurs à éviter, comparatifs.
Voir les articles TunisieFoire aux questions
Les questions les plus posées par les Français qui envisagent l'expatriation. Toutes les réponses sont structurées pour Google (Schema.org FAQPage).
- Non pour entrer (séjour touristique sans visa jusqu'à 90 jours), mais une carte de séjour est obligatoire pour s'installer durablement. Il n'existe pas de visa retraite ou nomade dédié : la carte de séjour couvre les différents profils selon le motif justifié (retraite, rente, emploi, activité).
- Oui. Les pensions bénéficient d'un abattement de 25 % sans plafond, et le barème IRPP 2025 reste progressif (0 % jusqu'à 5 000 TND). Combiné au coût de la vie très bas et à la convention fiscale de 1973, cela rend la fiscalité de la retraite particulièrement douce. Les pensions publiques restent imposables en France.
- Oui. Une convention bilatérale est en vigueur et prévoit la totalisation des périodes d'assurance entre la CNAV française et la CNSS tunisienne pour la retraite. Elle couvre aussi la maladie, la maternité, l'invalidité et les accidents du travail. C'est un atout face aux destinations sans convention.
- Non. Le dinar est une monnaie non convertible, soumise au contrôle des changes de la Banque centrale de Tunisie. Les fonds convertis en dinars ne peuvent pas être librement rapatriés. Il est recommandé de conserver son épargne sur un compte français ou un compte en devises et de ne convertir que les dépenses courantes.
- Largement. Le français est omniprésent : administration, affaires, santé, enseignement, médias. Une grande partie de la population le parle. C'est l'un des principaux atouts de la Tunisie pour les Français. L'arabe tunisien (derja) reste la langue du quotidien populaire mais n'est pas nécessaire dans les villes et milieux éduqués.
- La Tunisie est environ 55 à 65 % moins chère que la France selon les indices internationaux, l'une des destinations les plus abordables du pourtour méditerranéen. Loyers très bas, restaurants et services bon marché. À nuancer par l'inflation locale et le coût de certains produits importés.
- Les villes et le littoral sont globalement paisibles, avec une criminalité de rue modérée. Un risque terroriste résiduel persiste, surtout dans les zones frontalières avec la Libye et l'Algérie et le grand sud désertique, déconseillés par France Diplomatie. Dans les quartiers résidentiels de Tunis et sur la côte, la vie quotidienne est tranquille.
