🇲🇨 Fiscalité · Monaco

La fiscalité Monaco pour un expatrié français

Monaco est célèbre pour son absence d'impôt sur le revenu des personnes physiques, en vigueur depuis 1869. Mais cette règle connaît une exception décisive pour le public de ce site : les Français. En vertu de la convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963, un Français qui s'installe à Monaco reste imposable en France sur ses revenus, comme s'il y résidait. L'attrait fiscal de Monaco est donc en grande partie neutralisé pour un ressortissant français, un point qu'aucun conseiller sérieux ne devrait passer sous silence. Pour le cadre général de la résidence fiscale, commun à toutes les destinations, voyez notre guide complet de la résidence fiscale.

0 % d'impôt sur le revenu, sauf pour les Français : le vrai régime

Monaco n'a pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques depuis 1869. C'est le socle de sa réputation de paradis fiscal et l'aimant qui attire les grandes fortunes internationales, imposées à 0 % sur leurs revenus mondiaux dès lors qu'elles y résident. Pas d'impôt sur le revenu, pas d'impôt sur la fortune, pas de taxe foncière ni d'habitation : le cadre est effectivement radical.

Sauf pour une nationalité : les Français. La convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963, dans son article 7, prévoit que les ressortissants français qui ont transféré leur domicile à Monaco après le 13 octobre 1962 restent imposables en France sur l'ensemble de leurs revenus, exactement comme s'ils avaient conservé leur domicile en France. Seuls les Français pouvant justifier d'une résidence habituelle continue à Monaco antérieure échappent à cette règle, cas devenu extrêmement rare aujourd'hui.

Concrètement, un cadre ou un entrepreneur français qui s'installe à Monaco ne réalise aucune économie d'impôt sur le revenu : il continue de déclarer et payer en France, au barème français, y compris sur ses plus-values. L'intérêt patrimonial réel pour un Français se limite à l'absence d'impôt sur la fortune monégasque (sous réserve de l'IFI sur ses biens français), à l'absence de droits de succession en ligne directe côté monégasque, et surtout au cadre de vie. Croire que résider à Monaco efface l'impôt français est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.

Ce qui reste avantageux pour un Français à Monaco

Même sans exonération d'impôt sur le revenu, Monaco conserve des atouts patrimoniaux pour un Français. Il n'y a pas d'impôt sur la fortune monégasque : un résident français n'est redevable de l'IFI que sur ses éventuels biens immobiliers situés en France, pas sur son patrimoine mondial comme s'il résidait en France métropolitaine. La nuance est réelle pour les patrimoines immobiliers largement situés hors de France.

Les droits de succession monégasques sont nuls en ligne directe et entre époux, ce qui peut alléger la transmission des biens situés à Monaco. La convention successorale de 1950 organise toutefois la répartition avec la France, et les biens français restent soumis aux droits français. Pour un patrimoine franco-monégasque, l'optimisation successorale se construit avec un notaire spécialisé, elle ne s'improvise pas.

Enfin, l'attrait de Monaco pour un Français est d'abord un choix de vie : sécurité parmi les meilleures au monde, climat méditerranéen, services haut de gamme, stabilité, proximité immédiate de la France. La fiscalité, elle, ne doit pas être le moteur de la décision pour un ressortissant français, sous peine de désillusion. Le calcul honnête compare le coût de la vie exceptionnel de Monaco à des avantages patrimoniaux réels mais ciblés.

Convention fiscale bilatérale

Une convention France-Monaco existe. Convention fiscale France-Monaco signée à Paris le 18 mai 1963 (BOFIP : BOI-INT-CVB-MCO). Son article 7 prévoit que les Français transférant leur domicile à Monaco après le 13 octobre 1962 restent assujettis à l'impôt sur le revenu en France dans les mêmes conditions que s'ils avaient conservé leur domicile en France. Une convention distincte du 1er avril 1950 règle les successions.

Risque de double imposition

Pour un Français, le risque n'est pas la double imposition mais l'illusion d'une exonération. La convention de 1963 le maintient dans le champ de l'impôt français sur le revenu. La preuve de la résidence habituelle à Monaco et l'application de l'article 7 font l'objet d'un contrôle attentif de l'administration française. Se croire exonéré parce qu'on réside à Monaco est l'erreur la plus coûteuse.

Plus-values et patrimoine

Mobilier : Monaco ne taxe pas les plus-values des particuliers. Mais un résident français reste, du fait de la convention de 1963, imposé en France sur ses plus-values comme un résident français. L'avantage monégasque ne joue donc pas pour lui. Immobilier : Pas de taxation monégasque des plus-values immobilières des particuliers. Là encore, un Français résidant à Monaco relève des règles françaises pour ses plus-values, la convention de 1963 le rattachant à l'impôt français. PAS d'impôt sur la fortune à Monaco, y compris pour les résidents français. C'est l'un des rares avantages patrimoniaux réels pour un Français installé à Monaco. Attention toutefois : un résident français reste redevable de l'IFI français sur ses biens immobiliers situés en France. Il n'y a pas de taxe foncière ni de taxe d'habitation monégasque au sens français. Droits de succession monégasques nuls en ligne directe (entre parents et enfants) et entre époux ; taux progressifs pour les autres degrés de parenté (de l'ordre de 8 % à 16 %). Une convention successorale franco-monégasque du 1er avril 1950 organise la répartition : les biens situés en France peuvent rester soumis aux droits de succession français. Un accompagnement notarial est indispensable pour les patrimoines franco-monégasques.

Exit tax au départ de France

Le cas monégasque est particulier. Comme un Français installé à Monaco reste imposé en France sur ses revenus et ses plus-values au titre de la convention de 1963, la logique de l'exit tax, qui vise à taxer les plus-values latentes en cas de départ hors de France, ne procure pas l'échappatoire recherchée : Monaco n'est pas, fiscalement, une sortie de France pour un ressortissant français. Toute stratégie patrimoniale doit être validée par un fiscaliste, car les schémas d'optimisation classiques ne fonctionnent pas ici.

À titre indicatif. Le régime fiscal monégasque des Français est régi par la convention de 1963 et son interprétation par l'administration et la jurisprudence françaises. Toute décision doit être validée par un fiscaliste et, pour les successions, un notaire maîtrisant le droit franco-monégasque. Sources retenues : convention fiscale France-Monaco (BOFIP BOI-INT-CVB-MCO), convention successorale du 1er avril 1950, portail officiel du Gouvernement princier (gouv.mc). Méthode et sources sur notre page Notre méthode.