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Régimes fiscaux avantageux à l'étranger : le guide 2026 pour Français
Mis à jour le 31 octobre 2026
Un salarié qui s'installe à Madrid peut payer 24 % d'impôt sur son salaire pendant six ans. Un retraité qui part pour Athènes peut ne verser que 7 % sur sa pension française pendant quinze ans. À Dubaï, l'impôt sur le revenu n'existe pas. Ces écarts expliquent l'intérêt des Français pour les régimes fiscaux des nouveaux arrivants, mais chacun a ses conditions, sa durée, ses plafonds, et aucun ne vous protège si la France vous considère toujours comme son résident. Ce guide fait le tour des options ouvertes en 2026 : les pays sans impôt sur le revenu, les régimes européens (Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Chypre), le statut israélien d'Oleh Hadash, puis ce que la France continue d'imposer et la manière de choisir selon votre profil. Chaque régime a son article détaillé, signalé au fil du texte.
Ce qu'est un régime fiscal de nouvel arrivant
Un régime de nouvel arrivant est une règle fiscale dérogatoire qu'un pays réserve aux personnes qui viennent s'y installer. Il ne s'applique qu'un temps, de cinq à quinze ans selon les pays, et suppose que vous n'ayez pas été résident fiscal du pays pendant plusieurs années avant votre arrivée. Les États s'en servent pour attirer des profils précis : cadres et chercheurs en Espagne, en Italie ou au Portugal, retraités en Grèce, détenteurs de capitaux à Chypre.
Ces régimes jouent sur trois leviers, parfois combinés. Certains appliquent un taux unique au salaire, comme les 24 % du régime Beckham espagnol ou les 20 % de l'IFICI portugais. D'autres exonèrent une partie du revenu : la moitié du salaire en Italie ou dans le régime grec de l'article 5C. D'autres encore laissent hors d'impôt, ou taxent au forfait, les revenus venus de l'étranger, comme le statut non-dom chypriote, l'article 5B grec ou l'exonération israélienne des olim.
Tous partagent une condition préalable que l'on oublie souvent : devenir réellement résident fiscal du pays d'accueil, et cesser de l'être en France. Le régime étranger ne règle que l'impôt de ce pays. Il ne dit rien de vos obligations françaises, qui dépendent de l'article 4 B du code général des impôts et de la convention fiscale entre les deux États.
Les pays sans impôt sur le revenu et leurs limites pour un Français
Une poignée d'États n'imposent pas le revenu des particuliers en 2026 : les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, ainsi que les Bahamas, les Bermudes et les îles Caïmans. L'Arabie saoudite ne taxe pas les salaires des étrangers. Oman sort de la liste : le décret royal 56/2025 y crée, à compter du 1er janvier 2028, un impôt de 5 % sur les revenus annuels supérieurs à 42 000 rials.
L'absence d'impôt sur le revenu ne veut pas dire absence de fiscalité. Les Émirats appliquent une TVA de 5 % depuis le 1er janvier 2018 et un impôt sur les sociétés de 9 % au-delà de 375 000 dirhams de bénéfice, ce qui concerne l'indépendant qui facture par une société locale. Bahreïn a une TVA de 10 %. Le Qatar et le Koweït n'ont pas de TVA à fin octobre 2026.
Monaco est un cas à part. La principauté n'impose pas le revenu, mais la convention franco-monégasque du 18 mai 1963 maintient les Français qui s'y installent dans l'impôt français, comme s'ils résidaient en France. Seuls ceux qui justifiaient de cinq ans de résidence habituelle à Monaco au 13 octobre 1962 y échappent. Andorre, souvent citée, a un impôt sur le revenu plafonné à 10 % : un taux bas, pas un taux nul.
Pour un Français, deux limites pèsent plus que le taux. Le Golfe n'a aucune convention de sécurité sociale avec la France : sans cotisation volontaire à la Caisse des Français de l'étranger, les années passées sur place ne valident aucun trimestre de retraite. Les territoires des Caraïbes n'ont pas de convention fiscale générale avec la France, si bien que rien ne départage une double résidence : un foyer resté en France suffit à vous y rattacher. Le panorama pays par pays, avec la TVA et les visas, se trouve dans notre article sur les pays sans impôt sur le revenu accessibles aux Français.
Les régimes européens comparés : les chiffres clés
Dans l'Union européenne, aucun pays ne renonce à l'impôt sur le revenu, mais six régimes réduisent fortement la facture d'un nouvel arrivant. Voici leurs paramètres pour une installation en 2026.
Espagne, régime Beckham (article 93 de la loi 35/2006 sur l'IRPF) : revenus du travail taxés à 24 % jusqu'à 600 000 euros, 47 % au-delà ; revenus étrangers hors travail (dividendes, intérêts, loyers hors d'Espagne) non imposés en Espagne ; durée de l'année d'arrivée plus cinq ans ; pas de résidence espagnole les cinq années précédentes ; ouvert au télétravail pour un employeur étranger. Conditions et démarches dans notre article sur le régime Beckham en 2026.
Italie, impatriés (article 5 du décret législatif 209/2023) : 50 % des revenus du travail produits en Italie exonérés, 60 % avec un enfant mineur, dans la limite de 600 000 euros de revenus par an ; cinq ans ; pas de résidence italienne les trois années précédentes (plus si vous restez chez le même employeur) ; engagement de rester au moins quatre ans ; qualification élevée exigée. Le décret 117/2026 transfère ce régime dans un texte unique des impôts sur le revenu à partir de 2027. Le calcul face au barème, et face au régime impatriés français, est dans notre analyse du régime des impatriés italien à 50 %.
Portugal, IFICI (article 58-A du statut des avantages fiscaux) : 20 % sur les revenus d'une activité éligible, exonération de principe des revenus étrangers, dix ans ; pas de résidence portugaise les cinq années précédentes ; réservé à des métiers et des employeurs ciblés (recherche, enseignement supérieur, professions qualifiées dans des entreprises éligibles). Le NHR a été abrogé au 1er janvier 2024 par la loi 82/2023 : notre article sur la fin du NHR et l'arrivée de l'IFICI explique qui peut encore en profiter.
Grèce, article 5C (loi 4172/2013) : 50 % du salaire perçu en Grèce exonérés pendant sept années fiscales, sans prolongation ; pas de résidence grecque cinq des six années précédentes ; arrivée depuis l'Union européenne, l'EEE ou un État lié à la Grèce par un accord d'assistance fiscale ; pas de plafond de revenu.
Grèce, article 5B (créé par la loi 4714/2020) : impôt forfaitaire de 7 % sur l'ensemble des revenus de source étrangère d'une personne qui perçoit une pension étrangère, pendant quinze années fiscales ; même condition de cinq ans hors de Grèce sur les six précédents. C'est un régime de retraités, détaillé dans notre article sur la retraite française taxée à 7 % en Grèce.
Chypre, statut non-dom : la personne résidente à Chypre mais non domiciliée ne paie pas la contribution spéciale de défense sur ses dividendes et intérêts. Pour les salariés, la loi chypriote sur l'impôt sur le revenu exonère en outre 50 % de la rémunération d'un premier emploi à Chypre commencé depuis 2022, pendant dix-sept ans, si vous n'y avez pas résidé pendant les quinze années précédentes et si votre salaire est élevé. La comparaison avec l'ancien régime portugais est dans notre article non-dom chypriote ou NHR portugais.
Sur un salaire, l'Italie et la Grèce aboutissent souvent à l'impôt le plus bas, l'Espagne reprenant l'avantage dès que vous gardez un patrimoine qui produit des revenus hors d'Espagne. Notre comparatif chiffré Beckham, impatriés italiens et Grèce fait le calcul pour plusieurs niveaux de salaire.
Israël : dix ans sans impôt sur les revenus étrangers
Israël a le régime le plus large pour les revenus étrangers, mais il est réservé aux personnes qui font leur Aliyah au titre de la Loi du retour, et aux Israéliens qui reviennent après au moins dix ans d'absence. L'Oleh Hadash ne paie pas d'impôt israélien sur ses revenus de source étrangère pendant dix ans : pensions françaises, dividendes, loyers d'un bien en France, plus-values sur des titres détenus hors d'Israël.
Deux changements datent de 2026. Les personnes devenues résidentes israéliennes à compter du 1er janvier 2026 doivent déclarer ces revenus étrangers, alors qu'elles en étaient dispensées auparavant ; l'exonération d'impôt, elle, demeure. Et le gouvernement a annoncé le 5 novembre 2025 une exonération nouvelle, plafonnée et dégressive de 2026 à 2030, sur les salaires et bénéfices gagnés en Israël par ceux qui arrivent jusqu'au 31 décembre 2026. Les loyers, intérêts et dividendes en sont exclus.
Côté français, Israël est un État hors Union européenne : pas de sursis automatique d'exit tax, et des revenus de source française (loyers, pensions publiques) qui restent imposés en France selon la convention du 31 juillet 1995. Tout est détaillé dans notre article sur le statut d'Oleh Hadash et sa fiscalité.
Les conditions communes : années d'absence, durée, plafonds
Presque tous ces régimes exigent de ne pas avoir été résident du pays pendant une période récente : trois ans en Italie, cinq en Espagne et au Portugal, cinq ans sur six en Grèce, quinze ans pour l'exonération chypriote de 50 % sur les salaires. Un Français qui a déjà vécu dans le pays, même brièvement comme étudiant ou en détachement, doit vérifier ses années de résidence passées avant de compter sur le régime.
La durée est fixée par la loi et ne se prolonge pas, sauf exceptions rares : six ans en Espagne, cinq en Italie, sept pour le 5C grec, dix au Portugal et en Israël, quinze pour le 5B grec, dix-sept pour l'exonération chypriote de 50 %. L'année d'arrivée compte en général comme la première. S'installer tard dans l'année peut donc coûter une année entière d'avantage, puisque la résidence fiscale suppose souvent plus de 183 jours de présence.
Les plafonds varient. L'Espagne repasse à 47 % au-delà de 600 000 euros de revenus du travail, l'Italie n'exonère que les 600 000 premiers euros. La Grèce n'a pas de plafond pour le 5C. Enfin, la plupart des régimes se demandent dans un délai court, et une demande tardive ne se rattrape pas toujours. Au Portugal, par exemple, l'inscription à l'IFICI doit partir au plus tard le 15 janvier de l'année qui suit l'arrivée ; au-delà, le régime ne démarre que l'année de la demande et vous perdez les années écoulées. Chaque article du guide précise le calendrier.
Ce que la France continue d'imposer
Le premier sujet est la résidence fiscale. Vous restez imposable en France sur vos revenus mondiaux si votre foyer, votre activité principale ou le centre de vos intérêts économiques y demeure. Une convention fiscale peut départager une double résidence, mais elle ne joue pas en votre faveur si votre famille vit encore en France. En cas de fausse domiciliation à l'étranger, l'administration dispose de dix ans pour reprendre l'impôt depuis la loi de finances pour 2025 (article L169 du livre des procédures fiscales). Les critères et les preuves à réunir sont dans notre guide de la résidence fiscale de l'expatrié.
Le deuxième est l'exit tax de l'article 167 bis du CGI. Si vous détenez plus de 800 000 euros de titres ou au moins 50 % d'une société, vos plus-values latentes sont imposées au départ. Le sursis de paiement est automatique vers un État de l'Union européenne, de l'EEE ou l'un des 70 États listés par la notice 2074-ETD de 2026. Les Émirats, la Suisse, Singapour et Israël n'y figurent pas : il faut alors demander le sursis et constituer des garanties.
Le troisième est la source des revenus. Un non-résident reste imposé en France sur les loyers d'un bien français, les plus-values immobilières et, selon les conventions, sur certaines pensions, en particulier celles de la fonction publique. Les revenus d'activité et fonciers de source française d'un non-résident subissent un taux minimum de 20 %, sauf s'il démontre que le taux moyen de ses revenus mondiaux serait plus faible. À l'inverse, la plupart des conventions récentes réservent les pensions privées à l'État de résidence, ce qui fait tout l'intérêt de l'article 5B grec ou de l'exonération israélienne pour un retraité du privé.
Comment choisir selon votre profil
Salarié recruté sur place : l'Italie et la Grèce donnent souvent la base imposable la plus basse, l'Italie surtout si vous arrivez avec un enfant mineur. L'Espagne devient plus intéressante si votre salaire est élevé et si vous gardez un portefeuille de titres ou un bien loué en France, puisque ces revenus étrangers échappent à l'impôt espagnol. Le Golfe reste imbattable sur le taux pour un très haut salaire, à condition d'intégrer le coût de la vie, l'assurance santé et la retraite.
Télétravailleur ou salarié d'une entreprise française : le régime Beckham est le seul qui vise le télétravail dans la loi. L'IFICI portugais suppose un employeur ou une activité éligible au Portugal, et le 5C grec un employeur établi en Grèce. Pour un indépendant, la Grèce prévoit le même avantage que pour les salariés lorsque l'activité démarre en Grèce ; aux Émirats, la société locale entre dans l'impôt sur les sociétés au-delà du seuil de 375 000 dirhams.
Retraité : l'article 5B grec, à 7 % sur tous les revenus étrangers pendant quinze ans, est le régime européen le plus favorable pour une pension privée française. Chypre taxe sur option à 5 % la part d'une pension étrangère qui dépasse 5 000 euros par an, et Israël exonère dix ans les olim. Le Portugal ne réserve plus rien aux retraités depuis la fin du NHR. Pour un ancien fonctionnaire, l'intérêt est faible partout, sa pension restant imposée en France.
Rentier qui vit de dividendes et d'intérêts : les régimes du travail ne servent à rien. Le statut non-dom chypriote, qui écarte la contribution de défense sur les dividendes et intérêts, et l'exonération israélienne des revenus étrangers sont les deux options les plus directes, avec une vigilance particulière sur l'exit tax si votre portefeuille dépasse 800 000 euros.
Quel que soit le profil, faites le calcul complet : impôt dans le pays d'accueil, impôt resté dû en France, cotisations sociales, couverture santé, trimestres de retraite. Un taux affiché bas ne dit rien de ce qui reste à la fin de l'année.
Passez à votre situation
Questions fréquentes
Peut-on cumuler un régime étranger et le statut de résident fiscal français ?
Non. Si la France vous considère comme résident selon l'article 4 B du CGI et que la convention fiscale lui donne raison, vous êtes imposé en France sur vos revenus mondiaux, quel que soit le régime obtenu à l'étranger. Le crédit d'impôt conventionnel évite seulement de payer deux fois sur certains revenus.
Le régime Beckham est-il ouvert à un Français qui télétravaille pour son employeur français ?
Oui, l'article 93 de la loi espagnole sur l'IRPF vise expressément le travail exercé à distance pour un employeur, même étranger. Il faut ne pas avoir été résident espagnol les cinq années précédentes et demander le régime dans le délai court prévu par le règlement de l'IRPF. Restent à régler la sécurité sociale et le risque d'établissement stable pour l'employeur.
Un retraité peut-il encore bénéficier du NHR portugais en 2026 ?
Non pour une installation en 2025 ou 2026. Le NHR a été abrogé au 1er janvier 2024 et seul un régime transitoire a été ouvert à ceux devenus résidents au plus tard fin 2024 avec un engagement antérieur. L'IFICI qui le remplace ne couvre pas les pensions.
Quel pays européen taxe le moins une pension française du secteur privé ?
La Grèce, avec l'article 5B : 7 % sur l'ensemble des revenus étrangers pendant quinze ans, et la convention franco-grecque qui réserve les pensions privées à l'État de résidence. Il faut ne pas avoir été résident grec cinq des six années précédentes ; le calendrier de la demande est détaillé dans l'article dédié.
Les années passées à Dubaï comptent-elles pour la retraite française ?
Pas automatiquement. La France n'a pas de convention de sécurité sociale avec les Émirats, donc aucune totalisation n'est possible. Seule une adhésion volontaire à l'assurance vieillesse via la Caisse des Français de l'étranger valide des trimestres.
Que se passe-t-il à la fin d'un régime de nouvel arrivant ?
Vous basculez sur le barème ordinaire du pays, sur vos revenus mondiaux. Aucun régime européen étudié ici ne se prolonge, hors cas transitoires. C'est souvent le moment où certains expatriés déménagent à nouveau, avec une nouvelle exit tax possible si leurs titres ont pris de la valeur.
Sources
- Espagne, loi 35/2006 sur l'IRPF, article 93 (BOE, texte consolidé)
- Agenzia delle Entrate, régime des impatriés du décret législatif 209/2023
- Autoridade Tributária, fiche officielle de l'IFICI (article 58-A de l'EBF)
- Grèce, code de l'impôt sur le revenu, article 5C (loi 4172/2013)
- Grèce, loi 4714/2020, article 1 : création de l'article 5B
- Chypre, loi 118(I)/2002 sur l'impôt sur le revenu (CyLaw)
- Ministère des Finances des Émirats arabes unis, TVA et impôt sur les sociétés
- Oman, décret royal 56/2025 sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques
- BOFiP, BOI-INT-CVB-MCO, convention fiscale France-Monaco
- BOFiP, BOI-INT-CVB-ISR, convention fiscale France-Israël
- impots.gouv.fr, je quitte la France : suis-je concerné par l'exit tax ?
- impots.gouv.fr, non-résidents : modalités de calcul de l'impôt
À lire aussi
Les articles de ce guide
Les pays sans impôt sur le revenu
Les régimes des nouveaux arrivants
- Régime Beckham, impatriés Italie ou Grèce : le comparatif 2026Beckham espagnol, impatriés italiens, article 5C grec pour les actifs et 5B à 7 % pour les retraités : le comparatif chiffré 2026 des régimes des nouveaux arrivants.
- Régime Beckham en Espagne : conditions, durée et plafond 202624 % jusqu'à 600 000 € pendant six ans, revenus étrangers hors d'Espagne, télétravail admis : les conditions exactes du régime Beckham espagnol en 2026 et la démarche.
- Régime des impatriés en Italie : 50 % d'exonération, vs FranceLe régime italien des impatriés en 2026 : 50 % d'exonération (60 % avec enfant) pendant cinq ans, plafond de 600 000 €, conditions, et comparaison avec l'article 155 B français.
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